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Aventure Écotourisme Québec

Paroles d’acteurs

| 3 juin 2016 • Mis à jour le 03.06.2016 à 15h35
Thèmatique :  Acteur associatif   Portrait   Projet solidaire 
         

Le village Club Cap’Vacances de La Grande Motte accueillait du 18 au 20 mai 2016 les 9èmes Rendez-Vous de l’UNAT. L’occasion de mettre le tourisme social et solidaire en avant, comme une promesse d’avenir ! Au fil des cafés débat, tables-rondes et autres ateliers de travail, nous avons croisé des acteurs engagés et passionnants de ce tourisme militant, nous leur donnons ici la parole.

Jean-Claude TUFFERI – Coordinateur de l’ANCAV-TT revient sur les chiffres très différents entendus concernant le public qui ne part pas en vacances : 40% pour certains 53% pour d’autres !
Jean-Claude TUFFERI / Pour rappel jusqu’en 2005, l’INSEE éditait chaque année une étude sur la situation de nos concitoyens face à la problématique du départ en vacances. Le constat était une dégradation régulière du nombre de français et françaises pouvant partir en vacances, ce qui a amené le gouvernement de l’époque à supprimer cette étude annuelle. Le chiffre de plus de 50% date de cette période et pour nous, au regard du vécu des salariés et leurs familles, il n’a pu que se dégrader.
Aujourd’hui, aucun outil statistique ou enquête ne peut traduire la réalité, c’est pourquoi nous demandons le rétablissement de l’étude INSEE. A ce jour, nous n’avons toujours pas été entendus et cela est fort dommageable car personne ne peut se prévaloir de détenir la vérité sur cette question.
Pour notre part, nous restons attachés au chiffre de 50% jusqu’à ce qu’une analyse sérieuse, indépendante et incontestable nous démontre le contraire. Pour l’instant, tel n’est pas le cas car quel que soit l’organisme qui avance des pourcentages, il ne sont jamais les mêmes de l’un à l’autre.
J’espère avoir répondu à votre interrogation même si celle-ci n’est pas totalement satisfaisante, c’est bien le gouvernement et le ministère du tourisme qui en portent l’entière responsabilité partant du principe de 2005, qu’en cassant le thermomètre, on fait baisser la fièvre.

Emilie Cassar, responsable d’Arvel Voyages revient sur l’atelier ‘Collaboratif, participatif, circulaire, etc. Imaginatif le TSS ?’
Emilie Cassar / L’atelier sur le thème de l’économie collaborative était particulièrement intéressant et d’actualité. Il est urgent pour nos structures associatives d’intégrer les outils d’un mode de fonctionnement dont certains principes font écho au sein de notre secteur. Attention tout n’est pas rose dans ce nouveau paradigme mais prenons le meilleur. Par essence, les associations du tourisme social et solidaire sont construites dans leur projet autour du faire ensemble, du partage d’expériences, de la rencontre.
Aurélie Duthoit, consultante en économie collaborative, co-fondatrice de babyloan, auteure du livre «Petit manuel d’économie collaborative à l’usage des entreprises » s’est appliquée à définir les concepts, à montrer la force de ce mouvement sociétal de fond qui est en train de modifier nos habitudes dans tous les domaines : éducation, production, citoyenneté, financement, culture, consommation, et à questionner nos potentiels. D’ailleurs, nous ne sommes plus consommateurs dit-elle, ni même consom’acteurs mais nous devenons des prosommateurs « des producteurs et des consommateurs ». Voilà déjà une belle problématique, comment intégrer davantage nos adhérents dans nos process de production de voyages, comment mieux faire vivre nos communautés de voyageurs ou de vacanciers autour de leurs expériences de vie avec nous, comment mieux valoriser et faire vivre l’authenticité de nos contenus qui tendent à créer du lien. Un atelier presque trop court mais qui a déjà pu mettre en avant le potentiel de développement de nos associations autour d’une nouvelle aventure collective à l’ère du numérique.

Sylvain Crapez, délégué général de l’UNAT Nationale sur nos questions concernant la communication de l’UNAT et de ses membres
VA / Lors des rencontres, sur la question cruciale de la communication, les intervenants l’ont la plupart du temps assimilés à la mise en avant des produits (commercialisation). De notre point de vue, la communication ne doit pas uniquement s’enfermer dans l’économique; elle doit également intégrer les composantes éducatives : culturelles et idéologiques. Pouvez vous nous donner votre vision du rôle de la communication pour les membres de l’UNAT et pour l’UNAT elle-même ?
Sylvain Crapez / En effet, la question de la communication des acteurs du Tourisme Social et Solidaire ne doit pas se limiter à une « classique » démarche commerciale même si la promotion du produit peut et doit aussi s’appuyer sur les approches et les pratiques à l’oeuvre de l’opérateur.
Bien entendu et ce point est souvent ressorti lors de nos rendez-vous, la question des valeurs portées est essentielle et elle fonde notre singularité à travers les différents secteurs du réseau : les villages vacances, les auberges de jeunesse et centres internationaux de séjour, les centres de vacances pur les enfants et adolescents et les voyagistes.
Car s’ils nous faut sans cesse “faire la preuve » de notre professionnalisme dans un marché touristique ultra concurrentiel, il est impératif de faire valoir notre manière d’entreprendre car l’emploi n’est pas chez nous une variable d’ajustement, notre ancrage dans l’ESS car les excédents réalisés sont réinvestis dans l’objet social de nos structures, notre ancrage territorial car nous prônons un tourisme réparti équitablement sur tous les territoires et respectueux de ses riches et soucieux de la préservation de ses ressources environnementales.
C’est enfin, un tourisme de l’ouverture aux autres et de la découverte par ses pratiques culturelles, sportives, éducatives et , à ce sujet, la place de l’animation, le rôle des circuits courts.. ont été soulignés lors de nos rencontres.
Vous le voyez donc, nous ne manquons pas d’actions à faire valoir et notre singularité rime aussi avec diversité des publics accueillis car l’UNAT milite pour l’accès aux vacances pour tous et tout au long de la vie.

Laurent Arcuset, universitaire et directeur de la Licence Pro Tourisme et économie solidaire d’Avignon revient sur l’atelier traitant du “Bien manger, les nouvelles approches alimentaires, les circuits courts : pour une démarche écoresponsable”
Laurent Arcuset / Cet atelier co-animé par Patrice Cochet, directeur général de Cap France et Charlotte Bouland, déléguée régionale de l’UNAT Centre Val de Loire, a démontré qu’il est possible de proposer une restauration durable dans les villages de vacances. Cap France a lancé une expérimentation au sein de 10 villages volontaires consistant à rédiger un cahier des charges ambitieux (respect de la saisonnalité des produits, utilisation de 80% de produits frais locaux, diminution des quantités de protéines animales, traçabilité des produits…), former les équipes, visiter les villages pour appréhender le contexte, analyser les cycles et les contenus des menus… Les résultats de la démarche, déployée l’été dernier, sont très encourageants. L’analyse des ratios économiques démontre que la démarche n’engendre pas de surcoût ; dans certains villages des économies ont même été enregistrées. Par ailleurs, l’enquête clientèle fait ressortir un fort taux de satisfaction. Une grande majorité des clients déclarent que la restauration durable constituera un élément important dans le choix futur de leur hébergement et favorisera la fidélisation. Si la démarche globale peut être généralisée, elle ne peut être couronnée de succès que si les équipes de chaque village se mobilisent (en premier lieu la direction et les cuisiniers) pour trouver des solutions adaptées et souvent innovantes afin de tenir compte du contexte local.

Damien Duval, chargé de mission ingénierie à l’UNAT et en charge du secteur villages de vacances revient sur les 2 jours de rencontre
Damien Duval /
Les ateliers prospectifs proposés le vendredi qui ont mis en lumière une filière dynamique qui a pris conscience des enjeux à moyen et long terme notamment sur des questions stratégiques comme la prévention sport santé, les nouvelles approches alimentaires ou le collaboratif. Au-delà de ces temps d’échanges, ces 9e Rendez-Vous de l’UNAT ont, selon moi, été l’occasion de positionner le secteur comme une filière économique performante, pleinement intégrée dans le tourisme marchand tout en revendiquant son appartenance à l’Economie Sociale et Solidaire.


Paroles d’acteurs | ©VOYAGEONS AUTREMENT
Par Romain Vallon

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