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Aventure Écotourisme Québec

Les CCI sur le pont du tourisme responsable

| 2 décembre 2012 • Mis à jour le 06.07.2013 à 12h04
Thèmatique :  Initiative nationale   Institutionnel 
         

Mercredi 28 novembre, une vingtaine de chargés de missions et conseillers tourisme des chambres consulaires se sont réunies à la CCI France pour une journée de présentation et d’échanges autour du tourisme durable. L’idée, faire le point sur les outils et processus d’accompagnement possible pour aider les entreprises en région à une meilleure gestion durable.

Oser le durable

Il faut oser le durable, pas uniquement parce qu’il est à présent sûr que notre planète ne pourra plus suivre le rythme de nos besoins exponentiels, mais aussi parce qu’il est à présent démontré que le durable a de l’avenir. Levier de performance économique, le durable allège les coûts de fonctionnement et fédère le personnel autour de projets qui ont du sens et de l’audace. Déjà, nombre d’entreprises et de territoires ont franchi le pas et compris tout l’intérêt d’une démarche qui améliore la qualité de l’offre tout en renforçant leur image.

Dans le secteur touristique, les clients en ont également de plus en plus conscience. D’après un croisement de plusieurs études présenté par Marion Rivière, consultante chez FTC, 84% des gens ont déjà entendus parler de tourisme responsable, 20% l’auraient pratiqué et deux tiers des personnes interrogées seraient prêtes à considérer un voyage responsable. Côté professionnels, si la porte d’entrée du volet responsable reste encore l’action environnementale (empreinte carbone, travail sur l’énergie, l’eau, les déchets…), la pression réglementaire et une certaine prise de conscience encourage de plus en plus les entreprises à aller vers une démarche globale comprenant le social (RSE) et l’économique.

Une enquête du réseau consulaire a notamment permis de démontrer une avancée des bonnes pratiques dans l’hexagone avec 1 400 entreprises accompagnées et pour ce qui est des labels, 33 CCI utilisant le label Clef Verte, 28 l’Ecolabel Européen, 8 GreenGlobe, 30 Qualité Tourisme, 21 Camping Qualité. En outre, les conseillers tourisme des CCI interviennent en direct dans près de 83% des entreprises pour aider à la décision et expliciter les outils disponibles. Il existe également de nombreux partenariats financiers avec les conseils régionaux, l’ADEME et les comités départementaux du tourisme. Les choses avancent donc dans le bon sens et ces dernières années, les outils à disposition des professionnels pour s’engager dans une démarche de tourisme responsable se sont multipliés.

Des outils innovants

Si les outils sont nombreux, ils restent toutefois souvent mal compris ou peu connus de professionnels un peu perdus au milieu d’une prolifération de labels et de normes en toute genre. Très concrètement, il y a un besoin de clarification et d’orientation personnalisée pour prioriser les choix et trouver des arbitrages entre la volonté de s’engager, la possibilité de le faire et le besoin, aussi, d’anticiper certaines réglementations à venir. C’est un peu tout le sens de la démarche d’Itinéraire Eco 3, présenté par Stéphane Plessis de la CCI du Var : un outil qui propose d’accompagner de façon personnalisée les ressortissants (entreprises) des chambres sur un label environnemental. Fort de dix ans auprès des professionnels du Var, Itinéraire Eco 3 accompagné du cabinet FTC a monté en 2009 un partenariat sur trois ans avec la région PACA, l’ADEME et l’Europe, valorisé par les CRT et les CDT. Il s’achève à la fin de cette année et a permis d’accompagner 77 entreprises dans des démarches environnementales ainsi que de labéliser 30 établissements. La fin du programme ne signifie toutefois pas la fin de  l’initiative qui va se poursuivre sous d’autres modes en 2013 avec notamment une plateforme de suivi.

Si Itinéraire Eco3 se positionne plus comme un outil d’aide à la décision vers des démarches environnementales, le logiciel Malice présenté ensuite par Hubert Vendeville du cabinet Evea, vise à afficher les performances réalisées par les professionnels pour donner un état des lieux de l’action environnementale via l’étiquetage et permettre ainsi de dégager des marges de progression. Les quatre étapes de Malice permettent d’avoir une évaluation initiale de l’établissement via un audit, d’analyser ensuite son profil environnemental (calcul des impacts environnementaux), de rechercher des solutions et des plans d’action pour enfin les analyser et les planifier dans le logiciel.

Une étiquette a donc été développée auprès des hôteliers qui permet d’afficher vis-à-vis de la clientèle ses performances environnementales du moment avec cinq thèmes choisis : les GES, l’énergie, l’eau, les déchets et le pourcentage de produits biologiques et écologiques utilisés dans l’hébergement. A l’avenir, Evea souhaite coupler cet axe environnemental avec des éléments économiques (c’est en cours), faire évoluer l’étiquette vers d’autres établissements, faciliter la reproductibilité, connecter les résultats à différents axes technologiques (mobiles…), s’appuyer plus avant sur les territoires (CRT, CDT, Région). Pour l’heure, le Comité Régional de Nantes-St Nazaire et le Club hôtelier ont fait appel à ce cabinet pour l’étiquetage environnemental de leurs hôtels. L’Aube a aussi suivi cette démarche avec déjà 15 établissements qui possèdent leur étiquette.

Dernier outil mis en avant en cours de la journée, la démarche Respect. Jean-Baptiste de Maigret de la CCI Seine-et-Marne comptabilise plus de 60 entreprises déjà pré-diagnostiquées. Dans le Loir-et-Cher, Objectif Tourisme Durable mis en place par la conseillère tourisme Véronique Farineau via un pôle tourisme durable s’est également appuyé sur Respect (quinze audits réalisés entre 2011 et 2012). Enfin, à  la CCI Nantes Saint-Nazaire, le pré-diagnostic Respect constituera pour Annie Santerre Le Gal la première marche du  Passeport vert.

Une stratégie consulaire à affiner

Les initiatives sont donc nombreuses. On pourrait aussi citer la région Auvergne qui a mis en place le dispositif Nattitude et les Pays de la Loire qui se sont appuyés sur la Charte de Confiance. Toutefois, au vu de la pluralité des outils utilisés, la question se pose d’un choix plus concerté de l’ensemble des CCI. Les échanges en journée ont ainsi fait émerger des interrogations légitimes et intéressantes. Faut-il par exemple prioriser un outil ? C’est la proposition de la CCI du Var qui souhaite mutualiser au niveau national Itinéraire Eco3 et a déjà réalisé un partenariat avec la CCI Guadeloupe. Le cabinet Evea a également fait une proposition globale à CCI France et est très ouvert à la mutualisation de la démarche auprès de toutes les CCI. La Charte  de Confiance utilisée avec succès par les Pays de la Loire est également cité.

D’autres régions, moins avancées, préfèrent toutefois disposer d’une palette plus ouverte, forme de boite à outils plus souple où chaque CCI pourrait prendre ce qui lui semble le plus adapté car comment choisir et que prioriser quand on sait que les CCI n’ont pas toutes les mêmes moyens financiers ni le même investissement temps disponible, la réalité de terrain d’une CCI à l’autre étant de fait extrêmement disparate entre des régions très touristiques et d’autres plus reculées. Ainsi, si de nombreux outils se répondent et se complètent, certains préfèrent choisir l’outil le plus adapté à leur territoire.

En outre, au niveau régional, certains départements sont partants quand d’autres rechignent et les concertations politiques et prises de décisions à plusieurs ne sont pas forcément faciles avec souvent des champs de compétence mal définis et source de malentendus entre CCI, CRT, CDT. La représentante du Loir et Cher précise ainsi qu’elle aimerait fédérer les différents départements de sa région à la démarche Respect mais ce n’est pas si facile. Enfin, les compétences demandées aux conseillers tourisme des CCI dépassent parfois leur niveau de formation, impliquant l’externalisation des demandes à des cabinets de consultants or il est clair que les enjeux sont importants et qu’au-delà de l’engagement durable, le choix des opérateurs implique une certaine forme de neutralité voire d’équité et l’idée d’un arbitrage au plus haut niveau entre bureaux d’étude n’est peut-être pas à écarter.

En bref, il est clair qu’il va falloir faire des choix, et des choix clairs, d’autant qu’une bonne partie de l’après-midi a aussi consisté à faire le point sur la loi Handicap 2005 avec Marie Pros-Coletta, Déléguée ministérielle à l’Accessibilité. Or, s’il est fondamental de rappeler l’importance de mettre les établissements aux normes pour une échéance 2015 (que tout le monde s’accorde à reconnaitre plus qu’ambitieuse mais qui a le mérite de poser une échéance…), il est également clair que là aussi les professionnels seront obligés de faire des choix (et des non-choix) et que les budgets déjà bien entamés des chambres ne pourront pas tout absorber. Pour les y aider CCI France, au sein d’un groupe de travail interministériel, a mis au point un outil d’aide à la décision en cas de demande de dérogation, qui pourra être utilisé dans les CCDSA. Celui-ci sera à la disposition de tous, gratuitement.

Dépasser les freins

Au-delà de l’aspect financier qui reste classiquement le nerf de la guerre pour mettre en application les outils les plus adéquat en région, la journée a aussi permis de sensibiliser l’ensemble des conseillers tourisme présents à l’importance de former, rassurer et orienter un grand nombre de ces professionnels souvent perdus et hésitants sur les actions à engager. Il est clair qu’un des freins à l’action des professionnels, outre les budgets donc (j’insiste…), est le manque d’information et de repères sur les outils existants, le montage des dossiers, le chiffrage des projets, la sélection des fournisseurs. Il est d’ailleurs dommage que seules une vingtaine de CCI se soient déplacées pour un sujet si important car il faut accompagner les entreprises, les encourager à aller vers un label mais aussi, les aider ensuite à communiquer pour que leur action soit reconnue et mise en avant. En outre, la clientèle aussi a besoin d’être rassurée. La peur du greenwashing, de perdre en qualité de service, de voir les prix s’envoler quand il s’agit de tourisme responsable, sont autant d’axes sur lesquels il faut savoir communiquer et rassurer.

L’axe du communicant

Le volet communication est donc fondamental et notre portail était vraiment très honoré d’avoir – au-delà de la couverture de la journée – été invité en tant qu’intervenant. Ce, pour présenter notre action mais aussi, via Sébastien Repeto, notre community manager, pour présenter les éléments clés d’une stratégie de communication durable. Je ne vais pas ici refaire nos présentations qui seront également visibles en vidéo mais je tenais à conclure en saluant l’attention soutenue qui a suivi nos présentations, qui montre qu’aujourd’hui, tout le monde a vraiment conscience que l’action sans communication perd malheureusement une partie de sa force. Une fois de plus, pas question ici d’autoglorification car le sujet est sensible et communication et information se télescopent parfois de façon dangereuse. C’est aussi pourquoi nous insistons, à l’instar de toutes les démarches présentées ci-dessus, que le sens premier de notre démarche est avant tout de saluer et d’encourager ce qui se fait de mieux. Et gageons que les conseillers touristes présents ce mercredi 28 novembre sauront mettre à profit l’ensemble des échanges qui se sont tenus tout au long de la journée pour convertir toujours plus de professionnels, au bien fondé du responsable et du durable, qui cela dit en passant, est aussi un gage de plaisir, de bien être, et d’amour du vivant.


Les CCI sur le pont du tourisme responsable | ©VOYAGEONS AUTREMENT
Par Geneviève Clastres
Journaliste indépendante, auteur, spécialiste de la Chine, de l'Asie, sinologue. Publications sur le tourisme équitable. Livres documentaire jeunesse sur l'Asie. Reportages divers.
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Une réponse à Les CCI sur le pont du tourisme responsable

  1. G BEREAU a commenté:

    Bonjour et merci pour ce panorama bien complet des démarches et dynamiques existantes.

    Il est important de rappeler qu’avec la mise en accessibilité des établissements, pour respecter la réglementation, mais également le renforcement du confort pour le client et de l’ergonomie pour les employés, de nombreux professionnels engagent des travaux.

    L’environnement ne doit pas être oublié, d’autant plus que ces rénovations sont une belle opportunité pour réduire les impacts écologiques et notamment énergétiques. Il est nécessaire de rappeler aux maîtres d’oeuvres les exigences environnementales souhaitées pour que les bâtiments et aménagements soient vraiment adaptées aux enjeux du 21ième siècle, pour la pérennité des entreprises touristiques et donc la vitalité des destinations.

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