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Béatrice et les Quatre Trésors de Prakash

| 4 avril 2016 • Mis à jour le 04.04.2016 à 8h29
Thèmatique :  Livres   Monde 
         

Passionnée par l’Inde, Béatrice a réalisé un long voyage au cœur de communautés rurales avec pour fil directeur, un ouvrage à écrire dans les pas de Prakash. Jeune garçon rêveur, Prakash est l’avatar de son auteur, il nous amène par l’entremise du dieu Ganesh, à la rencontre de ces peuples divers qui ont tant d’histoires à nous raconter…

Prakash

Illustration de Kavita Singh Kale@DR

VA/ Pouvez-vous vous présenter en quelques mots pour nos lecteurs.

J’ai 31 ans, je suis journaliste à l’AFP. Je vis actuellement à Strasbourg mais mon cœur bat encore beaucoup plus à l’est : je suis passionnée par l’Inde, où je me rends très régulièrement depuis 2003. J’aime aussi beaucoup la littérature et ai toujours eu envie d’écrire de la fiction, pour adultes et pour enfants. Le goût du voyage m’est venu en bonne partie de lectures que j’ai faites pendant mon enfance.

VA/ Vous avez réalisé cet ouvrage – Les Quatre Trésors de Prakash – dans le cadre de la villa Marco Polo (aujourd’hui Villa Grand Bivouac). Pouvez-vous nous dire un petit mot sur la villa et sur votre projet initial ?

La Villa est une très belle structure mise sur pied par l’équipe du Grand Bivouac d’Albertville, un festival de voyage axé sur la rencontre de l’autre. Elle accompagne de jeunes voyageurs (ou plus tout à fait si jeunes que ça, comme moi !) dans la réalisation d’un projet de long voyage et sa restitution, sous la forme d’un livre, d’un film, d’une exposition, d’un site internet… Pour moi, la Villa a avant tout constitué une incroyable plateforme de rencontres, avec les autres porteurs de projets, tous aussi enthousiastes les uns que les autres, et les intervenants (ethnologues, écrivains, grands reporters, photographes….).

J’avais soumis à la Villa un projet de livre pour enfants fondé sur la collecte d’éléments de traditions orales de communautés rurales indiennes et ai eu la chance d’être retenue. A partir de là, plus moyen de reculer : il fallait aller jusqu’au bout du projet !

Prakash

Village santal de Bishnubati, au Bengale occidental@BRA

VA/ En Inde, sur le terrain, comment s’est passé la collecte des informations nécessaires à l’ouvrage ?

J’avais passé beaucoup de temps avant le voyage à faire des recherches sur différents groupes ethniques indiens, afin d’en choisir quatre dont les environnements de vie et les coutumes soient très différents les uns des autres. J’avais ensuite pris contact avec des ONG qui travaillaient avec ces communautés pour savoir si elles pouvaient m’aider à trouver dans chacune une famille qui pourrait m’héberger. J’ai ainsi bénéficié de l’aide de personnes bien implantées sur le terrain qui m’ont à chaque fois permis de loger chez des gens adorables, extraordinairement accueillants, contre une petite rémunération. En revanche, la communication verbale n’était pas toujours facile : la plupart des Indiens ne parlent pas anglais et aucune des familles ne parlait hindi (une langue dans laquelle je suis capable d’avoir une conversation simple). Pendant la journée, je m’imprégnais donc surtout du mode de vie des gens qui me recevaient en essayant de m’y intégrer et quand la possibilité d’avoir un interprète se présentait (un travailleur social d’une des ONG, par exemple), je lui demandais de faire raconter aux gens des histoires propres à leur communauté. Dans un premier temps, presque toutes les personnes rencontrées disaient n’en connaître aucune, mais au bout de quelque temps, des histoires commençaient à remonter à la surface.

VA/ Le personnage de Prakash vous est-il venu tout de suite ou a-t-il émergé peu à peu ?

Prakash était là dès le début. J’ai construit la trame de l’histoire autour de ce petit garçon rêveur, qui va vivre plein d’aventures aux quatre coins de son pays grâce à Ganesh, le dieu à tête d’éléphant. Pendant le voyage, il m’est arrivé de regarder un petit garçon indien en me disant, “tiens, on dirait Prakash !”.

Prakash

-Petite fille de la communauté des Irula du Tamil Nadu@BRA

VA/ A qui s’adresse cet ouvrage et comment pensez-vous l’accompagner et le faire connaitre ?

Il s’adresse théoriquement aux enfants de 7 à 11 ans, mais je pense que des enfants plus jeunes peuvent aussi l’apprécier si des adultes le leur lisent en simplifiant un peu certaines phrases. Dans l’idéal, j’aimerais aussi qu’il puisse être lu comme “Le petit prince” (toutes proportions gardées !): une sorte de conte philosophique qu’on peut lire à tout âge en y trouvant des choses différentes. Je compte sur le bouche-à-oreille pour le faire connaître et vais essayer de le promouvoir par des lectures et une présence dans des festivals comme le Grand Bivouac.

Prakasah

Femme Raika@BRA

VA/ On réalise, à  la lecture de l’ouvrage, combien l’Inde est complexe et combien chacun de ses peuples a des racines profondes et une culture ancrée, avez-vous plus personnellement l’envie d’approfondir l’étude d’une de ces communautés ?

Oui. Tout en aimant beaucoup mon métier de journaliste, il me laisse parfois une impression de superficialité et j’ai beaucoup d’admiration pour les ethnologues, qui étudient les coutumes d’une même communauté pendant des années et apprennent sa langue. Les Raïka du Rajasthan m’ont particulièrement donné envie de continuer à étudier leur mode de vie. En effet, leur organisation sociale, et notamment matrimoniale, est si complexe que je n’ai fait que l’effleurer pendant mon séjour.

VA/ Pour les lecteurs de V.A qui sont aussi des voyageurs, est-il facile de partir à la rencontre des différentes communautés croisées par Prakash ?

Ce n’est pas si facile pour un voyageur qui vient peu de temps en Inde. Il existe dans le pays des agences de voyage spécialisées dans le “tourisme tribal” mais toutes ne sont pas très respectueuses de la dignité de ces populations. Les Khasi du Meghalaya (tout au nord-est de l’Inde, près du Bangladesh) forment sans doute la communauté la plus facile d’accès, sur les quatre que j’ai rencontrées. Le Meghalaya attire en effet des touristes indiens aisés, qui viennent de Delhi ou Calcutta, et du coup certains Khasi développent des hébergements chez l’habitant dans les villages.

Livre Ganesh

-Groupe de femmes khasies pendant des travaux des champs@BRA

VA/ Un dernier mot pour nous dire vos projets du moment.

Je pense à faire traduire les aventures de Prakash en anglais. Si je trouve un éditeur intéressé par le texte, j’aimerais aussi le publier sous forme d’album entièrement illustré (pour l’instant, c’est un petit roman avec seulement une illustration en couverture). Côté voyages, il faut que je trouve un nouveau prétexte pour retourner en Inde ! J’aimerais aussi continuer à explorer l’Indonésie, un autre pays-continent. Je ne suis pour l’instant allée qu’à Java et Sumatra mais rêve depuis longtemps des Molluques, des Célèbes, de la Papouasie occidentale…

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Prakash est disponible en format papier et numérique ! Les Quatre Trésors de Prakash

Béatrice et les Quatre Trésors de Prakash | ©VOYAGEONS AUTREMENT
Par Geneviève Clastres
Journaliste indépendante, auteur, spécialiste de la Chine, de l'Asie, sinologue. Publications sur le tourisme équitable. Livres documentaire jeunesse sur l'Asie. Reportages divers.
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