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Le retour du loup : ce que l’on ne nous dit pas…

| 28 octobre 2017 • Mis à jour le 30.10.2017 à 10h26
Thèmatique :  Acteur associatif   Espaces protégés   Territoire 
         

Le loup a totalement disparu de France entre 1920 et 1940, victime d’empoisonnement à la strychnine et du manque de gibier, dans un pays où la pression agricole laissait de moins en moins de place à la vie sauvage. Contrairement à ce que certaines personnes de mauvaise foi laissent entendre, voire affirment, le loup est revenu en France de manière naturelle ; justement parce qu’avec l’abandon de nombreuses terres agricoles, et la création de Parcs nationaux, la faune sauvage a pu réapparaître. À l’image des grands prédateurs africains qui suivent les migrations des gnous, le loup, inexorablement s’est réinstallé dans nos forêts, lui-aussi, et cela est logique selon les règles que la nature a élaborées !

Etude des loups en Allemagne (Theo Gruentjens)

C’est le 4 novembre 1992 que des agents du Parc National du Mercantour découvrirent sa présence lors d’un comptage de chamois. Il s’agissait du Canis lupus italicus, le loup italien. Pour ma part, c’est en 2001 que je pus observer pour la première fois des traces de loups dans la neige, et trouver un cadavre de chevreuil, à quelques encablures de la frontière italienne… La meute que je venais de surprendre avait emporté la partie haute de la bête. Logique puisque le loup mange en premier le cœur et les poumons de ses proies. Il ne s’agissait donc pas de chiens errants… Pendant quatre ans, je n’ai rien dit, et tout est resté paisible alentour… Et puis, cela s’est su dans ma région, et à partir de ce moment-là, les polémiques et problèmes se sont petit à petit développés.

Apprendre à connaître le loup

Dans les années 1990, quand je terminais mes saisons de ski, je passais tous les ans visiter le Parc des loups du Gévaudan à Sainte Lucie en Lozère. Fondé et tenu à l’époque par Gérard Menatory (décédé en 1998), ancien résistant, journaliste et naturaliste, ce lieu permettait d’approcher les loups, mais surtout, grâce à lui, de comprendre leur comportement, leur vie sociale, leur mode d’organisation, et les rapports dominant / dominé qui le caractérisent. C’est ainsi que je pris un jour une photo au 50mm allongé dans l’herbe, à un mètre cinquante d’un loup craintif et intrigué. Depuis ce jour, je respecte le loup, comme l’ensemble des composantes de la biodiversité.

Loup du parc Alpha – Saint Martin de Vésubie

Des observations de terrain qui dérangent…
Je ne suis pas un bobo des villes (l’habituelle cible des détracteurs du loup), mais un accompagnateur en montagne, qui vit sur le terrain, 365 jours par an, qu’il pleuve qu’il neige, ou qu’il vente ! Les éleveurs ne possèdent pas l’exclusivité en ce domaine… Qu’on ne se méprenne pas, : Je respecte aussi la plupart d’entre eux, ceux qui, par leur travail dans les Alpes, en maintenant des troupeaux en altitude, aident à la préservation de la biodiversité (40% est en train de disparaître sous l’effet principal du réchauffement climatique qui met des arbres, donc de l’ombre, là où il y avait la pelouse alpine, composée de plantes rares). Ceux-là fabriquent de bons fromages issus de notre terroir, sans pesticides, ni OGM, grâce à des AOC.

En revanche, que dire de ce que j’ai pu observer sur le terrain à de nombreuses reprises ? Des brebis, souvent une quinzaine, laissées seules à plus de 2 300 mètres d’altitude, voire plus, errant sous un col frontalier… Plusieurs fois, j’ai détourné mon chemin pour éviter une rencontre impromptue avec un Patou. Mais de chien, comme de berger, il n’y en avait pas… Cet été, en pleine polémique sur la présence du loup dans la région, suite à plusieurs attaques, j’ai même croisé un troupeau entier, composé d’une cinquantaine de bêtes disséminées, seules à cinq cent mètres de la frontière italienne (On estime à 1 000 le nombre de loups dans ce pays pour un peu plus de 300 en France et au Portugal – 2 000 en Espagne…). À quelques mètres de brebis paissant tranquillement, une crotte de loup trônait sur un rocher…

À partir de ces observations, il est possible de conclure – soit que certains bergers continuent à appliquer des méthodes d’élevage non adaptées au milieu naturel environnant – soit que ces agissements révèlent une volonté délibérée de créer le problème avec le loup. À quelle fin me direz-vous ? Et bien tout cela pourrait bien être de nature idéologique et politique. Et il semble que la pression exercée par ces mêmes éleveurs sur les pouvoirs publics pour obtenir un plan d’abattage des loups fonctionne…

Des solutions qui n’en sont pas !

Un nouvel arrêté interministériel a été pris et autorise le tir de 40 loups du 1er juillet 2017 au 30 juin 2018. À ce jour, déjà 25 loups ont été abattus. Huit dans les Alpes Maritimes (06), Sept dans les Hautes-Alpes (05), six en Savoie (73) et quatre dans le Var (83). Cent-onze ! C’est le nombre de loups officiellement abattus par la France depuis leur retour naturel en 1992, soit un tiers de leur nombre estimé en 2017. Comment est-ce possible, alors que l’espèce est classée protégée en France et en Europe ?
Notre pays est en infraction avec les textes européens qu’elle a signés. Ces textes permettent des tirs exceptionnellement, en cas de prédation sur le « bétail », « lorsque tous les autres moyens ont été tentés pour l’éviter ». Et l’État a même pris en charge l’abattage des loups avec la création de brigades de louveterie sous l’égide de l’Office National de la Chasse et de la Faune Sauvage (ONCFS). Malheureusement, cette politique a pour unique vocation de contenter et tenter de calmer les éleveurs, les lobbies agricoles et ceux de chasseurs. Ce que les décideurs ne mesurent pas c’est la montée des protestations issues de la société civile, largement favorable à la présence du loup en France. Une pétition regroupant trente personnalités circule.

De plus, en aucun cas, le fait de tuer des loups ne règlera le problème… Voire même cela risque bien de le développer ! Pourquoi le choix de tuer des loups ne règlera pas le problème ? Une meute de loups en France est généralement constituée d’un couple dominant, accompagné de jeunes de l’année d’avant et des louveteaux nés entre avril et mai (elle est composée en moyenne de 5 à six individus). Elle est donc dirigée principalement par le mâle dominant (alpha), notamment lors des déplacements du groupe et pour organiser la chasse.
Si vous le tuez, eh bien vous désorganisez la meute. Et une meute désorganisée cherchera des proies faciles car elle ne dispose plus de la possibilité d’appliquer des stratégies élaborées en commun…

Tuer des loups n’a donc aucun sens. Il faudrait les éradiquer totalement pour régler le problème de la cohabitation avec l’homme et c’est bien ce qui fut fait par le passé… Depuis n’a -t-on donc rien appris ? Par ailleurs, le loup, comme la plupart des prédateurs et charognards se trouvant en bout de chaîne alimentaire, a la capacité d’autoréguler les naissances. S’il a de quoi se nourrir, il fait plus de petits (l’inverse est vrai aussi). Les prélèvements effectués actuellement pourraient bien ne pas compenser une natalité accrue du fait d’un gibier plus abondant, voire surabondant dans le cas du sanglier !

Pourtant des solutions, il en existe !

Voici une anecdote qui en dit long sur l’éloignement de la politique française actuelle avec les véritables actions de terrain qu’il conviendrait d’envisager et mettre en œuvre :
Le maintien des meutes de loup dans un espace sauvage
Dans les années 2 000 j’accompagnais plusieurs voyages en Calabre, terre d’élevage par excellence, aux rares ressources annexes (bois et conserveries). J’avais pris l’habitude de proposer à mes clients une sieste sous un arbre, posté au beau milieu d’une immense prairie située au cœur d’un Parc national. Lors d’un circuit, je trouve cette prairie totalement labourée de manière mécanique et me demande quelles sont les raisons qui ont pu prévaloir à ces travaux. La réponse m’est donnée quelques mois plus tard. À l’entrée de la prairie se trouve un panneau indiquant : « Ici, nous régénérons la prairie de manière à fournir une alimentation abondante à la population locale de cervidés. Ceci, dans le but de garantir au loup une nourriture suffisante et abondante… ». Le tout à quelques centaines de mètres de fermes vivant de l’élevage… L’une des principales solutions, jamais évoquée en France, est donc de faire en sorte que le loup demeure dans des zones où la faune sauvage est abondante et qu’il puisse y jouer pleinement son rôle de prédateur…

Cet hiver, j’ai suivi chaque semaine, durant quatre mois les traces de loups dans la neige. Ces observations m’ont conduit à comprendre les méthodes de chasse des loups présents dans la forêt où je me trouvais. Leur proie quasi-exclusive est le sanglier, qui envahit littéralement nos campagnes, notamment dans des régions comme la Savoie où il est peu chassé (les chasseurs locaux, le plus souvent seuls, recherchent avant tout le chamois, le cerf, et le chevreuil). Des loups se postent à l’affût des axes de passage habituels des sangliers, les pourchassent vers le bas de la pente où d’autres les attendent… Imparable ! Ce faisant, ils deviennent un allié des éleveurs bovins qui voient leurs prairies d’altitude être de plus en plus fréquemment labourées et endommagées par lesdits sangliers en surnombre…

Organisés de la sorte, avec une nourriture abondante et facile à chasser, les loups n’ont aucune raison de sortir de leur territoire… Et donc de s’attaquer à des troupeaux ! C’est à l’exact emplacement où j’ai rencontré les loups pour la première fois en 2001 que je suivais les traces de leurs descendants cet hiver… Mais voilà, l’ONF débarque un jour, en toute méconnaissance de ce qui se passe dans cette forêt, et entreprend un abattage important… (Avant que les communes des stations de ski de Vanoise décident de quitter l’aire d’adhésion du Parc National éponyme, la faune de ces espaces était en partie gérée par des Gardes de cette entité…). La meute de loups est dérangée et se retrouve désorientée, à découvert, là où des proies peu ou mal gardées paissent dans les prés. Imaginez : Vous vous rendez au supermarché pour acheter de la viande, et devant le magasin, se trouvent des poulets entassés sur un rayonnage ! Vous entrez ?

La protection des troupeaux

Un film diffusé sur France 2 au moment des fêtes de Noël 2016 montrait la scène suivante : Un loup s’approche d’un troupeau gardé par un Patou. Le chien met le loup en fuite et le poursuit. Peu de temps après, deux loups reviennent… Cette fois, c’est le Patou qui s’éloigne ! Oui, les canidés fonctionnent sur le modèle dominant/dominé ! Il serait temps de s’en apercevoir ! Il suffit donc de protéger les troupeaux avec plusieurs chiens, pas nécessairement ces monstres venus d’Anatolie (les Kangal) que l’on commence à introduire dans nos montagnes. Maintenant, ce sont les randonneurs et les accompagnateurs en montagne qui se retrouvent bien malgré eux au cœur d’un problème qui ne les concerne pas, et doivent gérer l’augmentation du nombre de chiens potentiellement dangereux aux abords des chemins !

Le ”berger des Abruzzes”, ce chien qui traditionnellement gardait les troupeaux de brebis lors de la transhumance, était équipé de lourds colliers de pointes en métal afin de défendre le troupeau contre les loups. Mais cette époque est révolue!

Obligés de changer d’itinéraires, d’effectuer de longs détours, voire de rebrousser chemin, ils se trouvent pris en otage par une minorité qui s’est octroyé le monopole des espaces naturels. Plusieurs de mes collègues refusent dorénavant d’encadrer des sorties sur certains itinéraires…
Les accompagnateurs en montagne sont environ 3500 à exercer leur métier en France, et participent largement à développer une économie locale et estivale, souvent en partenariat avec de nombreux éleveurs du cru, comme à Peisey-Nancroix, où, fils d’agriculteurs, pour la plupart, ils encadrent jusqu’à 28 000 sorties par été !

Sortir des oppositions stériles

Il devient urgent de sortir du schéma pro/anti loups dépassé, et dans lequel les écologistes d’un côté et les éleveurs de l’autre, sont, au même titre que le loup l’est aujourd’hui, l’ennemi à abattre ! Les autres : Randonneurs, professionnels de la montagne, deviennent les otages de ces oppositions stériles.
Jean-Michel Bertrand, réalisateur, auteur du film La Vallée des loups, lors de sa soirée de présentation à la Rosière durant l’hiver dernier, ne disait rien d’autre, et racontait que sur son territoire, là où se trouve la meute filmée, un éleveur ayant expérimenté la garde de son troupeau avec plusieurs chiens n’avait pas subi d’attaque. La protection et l’encadrement des troupeaux est donc l’une des principales solutions à appliquer, à condition qu’elle soit faite de manière raisonnée.
Tout faire pour maintenir le loup dans des espaces naturels préservés pourrait être bénéfique à tous : Éleveurs, environnementalistes, simples touristes, amoureux de la nature ou accompagnateurs en montagne

Quelques chiffres pour mieux comprendre

En Savoie, en 2004, 72 % des brebis dont la mort était attribuée au loup étaient issues de troupeaux non protégés, 4 % seulement provenaient de troupeaux bien protégés (étude DDAF 2004). Ne conviendrait-il pas d’actualiser ces chiffres ? Rappelons que la protection des troupeaux est prise en charge au moins à 80 % par l’État et l’Europe. On estime à 46 000 chaque année le nombre de moutons tués ou perdus à l’échelle des Alpes françaises sur un total de 850 000 bêtes. Avant l’arrivée du loup, on évaluait à au moins 100 000 le nombre de moutons tués tous les ans par des chiens en France. Soit environ 15 000 à l’échelle des Alpes. Problème dont on n’entend jamais parler… Estimation réalisée à partir de l’enquête nationale de G. Joncour. On a dénombré 9 788 brebis tuées par le loup en 2016, essentiellement dans les Alpes-Maritimes, contre 8 964 en 2015, 4 920 en 2011, 3 800 en 2005 et 1 500 en 2000. Source : Article du Monde du 23 mai 2017. En comparaison, quelque 400 000 brebis meurent chaque année au niveau national de maladies, d’accidents sur les alpages, de la foudre, selon les estimations de France Nature Environnement. En cas de maladie établie, les brebis abattues sont remboursées 64 € à l’éleveur. En cas d’attaque de loup, la moyenne des indemnisations est de 155 € par animal.

En redescendant de l'Olympe

Chèvres des alpages @G.Clastres

Conclusion

Il est évident que le loup continue d’endosser le rôle de bouc-émissaire vis-à-vis des problèmes rencontrés par les éleveurs. Pourtant, s’il est vrai que le retour du loup oblige certains éleveurs, soit à changer leurs méthodes d’élevage, soit à trouver des protections efficaces, et que cela peut générer un stress, il n’en est pas moins vrai que le loup est un animal craintif et ne s’attaque pas à l’homme. Le traitement qui lui est infligé est donc sans proportion avec ceux qui sont réservés aux réels problèmes pour celui-ci : Chaque année sur la terre le moustique tue 725 000 personnes, l’homme lui-même, génère 475 000 victimes, le serpent 50 000 et le chien 25 000 ! En outre, l’éleveur peut bénéficier d’aides conséquentes…

Aujourd’hui ce problème est géré par des politiques, qui manifestement, pour la plupart, ne maîtrisent pas le sujet ! La loi du 14 avril 2006 réformant les parcs nationaux français dont l’esprit était, selon Roselyne Bachelot, la ministre de l’Écologie de l’époque, de permettre aux élus des communes situées en zones périphériques du cœur des parcs nationaux de mieux intégrer les principes du développement durable, a abouti à l’opposé de cette volonté affichée (Cet affichage ne représentait donc qu’’une façade de circonstance). Autrefois gérés par des scientifiques et naturalistes, ces espaces protégés sont aujourd’hui largement dépendants d’élus, plus enclins à parsemer nos montagnes de canons à neige qu’à prendre en charge les nombreux problèmes environnementaux découlant du dérèglement climatique, dont celui du loup pourrait bien être une conséquence indirecte… Un ami chasseur me racontait il y a peu qu’il avait tué un cerf à 2 400 mètres d’altitude ! La faune autrefois régulée par le climat en altitude, l’est de moins en moins ! Il est urgent de redonner aux scientifiques, naturalistes, acteurs et bénévoles de terrain (comme ceux qui officient au sein de Pastoraloup, le rôle social qui était le leur avant que n’entre en vigueur ce texte de loi, qui constitue certainement le plus important frein à la résolution de la problématique énoncée ici.

Jean-Pierre LAMIC, accompagnateur en montagne, auteur de « Tourisme durable, Utopie ou réalité ? ». Éditions L’Harmattan – 2008

« On reconnaît le degré de civilisation d’un peuple à la manière dont il traite ses animaux. » Gandhi

Bibliographie
Gérard Ménatory, La vie des loups : du mythe à la réalité, Paris, Stock, coll. « Nature. », 1990 (1re éd. 1969), 333 p. (ISBN 978-2-234-02267-6, OCLC 716530346)
Gérard Ménatory, Les loups, Lausanne, Payot, coll. « Comment vivent-ils? », 1991 (ISBN 978-2-601-02225-4, OCLC 715705305)
https://blog.voyages-eco-responsables.org/2012/11/20/faut-il-liquider-les-parcs-nationaux/
https://www.babelio.com/livres/Paccalet-Eloge-des-mangeurs-dhommes-Loups-ours-requins/645826
http://www.ferus.fr/actualite/40-loups-a-tuer-rien-de-nouveau


Le retour du loup : ce que l’on ne nous dit pas… | ©VOYAGEONS AUTREMENT
Par Jean-Pierre Lamic

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20 réponses à Le retour du loup : ce que l’on ne nous dit pas…

  1. Mathieu Mauriès a commenté:

    DROIT DE REPONSE
    A Monsieur Jean-Pierre Lamic,
    Je viens de lire votre article intitulé « Le retour du loup : ce que l’on ne nous dit pas… » en date du 28 octobre 2017 et je vais me permettre quelques remarques. Tout comme vous je suis partisan d’une troisième voie entre la destruction du loup et la destruction du pastoralisme. Scientifique de formation et d’expérience dans le domaine de l’élevage, je me suis installé comme éleveur ovins caprins il y a 17 ans et j’ai développé dans le même temps l’élevage et l’utilisation de chiens de protection.
    Dans votre paragraphe « Apprendre à connaître le loup » vous évoquez le concept de dominant/dominé qui est totalement obsolète pour les biologistes modernes, il l’est d’ailleurs également pour le chien domestique. L’observation de loups captifs ne peut en aucun cas permettre de connaître leur comportement, leur vie sociale et leur mode d’organisation à l’état sauvage. Sur ce sujet je vous conseille le passionnant ouvrage de Gordon Haber qui a étudié les loups dans leur milieu naturel pendant 43 années (Among Wolves: Gordon Haber’s Insights into Alaska’s Most Misunderstood Animal). Gordon Haber y évoque la culture de la meute transmise de génération en génération et je rajouterai que c’est aussi le cas pour les meutes de chiens de protection qui protègent nos troupeaux. J’ai largement développé ce thème dans l’ouvrage de 360 pages que j’ai publié en 2016 « Le Montagne des Pyrénées, Chien de protection de troupeau, Elevage – Sélection – Education – Utilisation »
    Vous citez aussi des observations de petites troupes de brebis sans berger ni chiens mais il faut savoir que les attaques de loups font éclater les troupeaux et que les bergers mettent des jours à retrouver les animaux égarés. Sans plus de détails précis sur ces animaux notamment le nom de leur propriétaire et leur origine, vos conclusions me semblent particulièrement hâtives.
    Enfin vous citez également un film dans lequel un patou est pourchassé par deux loups au prétexte du rapport dominant/dominé.
    Je suppose qu’il s’agit du fameux documentaire «Entre chiens et loups » réalisé sur des attaques nocturnes de loups dans le Mercantour … ? Un remarquable exemple de désinformation dont je fais une longue analyse dans mon ouvrage. Vous citez les Kangal comme des monstres ce qui est loin de la réalité lorsque les chiens sont bien éduqués. Là encore l’état français fait preuve depuis 25 ans d’une totale irresponsabilité. Les bergers ne bénéficient d’aucune information pertinente sur ce sujet et des mythes et légendes erronés courent les campagnes depuis tout ce temps rendant l’utilisation des chiens encore plus problématique alors que de réelles solutions existent. Malgré tout les chiens de protection ne sont pas infaillibles. Mais ils réduisent de façon significative les pertes des troupeaux attaqués par le loup.
    Comme vous le dites à juste titre il est temps de sortir des oppositions stériles. Et je vous rejoins totalement sur le fait que la protection et l’encadrement des troupeaux est l’une des principales solutions à appliquer, à condition qu’elle soit faite de manière raisonnée. C’est tout le financement de la protection qui doit être revu pour coller à la réalité du terrain. Financer des mesures de protection à l’arrivée du loup sur un territoire, c’est déjà avoir 4 ans de retard relativement à leur efficacité.
    Vous citez aussi des chiffres de mortalité de moutons attribuée à des chiens alors qu’aucunes statistiques précises n’existent sur ce sujet tout comme sur le nombre de chiens de protection d’ailleurs. Et d’autres chiffres sur ces mortalités de moutons avancés par France Nature Environnement qui ne sont que des spéculations … Il faut tout de même rester sérieux dans l’analyse qui est faite de la situation et cesser de produire des chiffres qui sortent de nulle part … même topo sur les indemnisations, les animaux non retrouvés ne sont pas indemnisés tout comme les animaux âgés alors qu’ils ont une réelle valeur économique. Les crédits accordés à l’achat des chiens sont ridiculement bas et ne permettent en aucun cas de financer des chiens de qualité d’où nombre d’incidents et altercations dus à une mauvaise génétique des chiens. Idem pour le nombre de chiens financés par troupeau qui ne correspond à aucune réalité. Les troupeaux sont donc sous protégés en raison de ces financements totalement inadaptés. Ce ne sont pas les chiens de protection qui sont en échec, c’est leur gestion.
    Le retour du loup n’oblige pas certains éleveurs à changer leurs méthodes d’élevage, il provoque un véritablement bouleversement dont ils doivent assumer seuls toutes les conséquences, et elles sont très lourdes. Il ne s’agit en aucun cas d’un petit stress passager comme vous l’évoquez. Dans les nouvelles zones de colonisation du loup, les éleveurs sont tout simplement abandonnés à leur sort par une administration aussi réactive qu’un steak congelé. Un chien de protection n’est pas opérationnel avant ses deux ans et encore faut-il qu’il soit élevé avec des adultes compétents qui assureront son éducation et sa protection. Sans la présence de chiens adultes formateurs il faut compter plutôt trois ans et cela demandera beaucoup d’implication au berger. Le chien de protection c’est une charge de travail supplémentaire et elle est énorme. Comme je l’ai écrit dans mon livre, le chien de protection est une source inépuisable de tracas pour les bergers sans que cela remette en cause leur utilité.
    Il faut cesser de dire que les éleveurs bénéficient d’aides conséquentes. C’est faux, et obtenir ces aides est un vrai parcours du combattant. Et je ne parle même pas des délais de paiement … Il y a sans aucun doute des abus mais ils ne sont en rien représentatifs de la situation que vivent la plupart des éleveurs au quotidien.
    Vous dites que le loup est un animal craintif pourtant il n’hésite plus à attaquer à la sortie des bergeries et en présence des humains et des chiens (en sous effectif dans ces cas). Il faut bien reconnaître au loup une très grande intelligence. Le professeur Valerius Geist, éthologue de l’Université de Galgary au Canada, et spécialiste du loup, décrit de façon précise dans ses écrits le phénomène d’habituation des loups qui les conduit à fréquenter de plus en plus régulièrement les territoires humains. Il décrit en 7 étapes le processus qui va conduire les loups à attaquer l’homme (voir page 182 et suivantes de mon livre). Nous sommes en plein dans ce processus avec des loups surprotégés depuis plusieurs générations.
    Sur le terrain je constate de nombreuses incivilités de la part des randonneurs sans compter celles des VTT, motos, quads et autres engins motorisés qui n’ont que faire du travail des bergers et qui effraient et dérangent les troupeaux sans le moindre scrupule – ou dans la plus grande ignorance – provoquant par la même une légitime réaction des chiens de protection. J’ai déjà vu des promeneurs jeter des cailloux sur mes chiens qui demeuraient derrière la clôture simplement parce qu’ils aboyaient, des gamins qui excitaient mes chiens pour les faire aboyer sous les yeux complaisants de leurs parents et d’autres aller directement porter plainte contre moi à la gendarmerie alors qu’il n’y avait eu aucun contact direct avec mes chiens qui sont des chiens bien équilibrés … J’en passe et des meilleures. J’ai même été contraint de déménager dans une autre région – moins touristique – pour préserver la tranquillité de mes animaux et de mes chiens de protection.
    Lorsque le loisir devient prioritaire sur le travail des paysans je trouve qu’il y a vraiment des questions à se poser sur le sens de notre société.
    Bien cordialement
    Mathieu Mauriès
    Elevage du Hogan des Vents

  2. Verte Patrick a commenté:

    Bonjour
    En Slovenie, le life slowolf a etudie les facteurs spatiaux correles aux attaques de loup sur troupeaux. Ils n ont pas trouve de lien ni avec la presence de chiens, ni avec la proximite des habitations, ni avec la distance aux forets. Par contre il y avait une correlation positive avec la densite de cervides. Plus de cerfs, plus d attaques sur troupeaux. Les loups vont la ou les densites de proies sont les plus elevees et choisissent les proies les plus faciles / moins risquees. Un mouton ne peut guère courir plus que cinq minutes. http://www.volkovi.si/wp-content/uploads/2014/10/1145_rok_cerne_1.pdf

    • LAMIC Jean-Pierre a commenté:

      Je ne peux divulguer ni le lieu, ni le nom des propriétaires des moutons isolés, observés en haute altitude. Mais la raison qui motive leur présence à ces endroits n’est certainement pas de venir brouter la meilleure herbe !
      Je ne crois pas à votre théorie de la dispersion du troupeau par un loup en ces lieux, car, dans ce cas, l’autre partie de celui-ci se trouverait quelque part de ce côté-ci de la frontière (les crêtes sont trop escarpées pour des brebis). Or, cela n’a jamais été le cas pour les nombreuses observations dont je parle. En tant qu’accompagnateur, lorsque l’on passe la journée à observer les cimes dans le but de trouver des animaux à montrer à ses clients, on peut difficilement imaginer se trouver non loin d’un troupeau de bêtes domestiques sans les voir…
      Il convient de dire que l’élevage bovin, très développé dans les mêmes vallées, ne pose aucun problème, bien au contraire, puisque son maintien permet d’endiguer la colonisation des cimes par l’épicéa et l’aulne vert.
      Et celui des brebis pourrait être tout aussi positif pour l’environnement, si la fixation faite par certains sur la présence du loup (loin de représenter la majorité), ne venait perturber un déjà fragile équilibre de vie entre les adeptes du tout développement qui artificialisent les rares espaces naturels restant et ceux qui y viennent ou y vivent pour se ressourcer…
      Dans les Cévennes, d’où je suis originaire, je croisais sur les Causses, il y a 35 ans, des bergers entourés de leur troupeau qui se déplaçaient à la recherche de la meilleure herbe.
      Aujourd’hui, d’immenses espaces ont été grillagés, et les brebis vivent dans des enclos… Une simple faille dans cette enceinte, et le problème arrive…
      Concernant les chiens de protection, j’ai vécu en Turquie et traversé par deux fois l’Anatolie. Si je n’ai jamais eu peur du loup, je ne peux en dire de même du Kangal…
      S’il n’existe effectivement pas d’enquête en France sur l’attaque des brebis par des chiens depuis l’arrivée du loup (les chiffres que je fournis proviennent, comme mentionné, d’une estimation), il en existe une en Angleterre, où il n’y a pas de présence de loup. Celle-ci corrobore globalement ce que j’ai écrit dans mon texte. C’est pourquoi, j’ai préféré mentionner la France plutôt que l’Angleterre.
      Il me semble que je parle de l’activité économique liée à la randonnée, non négligeable, voire très importante pour certains villages, pas du simple loisir que peut représenter la randonnée. Même si je partage votre regard sur certaines pratiques de randonneurs et VTTistes.
      En conclusion, je vous invite à vous rapprocher de Jean-Michel Bertrand, qui saura vous indiquer beaucoup mieux que moi, les mesures de protection efficaces mises en place sur son territoire.

  3. vieron jean paul a commenté:

    La Décroissance A propos d un article Loup et Patou,, !,

    L’article paru dans la Décroissance d’octobre 2017 loup et patou dresse un état des lieux qui frole la caricature et semés de contre vérités, une méconnaissance de la problématique du loup , plus complexe qu il n y paraît et qui ne se résume pas à une simple opposition loup-pastoralisme 
    Cet article cherche à faire supporter au loup tous les problèmes inhérents dans un contexte de mondialisation liberale ou le libre-échange fait du loup une victime expiatoire . Je m’étonne que la Décoisssance qui dénonce cette libéralisation mondiale qui tue l’écologie ne donne pas de la voix ou la concurrence fait rage et qui ne fait qu’avantager les multinationales. !
    De meme la Confédération Paysanne tombe aussi dans le piège du libre-échange sans garde-fou .. l Le loup vit en meute, il représente un groupe familial , l ‘unité sociale de base, dont tous les membres sont unis par des liens tres étroits Il ne s’agit pas de faire du loup, un bisournous, les indiens et les Inuits disent de lui qu’il est le médecin des caribous car le caribou ,nourrit le loup mais c est bien le loup qui maintient le caibou en bonne santé, Des études ont éte faites dans le Parc de Yellowstone ou le loup qui a été réintroduit, il a restauré:la biodiversoité, en éliminant des herbivores qui attaquait les arbres par des abroutissements dommageables à la foret jusqu au rypisylve( forets riveraines) le retour du castor a été favorisé……et la biodiversité enrichie..
    De meme à l Isle Royale au Canada , par leur présence les orignaux en l ‘absence des superprédateurs , se multipliérent et il fallut, l’arrivée du loup qui put réguler, ainsi les proies qui soumise à une pression de chasse,furent ainsi éliminées en étant en mauvais état sanitaire
    De meme en Suisse dans un canton les forestiers ont constatés une revitalisation de la foret, les loup etant de retour en Suisse, à peu près en meme temps qu ‘en France par la faveur d’,un retour naturel et non pas des loups hybrides issus de croisements chiens et loups, comme certains éleveurs, le pensent mordicus , Or la génétique a parlé et donne tort aux éleveurs, et à José Bové qui pretendent que les loups ne sont pas sauvages.Cela dans le but de déclasser le loup , Une récente étude de l ONCFS, demontre une très faible hybridation , en fait un métissage qui serait tres rare sauf au Nord de l Italie ou des cas de métissage ont été constatés. Ces « loups « abatardis sont repris autant que possible pour éviter toute contamination, Bien sur une charge émotionnelle pour les éleveurs, qui en voyant les dégats provoqués par les canides ( chiens erratiques et non errants, au sens ceux ci se reproduiraient dans la nature,loups) sont en colére, est légitime face à l’ opportunisme du loup qui est très efficace et qui par facilité va plutot capturer des proies domestiques vulnérables . Aussi la protection des troupeaux s’impose , ce qui n’est pas le cas de tous ces troupeaux Ceux ci mal protégés, sont ainsi exposés. La Décroissance se trompe d’adversaires, à savoir tous ceux qui écologistes, scientifiques, etc sont conscients des difficultés des éleveurs . Sauf que la mauvaise foi de ceux ci à provoqué de leur part Jose Bové en tete que vous excécrés mais qui trouve grace a vos yeux un rejet , étonnant ! Non on est des ruraux, ce cliché souvent rabbattu de l opposition ville-campagne . Non on est pas des brutes, écolo-pacificiste »souvent à chapeau en cuir à plumes;quelle image vous donnez des protecteurs qui cherchent des solutions pour une véritable cohabitation loup- pastoralisme.
    Cela avec l’aide des patous, qui bien adaptés au troupeau empeche sinon repousse les loups
    Seulement c est un fait , ces patous, mal préparés peuvent etre menacant, s’ils s ‘écartent du troupeau Les traiter comme l’article le mentionne en molosse, en pitbull ou vous les transformer en monstres ce qu’ils ne sont pas . Certes certains patous peuvent mordre des randonneurs, Vous dites7% des 1500 à 2000 patous ont mordu une personne. Dans les pays ou les loups n ‘ont jamais disparus, l’efficacité des chiens de protection est reconnue.En France ; 60 000 facteurs sont mordus par des chiens…Et si cela ne suffit pas, on tire les loups ,au moins 40 , et en désorganisant les meutes, on arrive au résultat inverse de ce qu’on attendait les rendre agressifs et tueurs de moutons ! Soyons rationnel et ne cédons pas à l’emotion ! Des solutions existent, les moyens existent,, les éleveurs qui touchent les primes qui peuvent etre conséquentes le savent bien !!!!:

  4. vieron jean paul a commenté:

    concernant la méconnaissance du loup par les médias, ce matin à 5 h du matin la journaliste de Francce inter à parlé d’une meute de …..15 loups !! Sans compter les loups objet de réintroductions ! la méconnaissance par les médias est flagrante et souvent assimilé à l homme de façon négative ” un loups solitaire,” le loup dans la bergerie” une faim de loup'”

  5. Nature Passion a commenté:

    Bonjour et merci pour votre article: il démontre clairement que si l’ONCFS laissait son gibier naturel au loup, il n’attaquerait pas les brebis. C’est très clair, alors à nous de faire un choix pour préserver notre faune sauvage!

  6. Eric Vissouze a commenté:

    Ce que l’on ne voit pas, c’est le travail et le stress supplémentaires pour les bergers et les petits éleveurs de montagne. Les indemnisations ou les aides sont peut-être conséquentes, mais elles ne remplacent pas la fatigue et le découragement.
    Les chiens de protection peuvent être un problème, le plus souvent dû aux randonneurs. Si des solutions existent, elles ne passent pas par des chiffres, manipulables et qui font plus ou moins abstraction des réalités locales.
    Mieux qu’un discours : s’impliquer sur le terrain pour aider, comprendre et contribuer à faire avancer les uns avec les autres…

  7. chopin patrice a commenté:

    bonjour,je ne suis pas un spécialiste du tout dans ce domaine mais vivant dans les alpes de haute provence je vois à la fin du printemps arriver les transhumances avec des centaines voir des milliers de moutons. ne sommes nous pas dans une démesure comment peut on garder correctement meme avec les meilleurs bergers les meilleurs patou autant d’animaux? cette logique de toujours plus, gagner plus …ne pourrions nous pas revenir à des troupeaux à taille humaine?.. et ainsi assurer une meilleure surveillance des troupeaux.

  8. christophe spieser a commenté:

    Alors même ici on parle de croyances obsolètes pour la théorie de la hiérarchie de meute. On cite un ecientifique qui a “observé” les loups dans leur milieu naturel et rien sur Shaun Elis qui a vécu avec des loups sauvages pendant deux ans….et lui curieusement parle de hiérarchie de meute et affirme qu’elle s’applique au chien. Comme bien souvent, on arrange les faits autour d’une théorie et on élabore pas de théorie autour de faits. N’importe quel type qui aura travaillé dans le chien aura observé que si vous prenez 10 chiens d’horizons différents et que vous les mettez en contact et que vous attendez 2 minutes, une organisation naturelle va s’instaurer avec des leader et des suiveurs. Il ne faut pas être scientifique de formation, il faut juste observer. Si celà existe avec des chiens……mais celà va g^éner la théorie de la hiérachie n’existe pas…….Quand au reste, le loup apporte plus de benef que de maux.J’ai moi aussi un éleveur de moutons à 200 m de chez moi. Expliquez moi comment on peut se plaindre de la perte d’animaux alors que la cloture flexible qui les protège fait 70 cm de haut. Je suis l’heureux possesseur de chien loups de Saarloos et 70 cm c’est leur détente minimale sans élan. Celà reviendrait à elever des moutons dans Paris et se plaindre qu’ils sont sans arret renversés par des voitures….Il faut donc interdire les voitures…..si c’est ça une approche de scientifique de formation je retourne à mes activités manuelles……

  9. Blanc Alain a commenté:

    Sur ma commune il y a environ 1000 gros animaux sauvages et 3000 ovins transhumants. Des comunes hébergent 5 à 6000 têtes du 10 juin au 15 octobre, début et fin de saison sans herbe mais mangée quand même !! Ceux là sont certainement la cause de la disparition de 40% de la biodiversité (des scientifiques l’ont écrit mais l’image du pasteur devant son troupeau est un mythe national, mondial même). Vous en voyez beaucoup des bergers devant leur troupeau ? Moi jamais, ils sont derrière qui poussent leurs animaux là où ils ne veulent pas aller, piétinent l’herbe sans la manger, bref des nuls ces bergers. Dans ma commune s’il n’ y avait que 500 ovins l’été, ce serait mieux non ? Le pillage et la destruction de la nature (l’herbe, les arbres, les oiseaux…) s’arrêteraient, les animaux sauvages seraient mangés par le loup et pas par les patous. Le tourisme amène des millions d’euros en 4 mois, les transhumants (soit 3000 animaux minimum, subventionnés par l’Europe, d’où le nombre croissant chaque année, tout ce qui rentre fait ventre, 7000€ (moins les dépenses que la commune supporte pour loger les bergers et entretenir les chemins et sentiers ravagés par les moutons). Je n’idéalise pas le pâtre et son troupeau de milliers de têtes. Je rêve d’un pays riche en biodiversité et en touristes. Les autres n’apportent pas de plus valu au pays, ils s’en servent et se servent sans aucun contrôle.

  10. JP Nicolas a commenté:

    Toujours le même problème quand la politique s’en mêle.

  11. LAMIC Jean-Pierre a commenté:

    Voici le discours du représentant des Maires de l’Isère pour le plan loup… On croyait que les élus avaient pour mission première de résoudre des problèmes au bénéfice des populations, et même que c’est précisément pour cela qu’on se déplace pour mettre un bulletin dans une urne !
    Or il semble bien que ce soit eux qui créent le problème du loup. Notez bien les arguments… scientifiques !
    Jouer sur les peurs pour mieux manipuler. La recette est vieille comme le monde mais semble fonctionner encore… Pathétique, c’est le mot de la personne qui m’a transmis cette “information”… Je dirais aussi “terrifiant” de penser que ces gens puissent disposer des rouages du pouvoir !

  12. Chédru Stéphane a commenté:

    Que dire de la destruction des nichés de bartavelles et tétras lyre par le piétinement des moutons? Avant les moutons n’étaient pas parqués et le piétinement était moindre de plus les troupeaux étaient plus petits. C’est l’arrivée du loup qui oblige les bergers à concentrer les bêtes.

  13. Rémy MAGDINIER a commenté:

    Bonjour M. Lamic,

    Je de lire attentivement votre article (relayé via facebook par une de mes connaissances).

    Je trouve cet article très « conspirationniste » pour quelqu’un qui semble vouloir être constructif, ne serait-ce que par le titre: ce que l’on ne nous dit pas…
    Je ne vais pas prendre le temps de démonter toutes les idées plus floues et orientées les unes que les autres, cela serait lassant pour tout le monde. Juste quelques remarques :
    # Non, ca ne se passe pas mieux en Espagne ou Italie. Comme en France, le pastoralisme est en déclin au profit d’un élevage intensif de plaine. Est-ce cela le schéma que nous défendons (vous comme moi j’imagine) ? Tout l’opposé d’une agriculture locale et agro-écologique pour reprendre un terme en vogue. Et que cela vous plaise ou non, le loup a une part de responsabilité plus que sérieuse là dedans.
    # Peut-être faudrait il des armées de chiens pour garder les troupeaux (1chien / loup, cela veut dire 5 à 7 chiens là où une meute est installée) restons sérieux ! Et dans le même temps, vous vous offusquez de ne pouvoir randonner et exercer votre métier d’AMM, … ben oui, c’est le corollaire du loup et ca fait chier tt le monde, les éleveurs les premiers.
    # Sortir des chiffres de 2004 sur le département de la Savoie, encore une fois, un peu d’honnêteté ! Il ya beaucoup de références récentes et chiffrées. Mais par contre il faut se documenter, pas simplement faire du prosélytisme !
    # Vous intitulez un de vos paragraphes « sortir des oppositions stériles », j’ai cru rêver ! Votre article ne fait que renforcer cette stérilité car plein de non sens, de contre vérité et parti pris… Cela ne fait que renforcer les fameux extrémismes que nous souhaitons tous combattre (agricole comme environnemental).
    # Concernant les chiffres mis en avant, juxtaposer la notion de « 110 loups tués sur 25 ans / 300 loups en 2017 » je trouve que ce n’est pas habile de nous fait associer ces idées et croire en une lecture trop rapide qu’1/3 de l’effectif est abattu ! 40 loups / an c’est rester sous le seuil d’accroissement annuelle de la population pour ne pas mettre à mal son état de conservation (300 loups x 16% = 48 ; 40<48 CQFD).

    Les éleveurs, comme toujours dans ce type de prose, sont mis en cause comme les vilains petits canards (ils ne font pas, ils sont indemnisés, « y’a qu’à – faut qu’on », …), alors qu’ils ont largement adaptés leurs pratiques depuis 25 ans, dont la mise en place généralisée des fameuses mesures de protection. Alors il y a surement des profiteurs du système parmi tout ça (la nature humaine ?!), mais la très grande majorité joue largement le jeu.
    Le loup doit aujourd’hui aussi prendre sa part d’adaptation.
    Nous savons vous et moi que les animaux apprennent. Il est par exemple tellement aisé d’approcher des chamois dans la RNCFS des Bauges alors que c’est une mission bien plus ardue lorsqu’on est en territoire de chasse. Si les ongulés apprennent, pourquoi le loup ne le ferait pas ? Le fait qu’il prenne du plomb dans les fesses est malheureusement la seule issue aujourd’hui pour qu’il apprenne à fuir / craindre tout ce qui à trait à l’être humain et se concentrer sur les proies sauvages. Alors oui, cela peut casser des meutes, mais comment faire autrement ?

    Quant à la conclusion, … que viennent faire les mortalités humaines liées au moustique ? RIEN A VOIR.
    Bref, désolé de réagir de manière virulente, mais c’est un article d’intégriste pour intégriste, ou pour gens crédules sans esprit critique et éloigné des réalités de terrain. Il attise le côté « pro/anti » sans tendre vers cette fameuse voix médiane que l’on cherche tous à trouver…
    J’invite vos lecteurs à prendre le temps de consulter les quelques références qui permettront à chacun de se faire sa propre idée avec de l’info qui me semble objective.

    Cordialement, Rémy Magdinier

    Article de cet été qui montre la complexité de la question et que cela ne se résume pas qu’à quelques idées bien agencées pour défendre SON point de vue : http://grand-angle.lefigaro.fr/loups-nicolas-hulot-eleveurs-attaque-debat-ecologie
    Les morsures invisibles (Mutualité Sociale Agricole 26) sur la thématique du malaise agricole qu’engendre la prédation : https://www.youtube.com/watch?v=oaBDpItT_yk
    Les bergers malades du loup (France Inter) : http://www.franceinter.fr/emission-interception-les-bergers-malades-du-loup
    Les loups et nous (Confédération Paysanne) surement LA REFERENCE à voir parmi ces différents documents : https://www.youtube.com/watch?v=6e8L6i1DWVY
    « Loup : évolution de la prédation dans la Drome » réalisé par le Service Pastoral drômois, c’est factuel et précis : https://adem26.files.wordpress.com/2014/10/rapport_technique_predation_drome_20143.pdf
    Pastum, le dossier spécial sur la prédation avec des articles notamment sur al manière dont cela se passe hors de nos frontières : https://www.pyrenees-pireneus.com/Faune/Loups/France/Rapports-Etudes-Plans-Reflexions/2015-10-00-Pastum-Predation-par-les-loups-et-Pastoralisme.pdf
    Protection des troupeaux contre la prédation (Manuel technique cosigné des DDT des Alpes traitant notamment des incidences en terme de conduite pastorale au quotidien) :
    http://idele.fr/filieres/publication/idelesolr/recommends/protection-des-troupeaux-contre-la-predation.html
    Motion loup adoptée par le PNR Vercors en septembre 2017 :
    http://www.cap-loup.fr/wp-content/uploads/2017_09_loup_motion_PNRVercors1.pdf

    • LAMIC Jean-Pierre a commenté:

      Monsieur, Contrairement à votre commentaire, je ne traite personne d’intégriste… Reprocher aux autres de se comporter en intégriste revient à se positionner dans un camp…
      Ce que je ne fais pas. Mon camp est celui de l’observation de terrain, et ce que je vois, est ce que je vois. N’en déplaise à certains.
      L’ensemble des documents que vous nous présentez ne font qu’alimenter cette opposition stérile que je dénonce. On y voit d’un côté les problèmes des éleveurs et de l’autre les défenseurs d’une nature sauvage qui essayent de s’appuyer sur des études trop rares et aux conclusions non assurées… Faute d’études sérieuses sur de nombreux aspects de la question.
      Où sont les 12 millions de promeneurs français, et les professionnels de la montagne dans tous ces beaux discours ? Ceux qui font vivre de multiples petits villages alpins ou de montagne.
      Non, ce n’est pas en tirant du plomb dans les fesses des loups que vous réglerez le problème de l’élevage en France.
      C’est tout un système qui est à revoir ! Celui qui fait que le consommateur achète au moins cher un produit qui provient de l’autre côté de la planète.
      Pour cela, voyez avec l’OMC !
      Quant à l’élevage de montagne, j’ai déjà dit que je le défendais quand il a vocation à préserver la fabrication de produits locaux et, par la même occasion la biodiversité ! Vous vous trompez donc de cible.
      Cependant, des personnes ayant réagi à l’article ont mentionné cet élevage de montagne « industriel » qui fait migrer chaque été des milliers de bêtes vers des pâturages à rentabiliser du fait de leur abandon par l’élevage bovin… La ferme des 1000 vaches en pleine montagne !
      Désolé, moi je vis de la micro-économie, et j’en vis bien ! Non pas parce que je gagne bien ma vie, mais parce que je fais ce qui me plaît.
      Cordialement
      Jean-Pierre Lamic

      • Rémy Magdinier a commenté:

        Concernant le commerce mondial et les habitudes d’achat des français, évidement que vous avez raison. Cela dit, les lignes changent dans le discours public (état généraux de l’alimentation par exemple) et dans les actes (développement des circuits courts et de l’AB, y compris en restauration collective) et l’élevage extensif de montagne s’inscrit à 100% dans cette démarche. Qu’on le veuille ou non, la prédation engendre un sacré coup de massue à l’extensivité. Je ne parle pas de l’élevage de la Crau qui (pour le moment) est tranquille 6-7 mois de l’année, mais de l’élevage en zone de montagne ou en région méditerranéenne.
        Personnellement quand j’achète de la viande (j’en mange peu au demeurant), je préfère qu’elle vienne de près de chez moi plutôt que de Nouvelle Zélande. Au delà de la fonction de production alimentaire, l’élevage a bien d’autres fonctions dans nos sociétés, notamment alpine.

        Concernant le déclin des activités bovines au profit des ovines, oui peut-être y a-t-il eu de telles dynamiques après guerre, au moment de la mécanisation. Mais de là à parler « d’élevage industriel de montagne », … La Grande Transhumance provençale a toujours existé, pas plus en 2017 qu’en 1970. Comparer tout ça à la Ferme des 1000 vaches, il y a un sacré gap tout de même !

        Il me semble qu’en 2017, la société civile manque de références agro-pastorales pour se faire une idée objective sur le lien entre loup et élevage. C’est la raison pour laquelle je vous ai proposé quelques références.
        Vous connaissez bien le sujet, vous aurez pu voir que les références en question ne sont pas du tout les plus sectaires et engagées qu’à pu produire le monde agro-pastoral, mais bien des documents qui alimentent cette voie médiane !
        A ce titre, qu’elles sont vos propositions concrètes permettant cette cohabitation entre présence du loup, poursuite des activités d’élevage, tourisme doux, … ? Le problème est bien là, la boite à outils est malheureusement vide en 2017…

        Enfin, qu’il n’y ait pas une mauvaise compréhension de mes propos, je n’ai pas parlé d’éradication de la population de loup, simplement d’actions tendant vers une forme d’éducation du loup ; « chacun chez soi et les moutons seront bien gardés ».
        Aujourd’hui, je suis plus préoccupé par les incidences environnementales de la prédation, que par la disparition d’une poignée de loup par an qui ne remet pas en cause l’état de conservation de l’espèce. La prédation entraine l’intensification/dégradation des secteurs les plus faciles (proximité des chalets et exploitations), le désintérêt des surfaces pastorales les plus excentrées et dangereuses, la disparition programmée des mosaïques de milieux et de paysages, l’accroissement des risques naturels. Beaucoup trop de dégâts collatéraux dans la balance à mes yeux.

        • LAMIC Jean-Pierre a commenté:

          Merci pour cet échange constructif. La voie médiane, vous l’évoquez : « chacun chez soi et les moutons seront bien gardés ». C’est bien le sens de la démarche dont je parle à propos de la Calabre. Et je ne trouve nulle part dans tout ce que je peux lire, quoi que ce soit qui s’approche de celle-ci. Il s’agit bien, dans mon texte initial de la solution à privilégier ! Faire en sorte que le loup puisse demeurer dans des espaces où sa présence est utile face à la prolifération d’espèces telles que le sanglier, voire le renard. Et comme vous le constatez malheureusement, la boite à outil est vide, alors que l’on a cet exemple qu’il conviendrait sûrement d’expérimenter. Non pas que les Calabrais détiennent la vérité absolue, mais il est certain qu’ils ont plus d’expérience et de recul face à la présence du loup au cœur de zones parsemées d’élevages. C’est bien pour cette raison que j’ai intitulé l’article : “ce que l’on ne vous dit pas…” Cordialement.

  14. vionnet a commenté:

    Bonjour Jean-Pierre,

    Je viens de lire tes écrits sur le loup.
    J’aimerais bien que tu puisses étendre un peu tes connaissances à travers la lecture des livres que l’historien et le chercheur spécialiste de la ruralité à l’université de Caen Jean-Marc Moriceau a écrit, je te laisse chercher et découvrir, car ce que tu écris à la fin de cette phrase est faux ” Pourtant, s’il est vrai que le retour du loup oblige certains éleveurs, ……., il n’en est pas moins vrai que le loup est un animal craintif et ne s’attaque pas à l’homme. », le loup s’est par le passé attaqué à l’homme, “la bête du Gévaudan” ce n’est pas un mythe mais une réalité !

    Par ailleurs, comme tu l’écrit si bien, tu “……ne maîtrisent pas le sujet !”, même s’il est possible de reconnaître que certains passages de ton texte, serait intéressant à développer avec plus de précision.

    • LAMIC Jean-Pierre a commenté:

      Concernant la bête du Gévaudan, je préfère l’attitude du sage et ne pas avoir d’opinion. Voici l’une des critiques de l’un de ses livres que je trouve assez objective : J. M. Moriceau juge fantaisistes les scénarios impliquant un psychopathe ou d’autres animaux que le loup, mais il ne s’attarde pas dessus, préférant se borner à des travaux d’historiens. C’est donc comme un travail d’historien qu’il faut prendre ce livre, avec ses hypothèses, ses affirmations, ses doutes, ses erreurs possibles – par conséquent sujet au débat – et non comme un énième pamphlet simpliste contre le loup. Néanmoins, l’auteur, qui a commencé un travail de dialogue avec des chercheurs d’autres disciplines, gagnerait à renforcer sa collaboration avec des biologistes spécialisés sur le loup afin d’apporter d’autres éclairages à l’étude nécessairement critique des sources.

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