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Trouver le Nord

| 7 mars 2017 • Mis à jour le 07.03.2017 à 9h18
Thèmatique :  Livres   Monde 
         

Il était une fois un monde où le GPS et les satellites n’existaient pas, un monde où les navigateurs s’orientaient encore en suivant le soleil, la lune et les étoiles, avant de découvrir la boussole, le quadrant puis le sextant, voire le sonar des dauphins. Un magnifique ouvrage d’Olivier Le Carrer, journaliste et navigateur, invite à redécouvrir les techniques d’orientation traditionnelles. « Trouver le nord » et autres secrets d’orientation des voyageurs d’autrefois sonne alors comme un extraordinaire appel à prendre le large, en oubliant un temps les progrès de la technique, pour retrouver « l’intense émotion de voir la terre se dessiner à travers la brume après avoir passé une journée à estimer patiemment sa route, tous sens en éveil, sans connaître sa position exacte »…

Outre ses magnifiques cartes et illustrations, Trouver le Nord déroule tout au long de ses pages des propos savants et très instructifs sur les navigateurs d’autrefois en insistant sur combien de tout temps, l’exploration des mers et des océans fut un vrai défi pour les hommes n’ayant souvent pour seul repère que le ciel et les eaux. On apprend ainsi à suivre le soleil au fil des saisons, car l’art de l’orientation antique se pratiquait sans instrument : « Le travail du pilote ne consiste pas à se situer par rapport à un espace théorique tracé sur un support, quel qu’il soit – papyrus, tablette de pierre ou de bois, peau, parchemin, feuille de papier…- , mais à suivre des cheminements hérités de ses aînés et patiemment enrichis par sa propre expérience. » Les hommes ont aussi un nom pour chaque vent, Skiron, Boréas, Kaikas, Apeliotes, Euros… en fonction du sens dans lequel il souffle.

L’observation du Soleil, de la Lune et des étoiles fait partie alors de la culture commune. A chacun sa méthode. Si les Européens aiment à cartographier les étoiles, les Polynésiens préfèrent mémoriser leurs positions par des chants. Pour la lune, on connait tous ce petit stratagème bien pratique, lorsqu’elle croît, le croissant a la forme d’un p, lorsqu’elle décroît d’un d, ceci en imaginant bien sûr la barre de ces deux lettres que l’on ajoute au renflement. Contrairement aux Polynésiens, Marco Polo parle assez peu des étoiles, il leur préfère le temps, et l’observation des anciens. Parti de Venise avec ses compagnons en 1271, il voyagera trois ans pour atteindre la cour de Kubilaï Khan. Toutefois, il faudra attendre le 17e siècle et surtout le 18e avec le travail des Cassini, père et fils, pour trouver des cartes détaillées.

Les oiseaux marins nous en apprennent également beaucoup sur les territoires atteints, de magnifiques planches permettent également d’appréhender cette dimension exploratoire. A trois jours de son arrivée, Colomb décide d’infléchir sa route vers le sud-ouest en voyant un grand nombre d’oiseaux. Il note la présence de « petits oiseaux des champs » ainsi que des corneilles, des canards et un albatros…  Toutefois, l’ouvrage ne se contente pas de nous faire naviguer, il nous amène également sur terre et dans les airs, et l’on peut ainsi suivre comment les pionniers de l’Ouest américain se situaient dans l’immensité hostile des montagnes Rocheuses ou vivre avec Mermoz le survol des océans et déserts.

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Trouver le nord et autres secrets d’orientation des voyageurs d’autrefois, Olivier Le Carrer, delachaux et niestlé, Nov 2016. 32 €.

Trouver le nord

Carte Soleil&Lattitude@delachaux et niestlé

 

 


Trouver le Nord | ©VOYAGEONS AUTREMENT
Par Geneviève Clastres
Journaliste indépendante, auteur, spécialiste de la Chine, de l'Asie, sinologue. Publications sur le tourisme équitable. Livres documentaire jeunesse sur l'Asie. Reportages divers.
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