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La Finlande au plus près de la nature

| 27 décembre 2016 • Mis à jour le 27.12.2016 à 11h51
Thèmatique :  Acteur privé   Espaces protégés   Portrait   Routes du Monde   Territoire 
         

Au cœur de la région la plus sauvage d’Europe, à quelques cinq kilomètres de la frontière russe, à 85 kilomètres de la première ville – 5 000 habitants – un village en France, la base d’Hossa propose une immersion complète dans une nature brute encore préservée. Ou comment troquer nos vies urbaines pour une plongée en eaux profondes. Bienvenue dans la base finlandaise de 66° Nord !

Finlande

Chiens de traineau en Finlande@Norwide

La base d’Hossa aux confins du Wide East

L’avion se pose à Kuusamo. Une heure de route plus tard, on se retrouve propulsé au saint du saint, aux confins du Wild East, de l’Est Sauvage, où la base d’Hossa sis dans un parc national admirablement préservé. Là, Norwide, partenaire finlandais de 66°Nord, a posé un jour les amarres. Avec 20 habitants à la ronde (20 km), on ne risque pas de se marcher sur les pieds. Sur place, un hôtel, un restaurant, un bar, un chenil comptant 170 chiens de traineaux, une assez grosse infrastructure où travaille une vingtaine de personnes. L’ensemble peut accueillir une cinquantaine de visiteurs. Au début de l’hiver, les premiers clients arrivent, marquant le début de la saison qui se prolonge ensuite l’été jusqu’au mois de septembre. Avant d’être responsable de la base, Olivier Nau était pompier de Paris, du feu à la glace, un changement de vie radical : « A la fin de mon contrat de pompier, alors que j’attendais mon prochain poste, un ami m’a proposé de venir travailler avec lui en Finlande. Cinq ans plus tard, je suis toujours là. » Aujourd’hui, la base prospère. Si au départ elle a acquis le chenil et le motoneige d’un musher en faillite, depuis cinq hivers, les demandes ne cessent d’affluer. Olivier : « Nos chiens sont des Alaskan Huskies, un mélange d’Huski sibérien aux yeux bleus et de races nordiques. Nous avons été fermés en octobre et novembre pour la fermeture saisonnière et depuis peu, la base vient de rouvrir… »

FInlande

Huskies de Sibérie@Norwide

Le grand blanc et les grands bruns

Sur place, les activités tournent en fonction des saisons. L’hiver, le tapi neigeux se déploie et s’aborde en chiens de traineau, en raquettes, en ski ou à motoneige. L’été est plus tourné vers les randonnées, les baignades (l’hôtel est à 30 m d’un lac de 10 km avec des centaines de lac en réseau tout autour), le canoë et l’observation animalière, notamment l’ours brun. Olivier Nau : « Ici, il y a plus d’ours que d’habitants. Ils sont encore chassés et assez peureux mais on a l’occasion d’en voir dans les cabanes d’affut. Toutefois, il suffit de passer une main pour les effrayer. On trouve également des grands tétras, qui ont presque disparu en France. Il arrive même qu’il traverse notre chenil et rendent les chiens fous de rage… ». Pour animer les séjours, une équipe de huit guides vit sur place, les groupes ne pouvant excéder une dizaine de personnes (et cinq pour les activités en traineau). Ainsi, sur la base, Finlandais et Français se mêlent, avec le souci d’un personnel francophone bien formé pour les visiteurs. Olivier : « En début de saison, on forme des accompagnateurs montagne aux risques liés au froid, au motoneige. A côté de notre hôtel plus confortable (sauna…), nous avons aussi des cabanes où l’on peut passer une nuit immergée dans la forêt, sans eau ni électricité, juste avec un poêle à bois. »

Au coeur de la forêt

Forêt de Finlande@Norwide

Expérimenter la nature

Afin d’aller toujours plus loin dans le tête à tête avec la nature, la base a entrepris la construction d’un nouvel écologde visant à offrir une expérience unique. A cette fin, le nouvel établissement sera scandé d’immenses baies vitrées, une véritable façade en verre pour une immersion totale. Olivier : « On souhaite donner aux clients l’impression qu’ils sont au cœur de la forêt tout en restant dans leur chambre. Le sentiment d’être aux fins fonds des bois, la possibilité de jouir du coucher de soleil, le tout à 20 mètres du lac d’Hossa. » L’établissement se veut également exemplaire en matière d’environnement, avec un impact carbone négatif, du chauffage par géothermie, un système performant de traitement des déchets, un compost, des consignes, etc. Et l’on retrouve cette sensibilité à la nature dans l’ensemble de la base, avec des toitures végétalisées, le bois utilisé partout, l’eau non traitée pompée dans les puits de la base (testée tous les 6 mois) et un ensemble de petits gestes de bon sens : savons biodégradables, encres écologiques, etc. Olivier : « Nous faisons également attention à nous approvisionner via des filières courtes, chez des producteurs locaux. Par exemple, quatre à cinq repas de la semaine sont préparés avec la truite arc-en-ciel élevée en pisciculture à 20 km. Pour le saumon, c’est plus compliqué à mettre en place car nous sommes très isolés. »

Dans les forêts de Sibérie

Chalets au coeur des bois@Norwide

Un environnement fragile

Autant de gestes pour la nature afin de préserver un équilibre précaire. Ainsi, la base d’Hossa travaille également en étroit partenariat avec le parc et l’a soutenu jusqu’à qu’il obtienne le statut de parc national, qui sera officiel en juin 2017, ce qui permettra de renforcer la réglementation visant à le protéger. 2017, juste l’année où la Finlande célèbrera ses 100 ans ! Olivier : « On a beaucoup travaillé pour que le parc obtienne ce statut de parc national, cela veut dire plus de protections et donc plus de préservation. Par exemple, certaines entreprises ne pourront plus s’installer et ne pratiqueront plus le chien de traineau au cœur du parc, ce qui évite la sur-fréquentation… ». Olivier et son équipe dénonce aussi le nombre de scooters, de mononeiges, et les comportements irrespectueux liés à une législation trop permissive. « Il faudrait mesurer les effets néfastes sur la faune et sur la flore, le volume sonore vis-à-vis des animaux et des riverains, l’érosion causée par le passage répété des scooters, le nombre d’accidents, la quantité de gaz carbonique émise… » Malheureusement, sur place, le motoneige est aussi un outil de travail, de mobilité, et Olivier le reconnait, pour certaines activités, impossible de s’en passer. Alors, pour rester constructif, la base regarde à compenser ses déplacements et à racheter le CO2 émis. Elle a également troqué ses scooters des neiges pour d’autres beaucoup moins polluants, avec une consommation trois fois inférieure. Evidemment, le chien de traineau, le ski, la raquette reste prioritaire, mais Olivier reconnait qu’il y a aussi une grosse demande sur le motoneige sportif, qui ne correspond pas à la clientèle visée par 66°Nord mais qui est bien là. Cornélien dilemme…

 

———– Aller plus loin ————

www.66nord.com
l
e catalogue : http://www.voyageons-autrement.com/voyage-66nord/

Sur place : équipement adapté fourni.


La Finlande au plus près de la nature | ©VOYAGEONS AUTREMENT
Par Geneviève Clastres
Journaliste indépendante, auteur, spécialiste de la Chine, de l'Asie, sinologue. Publications sur le tourisme équitable. Livres documentaire jeunesse sur l'Asie. Reportages divers.
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