#TourismeDurable
La feuille de chou du tourisme durable

Jean-Guy Robin – le Monsieur environnement de St Jean de Mont

| 10 octobre 2012 • Mis à jour le 10.10.2012 à 13h39
         

Chargé de mission environnement pour la communauté de commune Océan-Marais de Monts, Jean-Guy Robin sait aussi bien reconnaître le chant d’une grenouille, identifier la moindre plante dunaire ou trouver des solutions pour concilier fréquentation touristique et protection de la nature.

Tourisme Biodiversité St Jean de Mont

VA/ La communauté de communes Océan-Marais de Monts est subventionnée par le ministère de l’écologie sur un programme de protection dunaire. La gestion même de vos actions se doit d’être éco-responsable, pouvez vous nous donner quelques exemples concrets ?

Oui, par exemple, nous avons eu toute une réflexion sur les moyens de transports et les outils que nous allons utiliser pour l’entretien des dunes et les petits travaux sur le milieu. Ainsi, quand la pelleteuse n’est pas adaptée, nous privilégierons la traction animale qui est un transport doux qui évite notamment le tassement des dunes. De même, pour les canalisations, nous utilisons plutôt le bois et des espèces locales imputrescibles qui évitent les bois traités difficiles à recycler.

VA/ Quel est votre sentiment sur le débat qui a animé la salle un moment, quant à ces espèces invasives qui semblent nuire à tout travail de fond sur le milieu naturel et qui ne semblent pas faire partie des priorités du ministère ?

Cela concernait plus le marais que la dune. Sur la dune, nous envisageons d’enlever des espèces comme le Yucca ou le Faux-vernis du Japon (arbre pouvant atteindre 30 mètres de haut).

VA/ Quels sont les effets pervers du tourisme sur le littoral de St Jean de Mont ?

Clairement, le succès touristique de nos côtes pendant les mois d’été altère les dunes lorsque les chemins ne sont pas bien délimités. La dune supporte mal le piétinement. Le sable est mobile, fragile. Alors, pour éviter cela, on essaie de canaliser les flux de population soit en suggérant des passages, soit par une signalisation plus claire. Pour l’heure, il n’y a toutefois pas de sanctions type amende. La pédagogie et le dialogue priment.

VA/ Cela amène-t-il parfois à avoir une gestion différenciée des plages ?

Tout reste complexe, il y a les choix sociaux, économiques, et écologiques. Pour l’heure, sur 19 kilomètres de plage, seuls deux endroits nous posent problème en terme de stock sédimentaire. En général, les zones très fréquentées se situent face aux communes et ne représentent pas d’enjeux. En outre, les espaces plus « sauvages » sont plus éloignées des bourgs et des centres-villes où se concentrent la majeure partie des touristes. Nous allons essayer de sensibiliser particulièrement les campings qui sont parfois proches des zones intéressantes et il faut qu’ils amènent leurs clients à devenir des acteurs de la protection de leur lieu de vacances. Nous n’avons pas réussi à les mobiliser pour l’instant mais leur participation sera primordiale.

St Jean de Mont

VA/ La communauté de commune et les professionnels du tourisme travaillent-ils main dans la main ?

Pas assez. Quand on sait que le tourisme est la première économie du territoire, il nous faudrait vraiment intensifier les échanges. Nous avons d’ailleurs cet objectif pour mieux expliciter notre action. Depuis quelques années, les communes privilégient le nettoyage manuel des laisses de mer, c’est-à-dire qu’au sein des rejets maritimes sur les plages, on choisit ce qu’on enlève pour ne pas nuire à la biodiversité. La plage a besoin des algues et coquillages également présents dans ces rejets. Or, par méconnaissance, les usagers se plaignent parfois de l’odeur de ces laisses de mer et de leur aspect pas toujours ragoutant. C’est pourtant ce qui fait la biodiversité. Pour ces dépôts qui ont toujours existés, la notion de risque n’a pas lieu d’être. En Bretagne, les enlèvements d’algues vertes qui dégagent du souffre et des gaz toxiques apportent la confusion. Ici, les algues sont nécessaires à l’environnement. Il faut d’avantage faire confiance au milieu et ne pas faire jouer l’argument sécuritaire.

VA/ Les temps différenciés de l’homme et de la nature ne sont-ils pas aussi un problème ?

Tout à fait. Si l’on prend l’exemple de la tempête Xynthia de 2010. Après la tempête, le sable qui était descendu a été peu à peu remonté par le vent. On a besoin de recul. Il faut parfois faire confiance au temps, ne pas confondre action et précipitation. C’est aussi tout l’intérêt de l’Observatoire du littoral du Pays de Monts, qui est vraiment pour nous un outil unique et innovant.

VA/ Pour conclure, que peut-on admirer sur votre territoire pour profiter à plein de la nature ?

On travaille justement là-dessus et il y a quatre ans, nous avons accueilli une trentaine d’artistes naturalistes pour travailler et exposer sur le territoire, afin d’aider à mieux voir et découvrir la faune et la flore. On a aussi identifié différents lieux qui participent à l’identité du territoire. Par exemple, le vaste massif dunaire à  la Barre de Monts, au niveau du pont du Goulet de Fromentine, là où les bateaux partent pour l’île d’Yeu. Nous avons imaginé de valoriser tout en protégeant ce site, de créer une boucle. Ainsi, il sera possible d’avoir un point de vu sur le cordon dunaire, la forêt et le pays de Monts. Enfin, il y a aussi l’ouverture prochaine de la Maison du littoral et de la forêt. Elle aidera à la découverte de la nature sur la zone.

 

 

 


Jean-Guy Robin – le Monsieur environnement de St Jean de Mont | ©VOYAGEONS AUTREMENT
Par Geneviève Clastres
Journaliste indépendante, auteur, spécialiste de la Chine, de l'Asie, sinologue. Publications sur le tourisme équitable. Livres documentaire jeunesse sur l'Asie. Reportages divers.
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