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Le tourisme alpin de demain, quelles pistes de réflexions? Quel avenir?

| 28 septembre 2017 • Mis à jour le 28.09.2017 à 8h01
Thèmatique :  Acteur associatif   Acteur privé   Ingénierie   Initiative privée   Institutionnel   Territoire 
         

CIPRA France (Commission internationale pour la protection des Alpes) et le réseau de communes Alliance dans les Alpes ont organisé un voyage d’étude axé sur le futur du tourisme dans le massif alpin. Celui-ci s’est déroulé à Vallouise dans les Hautes-Alpes et à Pragelato dans le Piémont Italien. Ce voyage a réuni des élus locaux, des techniciens de collectivités, des professionnels du tourisme, des associations et enfin des habitants des zones de montagne. Tous préoccupés par le devenir du tourisme alpin, entre crainte climatique, doutes économiques et sociaux, les participants et les intervenants ont pu échanger et travailler pour le développement d’un massif alpin vivant et serein.

Voyages d'études de CIPRA et Alliance dans les Alpes

Débat mouvant pour provoquer l’échange

La CIPRA est une ONG créée en 1952, d’abord à visée environnementale (en réaction aux nombreux projets d’aménagements nés après la seconde guerre mondiale), elle vise depuis les années 90 à faire éclore les idées du développement durable. La CIPRA est présente dans tous les pays de l’arc alpin et veille à faire appliquer la Convention alpine, traité ratifié en 1991. Cette Convention alpine, signée par les États et l’Union européenne, permet (si les protocoles sont appliqués) de travailler à l’échelle du massif sur les notions d’agriculture de montagne, sur les problématiques transports, l’énergie, l’eau… et bien évidemment sur le tourisme, secteur économique vital.

Le voyage d’étude sur le tourisme de demain est né suite aux travaux menés par CIPRA France et suite à la volonté exprimée des membres d’Alliance dans les Alpes d’approfondir les sujets suivants : quelle est la place du tourisme durable, vert, ou social dans les Alpes ? Comment anticiper l’avenir ? Ces questions, beaucoup se les posent et nombreux sont les territoires qui avancent sur ces notions, sans forcément les mettre en avant, d’où la nécessité d’aller rencontrer les acteurs sur place, de les faire se rencontrer entre acteurs soucieux du futur touristique.

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Durant 3 jours à Vallouise-Pelvoux et à Pragelato dans le Piémont Italien les discussions et les groupes de travail ont permis à toutes et tous de connaître ces termes (grâce notamment à la conférence interactive menée par Laurent Arcuset de l’Université d’Avignon).

Où est la durabilité? Qu’est-elle finalement? Est-ce que j’en fais? Telles ont été en substance les questions posées lors de la première demi-journée.

Des débats riches, des méthodes de travail innovantes!

Pour agir et convaincre, les administrateurs et salariés de la CIPRA ont développé des méthodes pour animer séminaires et workshops qui permettent une interactivité et une plus-value plus qu’intéressante. Ainsi, lors du voyage d’étude, un débat mouvant quasi théâtral a mis les salariés dans des positions d’acteurs du tourisme. Une directrice d’office de tourisme, une aubergiste indépendante, un patron d’agence de voyage plutôt libéral et une militante écologiste créatrice d’habitats touristiques alternatifs se sont affrontés dans des joutes verbales pour répondre à la question de qui est le mieux placé pour mettre en place le tourisme sur un territoire ? Chacun des participants devant ensuite se positionner et argumenter sa réponse : cette méthode permet d’être actif et d ‘avoir une interactivité constructive.

Ateliers sur les produits locaux : une façon de valoriser un tourisme de proximité

CIPRA avait aussi pris contact avec des porteurs de projets régionaux qui ont exposé en petits groupes  leurs programmes. Chaque participant devait à la fin de l’exposé émettre un avis critique sur le projet sur chacun des pans du développement durable.

Elus Français et Italiens, techniciens et habitants ont planché pour l’avenir du tourisme alpin

Ainsi ont pu être exposés le programme “les coulisses des Écrins” proposant une ouverture des locaux de professionnels du territoire aux touristes et aux vacanciers de façon gratuite : une belle réussite cet été qui va être pérennisé dès ces vacances d’automne. L’association Échanges Paysans Hautes-Alpes a expliqué le fonctionnement de sa plate-forme de produits locaux et bios pour les hébergeurs du département, l’association “Santé-goût-terroir, la preuve par trois” a développé un concept permettant de connaître, d’apprécier un produit local pour accroître sa valorisation (lors du voyage, le petit épeautre a ainsi été mis en avant). Ricardo Novo, élu et habitant de Névache est revenu sur le projet d’électrification de la vallée Etroite par des énergies renouvelables : ceci permettra de créer une navette électrique dans cette vallée très isolée. Enfin l’équipe de CIPRA a dévoilé son implication dans le projet LEADER tourisme endogène sur le Pays du Grand Briançonnais (ce projet LEADER permettrait de mieux faire connaître leur territoire aux habitants, de renforcer les circuits-courts et de créer un statut d’ambassadeurs).  En Italie, la commune de Pragelato a, sur le même modèle, communiqué sur un programme de réhabilitation de friches olympiques véritable verrue en plein cœur du village. Ce projet vise à détruire deux grands tremplins et à garder les plus petits pour de l’initiation vers les jeunes.

Le séjour à Pragelato a permis de connaître aussi les liens forts entre la commune italienne et les parcs naturels avoisinants : ces parcs, pourtant décriés à leur création sont maintenant de véritables poumons éco-sociaux, culturels et tirent la région vers le haut. Un bel exemple de complémentarité pour diffuser un tourisme plus ancré sur les richesses territoriales

Le refuge Mulino di Laval au cœur du Parc Troncea à Pragelato en Italie

Trois jours forts, où sont ressortis des termes tels que : “le tourisme de demain aura du sens”,  “prendre racine sur les habitants et les professionnels du territoire pour un socle touristique solide”, “un tourisme pour tous, qui s’appuie sur l’histoire, la culture, l’identité en mouvement” ou encore un refus “de la folklorisation touristique“. Des idées de création, comme chez nos voisins Suisses, d’un titre de transport unique…

Bref de la cogitation, de la bonne humeur et une envie créatrice qui démontre que le tourisme alpin avance et se tourne d’ores et déjà vers l’avenir. Celui-ci se fera avec de l’unité, de l’innovation et sur les richesses humaines, naturelles, patrimoniales. Travail passionnant!

Retrouvez les travaux très intéressants de la CIPRA sur : http://www.cipra.org/fr


Le tourisme alpin de demain, quelles pistes de réflexions? Quel avenir? | ©VOYAGEONS AUTREMENT
Par Guillaume Chassagnon

Amoureux des montagnes, des hommes y vivant. j’aime les parcourir, les photographier, les découvrir et donner envie de les fréquenter. Sac à dos, livres et appareil photos sont mes outils quotidiens. Je travaille aussi pour de la presse quotidienne pour notamment montrer le dynamisme culturel et associatif de mon territoire.
A bientôt sur les sentiers, autour d’un bon verre de vin, d’un plateau de fromage ou dans une librairie! Et à la fac d’Avignon of course


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