#TourismeDurable
La feuille de chou du tourisme durable

Rencontre avec Laurent Burget, directeur de Mountain Riders

| 2 février 2015 • Mis à jour le 09.02.2015 à 21h31
Thèmatique :  Acteur associatif   Projet solidaire   Territoire 
         

L’association Mountain Riders existe depuis 2001. Elle est née avec le ramassage des déchets au printemps, après la fonte des neiges. Elle a pour objectif d’éduquer au développement durable ou plutôt à la transition des stations de montagne vers le durable et l’éco-responsable. A l’heure où les montagnes se recouvrent peu à peu d’un long manteau blanc, Laurent Burget, directeur de Mountain Riders, nous explique les enjeux et évolutions de l’association.

Présient de Mountain Riders

LaurentBurget@DR

VA/ Pouvez-vous vous présenter pour nos lecteurs ?

Je m’appelle Laurent Burget, je suis originaire d’Alsace et papa de deux filles de quatre ans et deux mois. J’ai découvert la montagne via le ski de fond, que j’ai pratiqué d’abord dans la région de Grenoble, dans les stations alentours. En 2005, j’ai participé à une AG de Mountain Riders et j’ai été impressionné par l’enthousiasme et l’énergie qui se dégageait de l’association. Je me suis ensuite installé à Lyon et pendant un an, courant 2006, j’ai investi tout mon temps en tant que bénévole pour développer l’écoguide des stations de montagne et réaliser les premiers bilans carbone des stations de montagne. Depuis 2007, je suis salarié de l’association.

VA/ Pouvez vous expliquer en quelques lignes les objectifs et les réalisations de Mountain Riders ?

Mountain Riders est née avec le ramassage des déchets au printemps, après la fonte des neiges, que nous faisons depuis quatorze ans. Elle a pour objectif d’éduquer au développement durable avec l’idée qu’à l’avenir, on n’ait plus à faire ces ramassages. Pour y arriver, nous menons un travail d’éducation, de sensibilisation. Nous intervenons dans les écoles – l’une de nos actions phares (un temps plein et demi) – sur la consommation durable, la réduction à la source des déchets, le changement climatique, etc. Nous menons aussi des interventions grand public via de nombreux évènements dans les différents massifs français : stands, expositions, jeux, quizz, toujours avec humour pour inviter les gens à se poser des questions et à avoir envie de changer certains de leurs comportements. Enfin, nous nous adressons également aux élus et professionnels, pour mobiliser et accompagner les territoires vers plus de responsabilité pour un tourisme durable et responsable – à l’instar du label Flocon Vert que nous avons mis en place (à suivre) mais aussi, via un volet formation auprès des employés des stations, ce qui permet   de les accompagner dans ces démarches. Aujourd’hui, nous sommes quatre salariés pour un conseil d’administration de douze personnes avec six co.présidents.

VA/ Quelles sont vos ressources ?

Nous vivons pour un tiers de subventions (nationale, régionale, ADEME, territoires, etc.), pour un tiers de mécénat et pour le restant de nos interventions dans les écoles et de nos formations en station.

VA/ Avez-vous le sentiment que vos actions, peu à peu, portent leurs fruits et touchent le public visé ?

Oui, clairement, on constate une prise de conscience globale. Le public est plus conscient de ces problématiques, il y a un vrai progrès, les médias aident aussi. Nous ne sommes pas les seuls à travailler en ce sens. En revanche, il faut encore faire bouger les choses pour accompagner le changement, pour sa mise en œuvre concrète et là, c’est plus fastidieux. Entre le conscient et l’action, pas mal de choses peuvent barrer la route, freiner les choses, et donc, nous avons encore besoin de mobiliser les territoires.

Action de ramassage de déchets

Agir en montagne@DR

VA/ Comment les mobiliser efficacement ? Les écoguides que vous publiez sont-ils votre unique outil ?

Nous sommes en pleine réflexion sur ce point. Depuis l’origine, nous visons deux cibles différentes, le grand public mais aussi les professionnels, mais suite à une enquête, nous avons réalisé qu’il nous fallait repositionner nos écoguides, qu’ils ne suffisaient plus. De fait, pour la partie station, l’accompagnement du territoire passe par la formation, par un travail en commun sur le développement durable qui vise à apprendre à travailler ensemble, percevoir quelles valeurs, quel vocabulaire   on partage.

Dans cet objectif, nous avons développé des forums de transition ouverts à tous (citoyens, élus, etc.), qui visent à former des acteurs locaux et à inciter des communes à créer des comités consultatifs en charge de proposer à la mise en œuvre de la transition sur leur territoire, quelque part des sortes d’Agenda 21. Le premier forum a été mis en place le 1er décembre à Autrans. Nous nous sommes alliés à la nouvelle municipalité et aux citoyens motivés – élus, professeurs, associations, tout type de catégories socio-professionnelles – et nous leurs apportons des conseils sur le développement durable avec pour objectif de proposer aux conseillers municipaux des actions concrètes pour la transition.

Aujourd’hui, on propose donc au territoire de les former, d’utiliser un même langage en remettant tout le monde à niveau, de partager les enjeux globaux que sont le climat, les déchets, les transports, l’agriculture, l’eau. Nous avons besoin que tout le monde soit au fait sur les constats globaux, et ensuite, on apporte des outils de concertation pour apprendre à travailler ensemble, savoir s’écouter, prendre des décisions, quelle voie choisir. Dans les comités, les niveaux sont très différents d’une personne à l’autre, il faut déjà apprendre à se connaitre pour ensuite engager l’ensemble du territoire.

Pour résumer, on s’appuie sur les forums pour aider les territoires à faire leur transition durable. Les stations qui veulent se faire évaluer peuvent passer le label Flocon Vert. Et pour le grand public, il y a les écoguides et on réfléchit aussi à des outils plus adaptés pour signaler là un restaurant bio, ici une AMAP, ou un marché avec des producteurs locaux….

La suite de l’Itw demain avec nos questions sur le flocon Vert,

FloconVert

les projets de l’association pour l’avenir et un point sur le colloque international sur le développement durable des montagnes qui s’est tenu le 15 janvier dernier à Choir (Suisse).

———– Aller plus loin ———–

http://www.mountain-riders.org/

http://www.sustainablemountaintourism.org/


Rencontre avec Laurent Burget, directeur de Mountain Riders | ©VOYAGEONS AUTREMENT
Par Geneviève Clastres
Journaliste indépendante, auteur, spécialiste de la Chine, de l'Asie, sinologue. Publications sur le tourisme équitable. Livres documentaire jeunesse sur l'Asie. Reportages divers.
FacebookGoogle

Découvrez nos abonnements

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Informations utiles pour voyager

éco voyageur : le mégot de cigarette - un clip de Mountain Riders Le mégot de cigarette jeté dans la nature peut se retrouver dans votre assiette ! Clip de sensibilisation aux problemes de dechets : Source : Mountain...

Curieux de Nature ? Un évènement éco-responsable - Semaine de la biodiversité dans les Hautes-Alpes Curieux de Nature ? Un évènement éco-responsable ! Semaine de la biodiversité dans les Hautes-Alpes...

Suite de notre rencontre avec Laurent Burget nous poursuivons nos échanges avec Laurent Burget, directeur de Mountain Riders, qui nous parle à présent du label Flocon Vert et de la mise en place d'un réseau international...

Gagnez 300€ pour vos prochaines vacances !
L'actu en continu
Les catalogues Voyagiste

Agenda