#TourismeDurable
La feuille de chou du tourisme durable

Rencontre avec Harold Parisot, fondateur du Chinese Business Club

| 4 janvier 2017 • Mis à jour le 04.01.2017 à 13h15
         

A l’origine du Chinese Business Club, Harold Parisot fait le pari que d’ici à 2020, l’objectif des cinq millions de touristes chinois en France sera rempli. Son club, qui accueille quelques grands noms du tourisme français et chinois, compte bien être un acteur majeur dans l’intensification des échanges entre les deux pays. Rencontre avec un jeune entrepreneur au cœur du monde des affaires sino-français.

Chinese Business Club

Harold Parisot@DR

VA/ Comment est né le Chinese Business Club ?

J’ai travaillé pendant huit ans dans les Telecom, dont quatre ans chez Bouygues puis, j’ai souhaité changer de secteur et j’ai créé il y a six ans ma société Harold Parisot Conseils spécialisée dans les transactions immobilières off market pour de riches clientèles souhaitant vendre leur patrimoine en toute discrétion. Toutefois, suite à des demandes répétées de très riches clients chinois de rencontrer en France des leader d’opinions, j’ai eu l’idée d’aller plus loin et en 2012, j’ai fondé le Chinese Business Club qui connait une très forte croissante depuis deux ans.

VA/ Une soixantaine de sociétés sont membres du club. Quelle est la part de celles qui couvrent le champ du tourisme ?

D’ores et déjà, il est à signaler que nous nous positionnons sur le très haut de gamme, les grands capitaines d’industrie, les politiques, diplomates, ambassadeurs, etc. Nous avons comme habitués des personnalités comme Michèle Alliot-Marie, Frédéric Mitterrand, Jean-Pierre Raffarin, etc. Le club se veut donc très fermé, prémium, fréquenté par plusieurs milliardaires chinois. En ce qui concerne le tourisme, nos membres principaux sont Club Med, Shanghri-La, Peninsula ; Air China, China Eastern, mais aussi des agences de voyage haut de gamme comme Chic Travel ou Aiguemarine.

Henri Giscard dEstaing at Chinese Business Club

Déjeuner au Chinese Business Club@DR

VA/ Aujourd’hui, il semble y avoir une frénésie des hommes d’affaires chinois à investir dans le tourisme français (Club Med, Compagnie des Alpes, Ovalys, AccorHotels), votre club abrite-il de futurs accords à venir ou a-t-il joué un rôle dans certains de ces rachats…  ?

Oui, c’est certain. Mais si les négociations peuvent commencer lors d’un de nos déjeuners, elles se terminent forcément entre quatre murs, loin des oreilles indiscrètes. Et donc, il peut arriver que je sois prévenu… et d’autrefois que j’apprenne les accords dans la presse. Dans tous les cas, il est à noter que 100% de nos membres renouvellent leur adhésion, un vrai gage de satisfaction.

VA/ Côté français, dans le tourisme, quels seraient les acquisitions chinoises de renom ces dernières années ?

J’avoue que je m’intéresse plus au business des Chinois vers la France que l’inverse mais en revanche, je m’intéresse beaucoup aux étudiants chinois en France, et j’invite également les hommes d’affaire français à aller régulièrement en Chine,  à se déplacer sur place, pour rencontrer leurs fournisseurs, se faire une idée par eux-mêmes. Aujourd’hui, les petites entreprises françaises manquent souvent d’idées, par exemple, je déplore qu’il y ait aussi peu de sites e-commerce en chinois, alors que ce serait si facile et si intéressant pour tous.

VA/ Depuis les attentats, sentez-vous un attentisme ou une plus grande frilosité de la part des touristes chinois ?

Tout à fait, le tourisme a connu un recul de 30% en 2016, alors qu’en 2015, la France avait accueilli près d’un million et demi de touristes chinois. Toutefois, je crois fort à l’objectif 2020, qui est d’arriver à 5 millions de touristes chinois en France. Et en ce sens, il est à noter qu’Henri Giscard d’Estaing, président du Club Med, a déjà été par deux fois l’invité d’honneur de nos déjeuners.

VA/ Pour revenir au Club, quelles sont les conditions pour en faire partie et est-il également ouvert à des entreprises plus modestes ?

Le Club compte des grands groupes mais aussi des PME et des start-up. L’adhésion coûte 7 500 € HT et en retour, le Club s’engage à organiser six à sept évènement chaque année, notamment des déjeuners d’affaires orientés business, ainsi que des mises en relation à haut niveau avec des investisseurs chinois.

Photo3 : Jean-Pierre Raffarin au Chinese Business Club@DR

Jean-Pierre Raffarin au Chinese Business Club@DR

VA/ L’écologie, le tourisme durable, des valeurs importantes pour votre club et vous-même ?

Oui, le tourisme durable m’intéresse. La Bretagne fait partie du top 100 des destinations les plus engagées. Prochainement, Sébastien Bazin PDG d’AccorHotels qui est très actif en ce sens sera l’un de nos invités d’honneur. Il faut aussi savoir que l’ Hôtel Fouquet’s Barrière, un autre de nos membres, a également engagé une action en profondeur sur ce thème du développement durable. En outre, je pense que la Chine a besoin de durable et vu les enjeux et la pollution qui existe là-bas, ils seront sûrement plus rapides que nous à réagir.

VA/ Comment voyez vous le développement du Club ?

Aujourd’hui, soixante-quatre sociétés sont d’ores et déjà membres du club, mon objectif est d’en atteindre une centaine et de limiter le nombre à 100, pour rester toujours dans le très haut de gamme. Nous avons aussi vocation à ouvrir des Club à l’international, par exemple à Londres, qui n’est qu’à 2h30 de Paris, et qui possède une population de chinois aisés plus nombreuse qu’en France. Nous organisons également un diner de gala à Pékin en avril prochain, une édition spéciale dédiée aux femmes la journée du 8 mars, et nous associons à de nombreux évènements en lien avec la Chine.

VA/ A ce sujet, votre club a-t-il vocation à être mécène ?

Nous sommes partenaires d’évènements culturels et sportifs, par exemple nous étions partenaires du dernier match de football entre la France et la Chine. De grands sportifs tels Camille Lacourt, Teddy Riner participent aussi à nos évènements. En ce qui concerne la culture, nous avons été partenaire du dernier Monumenta avec Huang Yongping, nous sommes également partenaires de la prochaine tournée (2017) en Chine de l’orchestre philharmonique de France (Radio France).

———— ALLER PLUS LOIN ——–

Chinese Business Club : www.chinesebusinessclub.fr


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Par Geneviève Clastres
Journaliste indépendante, auteur, spécialiste de la Chine, de l'Asie, sinologue. Publications sur le tourisme équitable. Livres documentaire jeunesse sur l'Asie. Reportages divers.
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