#TourismeDurable
La feuille de chou du tourisme durable

Pistes abordées pour aider la zone sahélienne

| 23 novembre 2011 • Mis à jour le 24.11.2011 à 8h48
         

Lors de l’opération “Destinations Solidaires” organisée par l’ATES le 17 novembre, tables rondes et ateliers ont permis de faire émerger des pistes pour aider la zone sahélienne désertée par les touristes depuis le classement en zone rouge par le MAE. Petit jeu de pistes …

En guide d’introduction

Hamedy Diarra (Haut Conseil des Maliens de France) : La non-signature des accords de réadmission a été un facteur bloquant (rapatriement des migrants illégaux). L’Etat français n’accepte pas qu’un pays pauvre comme le Mali lui résiste. Aujourd’hui, les voyagistes doivent continuer pour permettre aux jeunes de voyager. Il faut faire avec la zone rouge. Le développement d’un pays ne soit pas dépendre des humeurs d’un autre pays.

De la bonne utilisation de l’argent des ONG :

Aminata Traoré : « Souvent, les ONG disposent de montants financiers importants et cet argent provoque des foires d’empoigne. Cela explique aussi en partie la colère des gens du Nord, qui ont le sentiment que l’Etat central et le sud du pays bénéficient de financements qui ne leurs parviennent pas. Ou va l’argent du développement ? Pour construire des casernes ? Tout ce qu’on nous donne part en infrastructures. Or on pense toujours à l’argent de la construction, on oublie l’humain, ceux qui ont faim.

De la bonne utilisation de l’argent des Maliens :

Aminata Traoré : « Il y a des gens qui ont de l’argent au Mali. Ils doivent s’impliquer, et réinjecter de l’argent dans le secteur touristique. Le problème, c’est qu’on est nous même complètement absent du secteur touristique.

Jean-Marc Mignon (Organisation Internationale du Tourisme Social) : Les Maliens eux aussi voudraient voyager dans leur propre pays, prendre des vacances. Le tourisme intérieur est un élément stabilisateur de l’activité touristique. Il faut travailler au développement du tourisme intérieur.

Hamedy Diarra (Vice-président du Haut Conseil des Maliens en France) : Certes, les Maliens font du tourisme mais aujourd’hui, le contexte dépasse les Maliens. La zone rouge nous bloque complètement. On organise des colonies de vacances mais quand la zone est rouge, que fait-on ?

Ali Soumare (Conseiller Régional d’Ile de France) : De nombreux franco-maliens sont prêts à s’investir économiquement. Il existe tout un potentiel d’acteurs économiques, des festivals à venir, des projets. La zone rouge nous bloque.

Repenser la place des migrants en France.

Restitution Atelier 1 par Stéphane Buljat (Bastina) : En France, les migrants ont aussi un rôle à jouer, un rôle qu’ils ont déjà grandement joué par le passé. Des projets de développement existent à présent dans la région de Kayes. Il faut arriver à créer du lien social.En outre, le patrimoine malien de France est aussi à valoriser. Le tourisme commence en bas de chez soi.

Ecouter la sagesse des anciens

Dama Diawarra : Je suis arrivé en France avec la vague de migrants des années 57, 58 et 59. Et je me demande, quelle est la différence entre un Français qui travaille au Mali et un touriste qui va au Mali ? Les deux sont blancs. En tant qu’ancien, j’interpelle les jeunes Maliens : il faut nous écouter, il faut faire une synthèse. Le 13 décembre aura lieu le 1er vol inaugural pour Kaye. Nous sommes tous de Kayes. 80 % des Maliens. Et on ne va pas aller au Mali car c’est en zone rouge ? Moi je connais la France, mais mon pays c’est le Mali. Nous, nos touristes, ce sont nos enfants qui sont nés ici. De toute façon, là bas, je suis le « parisien ». Nous sommes étrangers partout.

L’importance de la formation

Mr.Traoré de Terre Jaune Mali : Il faut promouvoir une autre forme de tourisme. Aujourd’hui, les Maliens font des colonies en Europe, aux USA. Il existe un vrai problème de vide dans notre secteur, un problème de formation. Nous voulons former des jeunes et susciter des vocations dans ce milieu. Nous mettons en place un réseau avec de plus en plus de jeunes motivés, il existe aussi beaucoup d’initiatives maliennes.

Aminata Traoré : « Le tourisme peut marcher. Les jeunes y croient. Nous devrions pouvoir gérer cette situation. Il y a des choses à faire. Il faut que le tourisme sud/sud se développe.

Atelier "Aider le Sahel avec Benoit Sebaut (ATES)
Atelier “Aider le Sahel” avec Benoit Sebaut (ATES) @Sara Ciet (ATES)

Utiliser les outils existants :

Julien Buot (ATES) : A l’ATES on organise des rencontres professionnelles.  En 2008, le Mali a accueilli le FITS. Il y a eut des échanges, de vrais espoirs. Il existe des outils de promotion sur le tourisme solidaire au Mali, comme un film documentaire de 28 minutes intitulé Jigiyasira ou encore le reportage réalisé par Manuel Miroglio sur la Caravane Solidaire en Afrique de l’Ouest.

Actions de solidarité :

Bernard Savariau (Vision du Monde: Nous avons mis en place un fond de solidarité. Actuellement, en micro-crédit, nous aidons trois guides maliens à monter des activités génératrices de revenus (maraichage, élevage, taxi).

Route des Sens : Chaque année, nous consacrons 20 000 € à des projets de développement. L’idée pour le Sahel, faire un « fond de solidarité » pour idée ces pays en difficulté, pour améliorer les conditions de vie de ces populations. Une forme de réponse ponctuelle.

Fédérer les acteurs :

Elisabeth de Joussineau (Voyage en Solidaire & Explorator) : Que ce soit les associations de voyage ou les T.O, chacun fait des choses, mais les T.O ont aussi un rôle à jouer. En tant qu’association locale, j’ai contacté plusieurs associations pour proposer un campement. L’important : passer par les réseaux locaux qui existent déjà pour que les bénéfices reviennent aux populations locales ».

Regarder vers la région de Kayes

Beaucoup de regards sont à présent tournés vers la région de Kayes (Mali) où Point Afrique et Air Méditerranée prévoit d’inaugurer un vol direct au départ de Paris le 13 décembre de cette année. Pour les migrants, les projets de coopération mais aussi peut être pour quelques organisations de voyage, Kayes peut être le nouveau symbole fort montrant que de nouvelles collaborations sont toujours possible au Sahel. En outre, la route Bamako-Kayes est également achevée depuis 3/4 ans. Si cette zone du Mali arrive à sortir de la zone rouge, beaucoup de projets latents pourraient voir le jour.

Faire des concessions :

Tous les voyageurs ne sont pas prêts à aller passer la nuit chez l’habitant malgré la chaleur de l’accueil. Certains ont besoin d’un minimum de confort. Cela implique de réfléchir à des alternatives pour accueillir différents types de clientèle en faisant toujours en sorte que l’argent des touristes restent sur place. Mais aussi, le tourisme solidaire n’ayant pas assez de poids économique, encourager la multiplication des petites structures. Ensemble, on sera plus fort.

Un rôle de plaidoyer :

Julien Buot (ATES) : Pourquoi certaines territoires de Casamance ou de Colombie sont en zone verte ? Il existe donc des solutions pour affiner l’évaluation du risque. N’aurions nous pas à l’ATES une mission de plaidoyer à jouer ? En s’appuyant sur l’expérience de l’industrie touristique, qui réussi semble-til à faire valoir ses intérêts…

Dilemme

Jean-luc Gantheil :

Table ronde Sahel 2011

Journée Sahel au Petit Bain. ATES 2011 @Sara Ciet (ATES)

Aujourd’hui, le drame du Sahel c’est qu’il n’y a plus de touristes. Il faut trouver le juste milieu entre vouloir y aller et pouvoir y aller. Que les gens puissent venir un peu malgré tout. Que sur place ils n’aient pas le sentiment d’être abandonné.

Et ensuite ? Se pose aussi la question de l’après. Le problème des limites du tourisme comme outil de développement. La question du Sahel a donc posé les jalons pour des débats de fond, des débats toujours aussi difficile à trancher. La réponse est peut être aussi dans la question. Outil de développement ou réponse solidaire.Beaucoup pensent aujourd’hui que le terme “développement” n’est pas approprié mais qu’un tourisme solidaire reste encore et toujours fondamental pour inscrire dans la durée les relations, les liens d’amitiés avec les populations rencontrées.


Pistes abordées pour aider la zone sahélienne | ©VOYAGEONS AUTREMENT
Par Geneviève Clastres
Journaliste indépendante, auteur, spécialiste de la Chine, de l'Asie, sinologue. Publications sur le tourisme équitable. Livres documentaire jeunesse sur l'Asie. Reportages divers.
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