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Le monde en 100 œuvres d’art

| 5 décembre 2018 • Mis à jour le 05.12.2018 à 9h46
Thèmatique :  Livres   Monde 
         

Livre Afin de faire voyager nos sens, cet ouvrage nous prend par la main à travers les âges et les mondes pour nous faire redécouvrir les plus grandes œuvres qui ont marqué nos civilisations. Des premiers dessins au fusain qui ornent la grotte de Chauvet en Ardèche jusqu’aux gracieuses apsaras d’Angkor, des guerriers de métal yorubas au Bénin aux peintures aborigènes du siècle dernier, une centaine d’œuvres sont décryptées et replacées dans le contexte de leur époque, un tour du monde qui montre une fois de plus combien de tout temps et en tous lieux, les hommes ont eu besoin de l’art pour exprimer leurs émotions et leur relation au monde.

 

Elle est assise sur un minuscule tabouret, coudes sur les genoux, ses poings soutenant son visage. Mais à quoi peut bien penser cette figurine d’argile qui date de 4000 à 3500 av. J.-C et a été retrouvée sur le site de Cernavoda en Roumanie ? L’art nous émeut mais aussi, nous renseigne sur l’évolution de la société. Avec près de 120 titres et de nombreux ouvrages consacrés à l’histoire de l’art pour les plus jeunes, Béatrice Fontanel et Daniel Wolfromm replacent en quelques mots simples ces créations émouvantes dans leur contexte : « Dix mille ans avant notre ère, sur tous les continents, une lente révolution est à l’œuvre : l’homme ne consacre plus ses journées à chasser des animaux sauvages ou à cueillir des plantes et des baies. Il se met à cultiver la terre et quand il lui reste un peu de temps, il sculpte des figurines ou des objets du quotidien. »

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A une époque plus récente, au cœur des steppes d’Asie centrales, les scythes nous livrent des figurines d’animaux qui font échos à leur vie d’éleveurs ou de cultivateurs. Perché sur la pointe d’un toit, d’un chapeau, d’un outil (….!?), un cerf aux bois impressionnants tend son museau de bois vers un paysage à imaginer. Retrouvé dans la vallée de Pazyryk en Russie (Altai), il arrive du tréfonds des âges, de 500 à 400 av. J.-C. Sa voisine de page, une panthère en or massif du Caucase, décorait quant à elle le cœur d’un bouclier. Une fois mort, les riches défunts emportaient dans leurs tombes ces trésors.

Les siècles filent. Quelques pages enjambées et nous voici à Constantinople, observant une enluminure d’Adam et Eve (Xe siècle, monastère Santo Toribio de Liébana, Espagne) encadrée par un immense serpent enroulé dans l’arbre aux fruits défendus. Ici, l’art est au service des croyances mais aussi des croyants, qui pour la plupart ne savent ni lire ou écrire. Fresques, images religieuses, art rupestre, autant de technique qui seront utilisées pour s’adresser au peuple partout dans le monde. Des bandes-dessinées avant l’heure réalisées pour passer des messages simples et efficaces.

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Autre temps autre lieu. Les civilisations se rencontrent. Les arts se confrontent. En 1519, « quand les Espagnols découvrent la future Mexico, ils l’appellent la Nouvelle Venise ». Ils entrent alors en contact avec l’art aztèque et ses dieux, à l’image d’un magnifique pectoral en forme de serpent à deux têtes qui représente Tlaloc, le dieu de la pluie. Il était alors porté par un grand prêtre et fit partie des cadeaux offerts par Moctezuma III à Cortès pour convaincre celui-ci de quitter le Mexique….

Marionnette de Java, enluminure du Mewar (Ramayana, 1653), armures de samouraïs, peintures orientalistes, estampes japonaises, grands maîtres du siècle d’or hollandais, statuaire dogon, poupées hopi, et l’on arrive à la première guerre mondiale où telles des explosions, les traits fusent sur la toile, les corps se disloquent. Certains peintres et sculpteurs occidentaux redécouvrent alors les artistes africains et océaniens. « A la recherche des racines de l’art, rejetant le goût « bourgeois » pour des tableaux réalistes, les peintres modernes reprennent ces formes simples, parfois brutales, sans s’occuper de reproduire fidèlement les visages, les personnages, ou les scènes. »

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Aujourd’hui, l’art continue de nous interroger et d’interroger les artistes, à l’image des œuvres de Yue Minjun, en Chine, qui irradient de sourires exagérés et finissent par créer une sorte de malaise, forme de pied de nez au régime. Que veulent nous dire les artistes chinois ? interroge une des dernières doubles de l’ouvrage. Oui, que veulent nous dire les artistes ? En une centaine d’œuvre et un sacré tour du monde, Béatrice Fontanel et Daniel Wolfromm nous font passer un message tout simple : il ne faut surtout pas avoir peur de l’art mais au contraire, l’appréhender comme un formidable aiguillon pour mieux comprendre les hommes et les sociétés de tout temps.

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Le Monde en 100 œuvres d’art, Béatrice Fontanel & Daniel Wolfromm, Seuil Jeunesse, Nov. 2018, 96 p, 22 €.


Le monde en 100 œuvres d’art | ©VOYAGEONS AUTREMENT
Par Geneviève Clastres
Journaliste indépendante, auteur, spécialiste de la Chine, de l'Asie, sinologue. Publications sur le tourisme équitable. Livres documentaire jeunesse sur l'Asie. Reportages divers.
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