#TourismeDurable
La feuille de chou est là

Pistes et propositions pour un tourisme durable et solidaire en Europe.

| Publié le 26 octobre 2020 • Mis à jour le 25 novembre 2020 à 14h40
         

La reprise durable du tourisme dans l’agenda européen 2050

Lundi 12 octobre a eu lieu la conférence European Tourism Convention organisée par la Commission Européenne.  Ensemble, l’agence d’écotourisme  Sardaigne en liberté et la plateforme coopérative Les oiseaux de voyage, nous avons rédigé des « Pistes et propositions pour un tourisme durable et solidaire en Europe » transmises à la Commission européenne, à la députée européenne Karima Delli, Chair of the TRAN Committee (commission tourisme et transport) invitée à conclure cette journée et à l’Organisation internationale du tourisme social ISTO dont nous sommes membres.

L’invisibilité de nos structures pour la Commission européenne.

Aucun de nos réseaux ou de nos partenaires, à qui nous avons envoyé notre document, n’était présent aux discussions en séance plénière  : Acteurs pour un tourisme équitable et solidaire ATES, Acteurs du tourisme durable ATD, l’Union Nationale des Associations de Tourisme et de plein air UNAT et l’Association italienne pour un tourisme responsable AITR. Nous avons assisté à la partie publique de cette rencontre. Nous avons été déçu par le nombre de participants, sa faible médiatisation et les propositions qui ont émergé. 

Notre contribution volontaire a été écrite à partir de notre expérience commune d’un premier séjour #SlowTourisme Entre Terre et Montage fin 2019 avec l’agence de voyage Ekitour et l’Agence française de la biodiversité : un ouvrage va bientôt raconter cette expérience pilote. Notre contribution disponible en français, anglais, Italien et allemand a depuis été signée par dix autres agences de voyage en Europe et nous avons pu échanger avec des député.e.s européens.nes et la Commission européenne.

Séjour Entre mer et montagne 2019 © Sardaigne en liberté

Pour préparer ces entretiens, nous avions extrait 6 propositions plus opérationnelles en lien avec nos activités et réseaux et sur lesquelles nous souhaitons coopérer à l’échelle européenne :  

  1. la recherche de nouveaux outils de mesure de l’impact social et écologique de nos activités en complément des données touristiques existantes, souvent trop partielles ; 
  2. l’expérimentation d’un outil simple d’affichage de l’impact écologique d’un séjour co-construit à partir de nos pratiques ; 
  3. le besoin d’un réseau européen d’acteurs du tourisme durable nous permettant de co-produire des séjours itinérants à partir des nouvelles mobilités promues par l’Union Européenne : train de nuit, vélo, bateau à voile, vélo-rail, autopartage : l’année 2021 sera en Europe celle du rail ;
  4. la poursuite de l’expérimentation de la compensation carbone territorialisée, en particulier pour les îles méditerranéennes ;  
  5. la considération de nos pratiques d’hospitalité ouvertes à l’ensemble des personnes de passageloisirs, études, travail, santé, famille, migration – dans leur capacité de renforcement de l’inclusion sociale, de la résilience économique des équipements et du développement local : éviter notamment les effets d’overtourism et de monotourisme ; 
  6. le renforcement des circuits courts avec le monde agricole local en séjour : développement d’une économie touristique circulaire au service de nos territoires.  

Ces contacts directs nous ont permis d’exposer nos contextes, ces constats et problématiques et de partager nos propositions.  L’écoute et le dialogue ont été de notre point de vu de qualité. Notre lecture des mécanismes décisionnels européens s’est – un peu – éclaircie et nous avons maintenant des contacts de personnes en charges de ses questions au sein des instances européennes. Nous allons leur transmettre notre document. Nous avons convenu de maintenir le contact en faisant des points réguliers à l’avenir. Une information importante est que le Plan de relance, dont l’économie touristique fait partie, sera géré directement par chaque État. La question est de savoir si nos organisations, expériences et propositions seront plus visibles à l’échelle nationale (?).

Compensation carbone territorialisée 2019 © Sardaigne en liberté

Quid de la suite à l’échelle européenne? En avril 2021, Sardaigne en liberté avec Les oiseaux de passage et d’autres partenaires locaux et internationaux – collectivités locales, Slow food …  – va organiser un festival slow tourism pour continuer à échanger sur ces pistes et propositions. D’ici là, nous allons  poursuivre nos expérimentations et réflexions. Bienvenue à celles et ceux qui souhaitent poursuivre avec nous ce dialogue et cette coopération à l’échelle européenne.

PISTES ET PROPOSITIONS POUR UN TOURISME DURABLE ET SOLIDAIRE EN EUROPE

Le contexte 

L’Union européenne et le Parlement européen souhaitent soutenir la relance du tourisme grâce à des recommandations mettant en lumière le tourisme durable. Ils affichent leurs volontés de valoriser des destinations et des entreprises pour un tourisme et des voyages respectueux de l’environnement et socialement responsables. Cela doit se traduire dans l’avenir par d’importants fonds européens pour relancer cette activité qui génère environ 10 % du PIB en Europe et qui concerne plus de 23 millions d’emplois. Cette activité subit de plein fouet la situation de la crise COVID et préannonce une reprise qui sera longue.

Dans ce contexte il est important que nous, acteurs du tourisme durable, sociale et solidaire, contribuons par des propositions concrètes et que nous participions au débat qui aura lieu à la rentrée à l’initiative de la Commission européenne.

Les enjeux sociaux, écologiques, démocratiques et économiques sont tels qu’il nous apparait primordiale que la stratégie de relance du tourisme soit coordonnée au niveau européen et donne la priorité à la durabilité, à l’environnement, au vivre ensemble et au bien-être.

Destination Sardaigne sur Les oiseaux de passage.

Nos propositions pour engager l’Europe vers le tourisme de demain sont les suivantes :

1- Favoriser le développement de mobilités douces ou bas carbone

  • 2021 sera l’année du transport ferroviaire en Europe : soutenir le développement et le fonctionnement des mobilités à basse consommation carbone sur des longues et moyennes distances. Le train et plus spécifiquement le train de nuit, doit être privilégié.
  • Soutenir le développement et le fonctionnement des projets de transport en commun pour les collectivités (trains régionaux, navettes, bus, vélos, autopartages, etc.).
  • Favoriser l’émergence de sociétés proposant des services de mobilités bas carbone et de mobilité douce.
  • Favoriser l’acquisition par les opérateurs du tourisme de solutions facilitant la mobilité verte et la mobilité collective des voyageurs : achat de vélo, service de navette, etc.
  • Pour les destinations isolées, notamment les îles, l’utilisation de l’avion, nécessiterait la mise en place d’une compensation carbone territoriale.
  • Soutenir la réalisation de projet favorisant l’usage des mobilités douces : réhabilitation des anciennes voies de chemin de fer, Utiliser des moyens de transport moins polluants passe aussi par la réhabilitation des vielles voies de chemin de fer, pistes cyclables, gestion du stationnement, etc.

2- Favoriser le développement d’une offre de tourisme durable

  • Encourager la labellisation à l’Écolabel européen pour les hébergements touristiques et les sites de visites.
  • Soutenir le développement d’offre durable : slow tourisme, randonnée, cyclotourisme, visites d’espaces naturels, découverte en mobilité douce, etc.
  • Soutenir l’investissement des opérateurs et des destinations pour faciliter l’accessibilité globale aux personnes en situation d’handicap.
  • Faciliter via la fiscalité la transformation des opérateurs existants pour renforcer la durabilité de leur activité : travaux de rénovation, investissements à impact environnemental positif, refonte de l’offre, etc.
  • Soutenir le développement d’un affichage de l’empreinte carbone des séjours et des offres touristiques (hébergements, sites de visite, activités, etc.) afin d’assurer aux voyageurs une transparence de l’information.
  • Conduire des études d’impact européennes sur les coûts sociaux et environnementaux engendrés par les différents secteurs du tourisme.

3. Engager les opérateurs touristiques à la responsabilité sociale d’entreprise

  • Encourager le développement d’un tourisme non saisonnier, en s’appuyant sur les autres besoins d’hospitalité des territoires, permettant de soutenir des emplois durables à l’échelle de l’UE. 
  • Mettre en place des indicateurs sur l’empreinte carbone des voyages et sur la contribution de ces mêmes voyages au développement de l’économie locale.
  • Rendre obligatoire l’annonce des émissions carbones pour l’ensemble des prestations touristiques offertes par les acteurs du secteur.
  • Intégrer dans la mise en œuvre de projet d’aménagement touristique la prise en compte des aspect environnementaux mais aussi territoriaux et sociaux.
  • Évaluer dans la durée les financements européens dédiés à des projets privés mais aussi simplifier leur portage pour faciliter l’accès de ces financements aux plus petites structures.

4- Développer un tourisme inclusif, qui valorise les productions locales et améliore la qualité de vie des habitants des destinations visitées

  • Soutenir les projets de circuits courts et de consommation locale : agriculture, artisanat, création culturelle, etc.
  • Favoriser le développement des offres de découvertes des productions et des créations locales pour que le tourisme contribue à renforcer les autres secteurs économiques. Visites des fermes, découverte des savoir-faire, valorisation de l’artisanat, des créations artistiques, culturelles, littéraires et scientifiques.
  • Soutenir les projets de développement qui prennent en compte la qualité de vie des habitants : préservation des espaces naturelles, développements d’offres hybrides (pour voyageurs et habitants), etc.
  • Soutenir les projets participatifs, collaboratifs et coopératifs qui impliquent le plus largement possibles les habitants et les personnes qui pratiquent les destinations visitées.
  • Favoriser la création d’offres ou l’évolution des opérateurs existants pour développer un tourisme hors des hautes saisons et un tourisme diffus sur les territoires visités.

5- Soutenir l’accès aux vacances pour tous et le tourisme comme outil de renforcement de l’identité européenne favorisant le vivre ensemble, la paix et la démocratie

  • Soutenir les programmes d’aides au départ, notamment pour les enfants et les jeunes à travers la réalisation de séjours.
  • Soutenir l’investissement chez les opérateurs du tourisme social en Europe afin d’améliorer durablement leurs infrastructures tout en préservant leur marge de manœuvre pour la réalisation de programmes sociaux.
  • Favoriser les programmes ainsi que les lieux d’échanges et de rencontres entres les citoyens européens.
  • Soutenir le développement d’activités culturelles, d’activités guidées, accompagnées et de la méditation culturelle pour faciliter la découverte des différentes cultures européennes.

Télécharger le PDF en anglais, français, allemand ou italien.

Premiers signataires :

  • Les oiseaux de passage (France),
  • Sardaigne en Liberté (Italie)
  • Centro Español de Turismo Responsable (Espagne)
  • Anderswo (Allemagne)
  • For Family Reisen (Allemagne)
  • Women Fair Travel (Allemagne)
  • ReNatour (Allemagne)
  • Familien Reiseblog „Planet Hibbel“ (Allemagne)
  • Ekitour (France)
  • Chemin solidaires (France)
  • Babel voyage (France)
  • Positive Puglia – Sustainable Travel (Italie)

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Pistes et propositions pour un tourisme durable et solidaire en Europe. | ©VOYAGEONS AUTREMENT
Par Prosper Wanner
Salarié doctorant de la SCIC Les oiseaux de passage
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