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Partir en colonie de vacances avec l’UNAT !

| 14 décembre 2015 • Mis à jour le 14.12.2015 à 9h24
Thèmatique :  Acteur associatif 
         

Suite au colloque du 20 novembre organisé par l’Union Nationale des Associations de Tourisme et de plein air (UNAT) qui a réuni plus de 200 acteurs du secteurs des vacances enfants et adolescents sur le thème “Les colos, un enjeu pour la jeunesse », nous avons eu envie d’en savoir un peu plus en rencontrant Patrick Drouet…

VA/ Pouvez vous vous présenter ?

UNAT colloque colo

Patrick Drouet, administrateur national de l’UNAT

Je suis directeur général de l’association ALUDEO, organisateur de colonies de vacances pour des comités d’entreprise et des collectivités territoriales. Nous organisons des séjours à toutes les vacances scolaires pour 10 000 enfants et ados de 4 à 17 ans en France et à l’étranger. Je suis également administrateur national de l’Unat, et le référent politique du secteur vacances enfants/ados. Je suis enfin le vice-président de l’Ovlej, le seul institut en France à faire des études et recherches sur les vacances des mineurs.

VA/ Quel type de public fréquente aujourd’hui les colonies de vacances de l’UNAT?

Tous les publics. L’Unat est un réseau qui représente 90 % des organisateurs, de la petite association locale aux associations plus importantes voire très importantes. Les familles s’inscrivent individuellement ou via leurs mairies, leurs comités d’entreprise, ou leurs CAF. Des familles les plus pauvres ou cadres supérieurs, les adhérents de l’Unat accueillent toute la population française dans sa diversité, et donc sa richesse.

VA/ Le 20  novembre, l’UNAT a organisé un colloque intitulé « Les colos, un enjeu pour la jeunesse », quels en ont été les grands enseignements ?

Depuis quelques années, le ministère de la Jeunesse et des Sports s’implique fortement dans le soutien au secteur des colonies, mais il faut aussi de tels événements pour faire connaitre ou reconnaître leur action. Un tel colloque permet également de sensibiliser des financeurs comme la CNAF, la MSA, l’ANCV, pour qu’ils incluent dans leur politique jeunesse la question des vacances collectives. Et ce qui ressort des premières évaluations du colloque, c’est l’acceptation d’un changement de paradigme, oui le secteur est en profonde mutation, oui il faut envisager nos séjours différemment, oui la mutualisation entre les acteurs est inéluctable pour maîtriser voire baisser les coûts qui restent un frein important.

Les colonies ont la cote

Colloque du 20 novembre sur les colonies de vacances@UNAT

VA/ Notez-vous une évolution de la fréquentation ces dernières années ou les chiffres restent-ils constants ?

Selon les enquêtes de l’Ovlej, la fréquentation avait tendance à stagner ou à être en légère baisse ces dernières années, mais 2015 sera une année de baisse principalement due au désengagement de très nombreuses collectivités territoriales. Elles justifient cela par la baisse de la dotation de l’état et les surcoûts liés à la réforme des rythmes scolaires.

VA/ Les comités d’entreprises et les collectivités territoriales jouent-elles toujours leur rôle de prescripteur dans la promotion et le développement des colonies ?

Comme mentionné dans le panorama remis aux participants et téléchargeable sur le site de l’UNAT,  65 % des parents ont un cofinancement via des CE, des CAF, ou des mairies. Ils sont incontournables et indispensables.

VA/ Quelles sont les valeurs importantes portées par l’UNAT et présentes au cœur des colonies de vacances qu’elle organise ?

Les adhérents de l’UNAT ont comme tous les organisateurs une ambition éducative et un impératif économique, il leur faut donc mettre en œuvre des séjours de qualité sans perdre d’argent. Mais la spécificité de nos adhérents c’est l’ambition sociale, ils ont un projet qui permet à tous les enfants de partir y compris les populations les plus éloignées des vacances (familles paupérisés, enfants ayant un handicap, enfants résidant en foyers, etc.). Nos séjours caractérisent de manière forte la réussite du vivre-ensemble en France, car en dehors de quelques exemples marginaux, faire partir en vacances des enfants d’une ville à forte population ouvrière et des enfants d’un comité d’entreprise composés principalement de cadres ingénieurs fonctionne très bien. Les enfants et les ados en colos ont du plaisir à jouer ensemble, à devenir copains. C’est probablement un des derniers espaces de mixité sociale et il faut le maintenir, voire l’amplifier si nous pensons que c’est une démarche citoyenne et républicaine de vivre des expériences qui favorisent l’altérité.

Colloque du 20 novembre

Jacques Durand (JPA), Michelle Demessine (UNAT), Patrick Kanner (ministre de la jeunesse et des sports), Yvon Breton (AG2R), Patrick Drouet (UNAT / Aludéo),

VA/ Que dire aux jeunes, aujourd’hui, pour leur donner envie d’une colonie de vacances quand cela peut sembler un peu dépassé ?

Cette question, les jeunes ne se la posent pas, toutes les enquêtes le prouvent, seuls les adultes ont une vision passéiste des colos, les enfants et les ados sont prescripteurs entre eux, et la colo si elle n’est plus un usage courant au sens sociologique du terme,  elle reste un objet de désir pour peu que l’organisateur sache proposer la forme qui convient. Et cela est tout aussi vrai pour un camp sous tentes à la découverte des étoiles que pour partir visiter le Canada. Ce n’est pas le séjour le plus cher le meilleur. Il faut d’abord susciter l’envie, puis trouver le financement.

VA/ En 2015, les colonies de vacances restent-elles accessible à tous les publics et quels sont les voies d’accès pour les populations les plus défavorisées ?

Il y a des colos pour tous les goûts et pour tous les tarifs. Nous savons que les enfants partis en mini camps partent plus facilement ensuite en colos, il y a donc des passerelles ou des étapes notamment pour les populations les plus éloignées des vacances, et pour lesquelles s’ajoute un frein culturel. Ne pas avoir l’habitude de partir en vacances, ou se demander ce qui se passe dans ses colos, qui sont les encadrants, nécessitent la présence de médiateur, on ne le met pas suffisamment en avant mais les assistantes sociales ont un rôle crucial, de même que les salariés de services jeunesse/enfance des communes ou des comités d’entreprise. Toutes ces personnes savent trouver les mots pour réassurer, pour dédramatiser et aussi pour susciter l’envie. C’est important de rappeler tout ce que nous apporte le lien social dans une société qui prône la dématérialisation pour aller plus vite et faire des économies. On ne fera pas partir en colos des enfants dont les parents sont culturellement ou financièrement très éloignés de cet usage sans ces médiateurs.

VA/ Très concrètement, une famille intéressée par une colonie abordable pour ses enfants, où trouve-t-elle des idées de séjour, des programmes, des dates ?

L’UNAT a mis en ligne un site qui propose toutes sortes de colos : vacances-enfants-ados.com

VA/ Un élément à ajouter ?

 90 % des personnes partis en colos en gardent un souvenir positif, continuons à soutenir le départ en vacances de tous les enfants et permettons leurs d’expérimenter et de grandir dans  un cadre sécurisé.

Les colonies créent du lien

Colloque du 20 novembre@UNAT


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Par Geneviève Clastres
Journaliste indépendante, auteur, spécialiste de la Chine, de l'Asie, sinologue. Publications sur le tourisme équitable. Livres documentaire jeunesse sur l'Asie. Reportages divers.
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