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Fake News ? Evite de tomber dans le piège !

| 1 avril 2019 • Mis à jour le 02.04.2019 à 11h03
Thèmatique :  Livres 
         

Là vous êtes en train de vous dire qu’au vu de la date, en ce premier jour d’avril, forcément,  nous sommes en train de vous concocter un joli poisson voyageur dont on a le secret. Hé bien non, on s’est juste dit que le 1er avril, tout le monde est enfin vigilant aux informations reçues et que c’est donc la date idéale pour vous présenter « Fake News », le dernier ouvrage de Kevin Razy, Hamza Garrush et Lionel Serre qui vise à mettre en garde la jeunesse (mais pas que…) contre les Fake news, hoax, théories du complot et autres informations erronées. Parce qu’il n’y a pas que le 1er avril qu’il faut vérifier ses sources ! (les poissons ont besoin d’eau tous les jours)  En garde moussaillons !

Déjà, saviez vous que c’est à Donald Trump que l’on doit la célébrité du mot « Fake news », sauf qu’à l’origine, cela voulait dire « infos truquées » et que peu à peu, à force d’être brandi par Donald comme une arme de destruction médiatico-massive, c’est devenu « fausse information », ce qui était alors plutôt « false news ». Quoi qu’il en soit, qu’elles soient des fake news ou des false news, l’idée de base, celle de l’ouvrage, c’est que nous sommes abreuvés d’informations erronées qu’il faut apprendre à vérifier, déjouer, contrôler, tant la vitesse de la rumeur va vite et tant la propagation d’une fausse information peut avoir de conséquences dramatiques. Récemment, un camp de gitan a été incendié pour une rumeur d’enfants enlevés qui s’est révélée totalement fausse.

En sus, de nos jours, l’information tend à faire le grand écart entre volonté d’informer et besoin de faire savoir. Hé non, la propagande n’est pas morte, elle a juste changé de forme et de noms, rhabillée en communication, publi-reportage, communiqué politique, publicité commerciale. L’ouvrage en donne de nombreux exemples. Il rappelle ainsi qu’en 2014, des tests indépendants ont révélé que les moteurs propres des moteurs diésels que Volkswagen avaient tant vantés, hé bien c’était faux, la marque avait mis au point un vaste système de triche pour masquer cette donnée.

Il faut dire que tout va de plus en plus vite et qu’avec l’obsession du direct et des scoops, rares sont ceux qui se préoccupent de vérifier l’information. Exemple (toujours tiré de l’ouvrage) de l’attentat de Trèbes en 2018 où un terroriste s’en prend à des CRS puis à des clients dans un supermarché qu’il prend en otage (entrainant la mort de 4 personnes). Le jour même, BFM TV diffuse un portrait du terroriste en évoquant le fait qu’il a été naturalisé un an après avoir été fiché S. Les commentaires scandalisés affluent. Or le terroriste en question a été naturalisé en 2004, fiché S en 2014, et c’est juste le renouvellement de sa carte d’identité (automatique) qui a eu lieu en 2015. Sauf que l’info erronée a été diffusée presque toutes les heures pendant deux jours, et quand le 24 mars, la chaine modifie ses informations en milieu de matinée, elle n’apporte aucun correctif explicite.

Les exemples sont légions, ce que l’ouvrage décrypte très bien en montrant comment les informations circulent entre papier, radio, télévisions, réseaux sociaux, cours de récréation, machine à café, famille, commerce. Les vrais, mais aussi les fausses, qui enflent telle des grenades, qu’il est ensuite très compliqué de désamorcer. On ne compte plus le nombre de personnes publiques tuées par la rumeur qui s’est ensuite avérée fausse…  Sans compter qu’à présent, parfois, derrière une info, ce n’est plus une personne mais un….poisson (non !), un robot, oui, un robot, ou bot, or « les spécialistes sont presque tous d’accord pour dire qu’il est inutile de combattre les mensonges véhiculés par les faux comptes ou Bot, car ces machines automatiques se nourrissent de données et de clics. On ne peut quasiment jamais trouver celui ou ceux qui sont à l’origine, et si on cherche à contre-attaquer, ces robots réagissent en créant d’autres fausses informations… ». Nous vivons dans un monde merveilleux ! (c’est la journaliste qui parle là).

On pourrait encore tourner des pages et des pages, car ce livre nous parle tellement, à nous journalistes qui tentons, également, de nous faire entendre dans le brouhaha ambiant, entre les gossips (anglicisme malin qui désigne une rumeur), les sites, et puis les bibles telles Wikipédia qui sont devenues tellement incontournable qu’il faut presque menotter ses propres enfants pour leur montrer que les bibliothèques ne sont pas des musées où des livres d’un autre temps attendent les extra-terrestres mais bien des espaces où l’on peut aussi préparer un exposé sans Wiképédia, Expédia, Expédier, consommé, et c’est plié.

C’est comme le poisson pané ça, à force de le voir au supermarché, toute une génération d’enfants éloignés des océans (quoi que) a fini par le dessiner carré… m’enfin, heureusement, il y a encore les poissons d’avril pour remettre les choses à l’endroit, et cet ouvrage qui s’achève avec tout plein de tests et d’exercices malins. Et d’ailleurs, au sein de nos 4 000 articles en ligne, peut-on garantir que tout est vrai, qu’il n’y a pas quelques inexactitudes, volonté de communication ou informations biaisées ? Forcément non ! Quoi que. Allez, on vous laisse sur une incertitude, le doute, y’a que ça de vrai !

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Fake News, Evite de tomber dans le piège ! Kevin Razy, Hamza Garrush, Lionel Serre. De la Martinière Jeunesse. Mars 2019. A partir de 10 ans. 152 p. 14,90 €


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Par Geneviève Clastres
Journaliste indépendante, auteur, spécialiste de la Chine, de l'Asie, sinologue. Publications sur le tourisme équitable. Livres documentaire jeunesse sur l'Asie. Reportages divers.
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Une réponse à Fake News ? Evite de tomber dans le piège !

  1. Geneviève Clastres a commenté:

    Bonjour madame, merci pour vos corrections, et pour vos nombreux messages, certains plus visibles que d’autres. J’ai particulièrement apprécié d’ailleurs celui envoyé à notre rédacteur en chef qui montre là toute votre droiture et combien votre sens de l’orthographe se double d’une vraie volonté citoyenne à éradiquer toute faiblesse. N’hésitez pas à l’avenir à nous signaler les fautes qui nous auraient échappées, c’est toujours d’une très grande aide. Bien à vous, Geneviève Clastres

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