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Les internautes et leur perception du tourisme responsable – où en est-on en 2012 ?

| 5 septembre 2012 • Mis à jour le 06.09.2012 à 15h02
         

L’enquête menée par Voyageons-autrement et réalisée en ligne, notamment grâce au réseau social FaceBook a duré 5 semaines (entre juin et juillet 2012). Elle a été réalisée auprès d’un échantillon de 2212 individus dans le cadre d’une grande consultation lancée par Voyageons-autrement en partenariat avec la CECTD, la CITR, les Villages Clubs du Soleil, les hôtels au Naturel et la région Poitou-Charentes.

Il s’agissait de réfléchir, durant la période des vacances d’été, à la notion de tourisme responsable

 

6 questions autour du tourisme responsable

La consultation s’est construite autour de 6 questions. Les 3 premières traitaient de la définition du tourisme responsable et du voyage responsable. Les trois dernières en s’interrogeant sur les freins pour voyager responsable et sur le fait que les gens connaissent ou non les réseaux organisant de tels voyages, confrontaient théorie et pratique.

 

Définition et perception du tourisme responsable

La première question “ce qui s’apparente le plus au tourisme responsable pour vous aujourd’hui” montre bien que la définition d’un tel concept n’est pas figée. On note néanmoins l’émergence de trois pôles :

  • un sentiment de responsabilité vis-à-vis de l’environnement (64,78% des personnes consultées répondent l’écotourisme)
  • la volonté de repenser les relations vis-à-vis des populations locales (64,78% des personnes consultées répondent le “tourisme équitable”)
  • l’engagement personnel (35,26% des personnes consultées répondent le “tourisme volontaire”).


La deuxième question sur les “symboles du tourisme responsable” permet de voir comment ces aspirations se traduisent de manière concrète, notamment dans le choix des structures d’hébergement et des activités touristiques. Il s’agit de “repousser le modèle de consommation occidental”qui a tendance à tout uniformiser : il existe peu de différences entre un grand hôtel au Brésil et un grand hôtel au Maroc. Le tourisme responsable se construit en opposition au tourisme classique à travers les composantes environnementale, socioculturelle et économique. Concernant le choix de l’hébergement on peut noter que 27,7% des personnes consultées répondent l’hébergement chez l’habitant et que 19,8% répondent l’hébergement écologique. L’hébergement chez l’habitant permet à la fois de rentrer en contact avec les locaux, de découvrir leur culture mais aussi de stimuler directement l’économie du pays sans passer par de grandes compagnies internationales dont les hôtels s’insérent difficilement dans le paysage.

La place de l’hébergement écologique montre une responsabilisation par rapport à la consommation environnementale. Elle n’exclut pas les structures hôtelières où elle s’exprime notamment par l’utilisation de certains matériaux de construction, par la proscription de la climatisation ou encore par la réduction de la taille des piscines et l’exclusion des terrains de golfs. Le tourisme responsable s’éloigne aussi du tourisme classique à travers les activités choisies, il s’agit de rejeter un tourisme purement hédoniste. Les principales activités responsables mises en avant sont des activités n’ayant pas d’impact négatif sur l’environnement (randonnée et trekking : 35%), des activités tournées vers la population locale (11,8%) ou encore des activités d’aide au développement local (8,1%). Ces activités révèlent toutes une forme d’engagement, parfois associatif et humanitaire et s’opposent à une forme de passivité souvent attribuée au tourisme classique.

La question 3 traitant de la “priorité d’un voyage responsable” confirme les 3 pôles soulignés en question 1 : sentiment de responsabilité vis-à-vis de l’environnement, la volonté de repenser les relations vis-à-vis des populations locales, l’engagement personnel.

 

Les freins au tourisme responsable

Cependant, il existe différents freins à la pratique du tourisme responsable qui expliquent que peu des personnes consultées le pratiquent. Le marché du voyage responsable semble connaître différents problèmes. Les deux principaux freins mis en avant par les personnes interrogées sont  : un mauvais ajustement entre l’offre et la demande lié à un prix trop élevé (43,9%) et un manque d’informations (32,8%). A cela s’ajoute le manque d’offres (24,8%) qui ne permet pas toujours aux touristes  qui voudraient faire un voyage durable de s’orienter vers la destination de leur choix.

 

Tourisme responsable : quels réseaux ?

Comme le montrent les résultats des questions 5 et 6, assez peu des personnes interrogées connaissent les sites traitant du tourisme durable : seulement 29.97% connaissent Voyageons-autrement, pourtant un site de première importance en la matière et seulement 16.32% connaissent d’autres sites et citent Voyage pour la Planète, ATD ou encore Echoway. Pourtant, pour 38,97% (cf question 2) des personnes consultées, le label a une place privilégiée puisqu’il serait un des 2 symboles principaux du tourisme responsable (avec les hébergements). On observe donc une méconnaissance des réseaux du tourisme responsable et une mise en avant des labels dans la définition du Tourisme responsable. Cette apparente contradiction s’explique par le fait que la réflexion menée lors de cette consultation dépasse largement le noyau des habitués des voyages responsables.

 

Conclusion et bilan de la consultation

Face à ces différentes observations, on peut dire que le tourisme responsable se construit essentiellement à travers trois dimensions : une volonté de protéger l’environnement, le développement de nouvelles relations avec les populations locales et l’aide au développement des pays visités. Quelle que soit la dimension choisie, la notion d’engagement est très présente. Il s’agit alors de réfléchir à la manière dont le marché du tourisme durable peut répondre aux aspirations des touristes tout en respectant certaines contraintes, notamment budgétaires et cela nécessite une approche plus fine de certaines caractéristiques sociales : âge, genre, milieu social, situation familiale.

Ont également participé à l’enquête :
- Mélanie Gentile, analyse des résultats
- Sébastien Repeto, infographie (etourisme vert)

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Par Claire Jin

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