#TourismeDurable
La feuille de chou du tourisme durable

La région du Danube, des pas de géant vers le tourisme durable

| 27 mars 2014 • Mis à jour le 14.04.2014 à 11h48
Thèmatique :  Acteur associatif   Initiative régionale   Portrait 
         

Qu’évoque pour vous la région Danube ? Quelle est la première image qui vous vient à l’esprit ? Un long fleuve tranquille ? Des capitales comme Vienne, Budapest, Belgrade ou encore des endroits naturels d’une extrême diversité, des montagnes enneigées, des espèces végétales et animales uniques… tous voient passer le Danube ! Partant d’Allemagne, le fleuve « Danube » traverse le pays pour ensuite passer ou longer plus de 10 pays et finir dans la Mer Noire. Le Danube c’est aussi une zone géographique de prédilection pour l’émergence de bon nombre de projets d’écotourisme. L’Union Européenne a placé la région Danube comme l’une de ses priorités pour des projets de développement, dont le tourisme a été un des thèmes clés.

Dans le cadre du dossier « Panorama sur un tourisme responsable européen », VA se retrouve avec le membre autrichien « Naturefriends International (NFI)» ou « L’internationale des Amis de la Nature  » du réseau européen de tourisme responsable EARTH (European Alliance for Responsible Tourism and Hospitality). Son secrétaire général Christian Baumgartner nous présente sa vision d’expert du tourisme responsable en Autriche et dans les pays du Danube.

christian NFI copie

Christian Baumgartner

VA / D’où est partie cette vocation qui vous a amené à dédier votre activité professionnelle (et bien plus) au tourisme responsable ?
« Mon organisation, les « Amis de la Nature » était l’un des leaders d’opinion dans les années 80, quand le «tourisme doux» a été développé. Je réalisais à ce moment-là beaucoup de travail en tant que bénévole au sein de notre organisation de jeunesse. C’est ainsi que je suis entré en contact avec la question du tourisme. Et puis, étape par étape, nous avons contribué à créer le concept théorique, passant du « Tourisme doux » au « tourisme durable » puis leur application pratique. »

VA/ Pourriez-vous nous présentez brièvement votre structure et nous en donner les mots clés.
« L’internationale des Amis de la Nature est le cadre international des associations nationales des « Amis de la Nature ». Nous avons 45 organisations membres et environ 500.000 membres. L’ONG « Amis de la Nature » a été fondée à Vienne – c’est pourquoi notre siège social est toujours là – en 1895 dans le cadre du mouvement ouvrier. Ainsi, dès le tout début, ​notre organisation travaille à la fois sur les questions sociales – par exemple de meilleures conditions de travail – et sur la protection de l’environnement. Nous soutenons donc le développement durable depuis près de 120 ans ! Aujourd’hui, nous nous concentrons sur le développement durable, le tourisme durable, l’éducation à l’environnement, le changement climatique et de nombreux autres sujets liés à la durabilité. Les méthodes sont d’une grande variété allant de la concrétisation de projets sur le terrain, à la formation et l’éducation passant par le lobbying politique et prodiguer des conseils au gouvernement, etc… »

Project Landscape of the Year Danube Delta

Project Landscape of the Year Danube Delta (ROM/UA/MOL)
(c) Christian Baumgartner

VA / NFI est très impliquée dans les pays du Danube qui inclut 16 pays et mène de nombreux projets de valorisation de ces territoires. Pourquoi cette action, cette nécessité ?
« Le Danube est l’une de nos zone d’actions clés en Europe, mais nous travaillons aussi dans les régions alpines, et bien d’autres encore dans le monde. Nous avons commencé avec un projet appelé «Paysages de l’année» ou « Landscapes of the Year » sur le modèle de développement de la région transfrontalière durable dans le delta du Danube pour la période 2007-2009. C’était le moment où l’UE a commencé à développer la deuxième stratégie macro-régionale – celle pour le Danube. Nous avons pu contribuer à la stratégie – principalement dans le domaine du tourisme. Parallèlement, nous avons adhéré en tant que membre au Centre de Compétences du Danube (DCC) à Belgrade, organisation internationale portant sur le développement durable du tourisme dans la région du Danube. Le EUSDR (stratégie de l’UE pour la région du Danube) offre une chance énorme pour les pays afin d’intégrer le groupe travaillant sur le tourisme et la culture. Cela nous ouvre de belles possibilités de coopération pour la mise en œuvre de projets de tourisme durable. Cette région a besoin d’un foyer touristique portant sur la nature et la culture pour être en mesure de préserver ses traditions historiques et sa biodiversité impressionnante. »

Lesachtal_Stein Project Landscape of the Year Alps - Lesachtal (Austria)

Project Landscape of the Year Alps – Lesachtal (Austria)
(C) Christian Baumgartner

VA / Quelle sont les problématiques, les particularités qui qualifient la situation du tourisme responsable en Autriche et dans les pays du Danube?
« Il n’est pas facile de trouver une description commune pour la région du Danube, dont les pays et leur développement touristique sont si différents. Les pays situés en amont ont une expérience historique du tourisme durable. Le plus en aval vous allez, plus jeune est l’histoire du tourisme et plus les pays manquent de structures – des capacités pour le développement – ainsi que de financements. Mais le Danube a toujours été un lieu de liaison et transit. La marque « Danube» est connue dans le monde entier, également au travers de Johann Strauss Danube Waltz (1). Cette situation particulière est le point de départ du développement du tourisme durable en se concentrant sur les ressources naturelles et culturelles qui sont encore vivantes. Ce qui j’appelle le tourisme durable est ce qu’une destination peut développer ; le tourisme responsable est alors du côté des consommateurs / voyageurs. Quant à la situation autrichienne, elle n’est pas facile à décrire. Ne pas avoir une stratégie pour un tourisme durable et un manque des définitions claires sur la durabilité, le changement climatique, les transports, etc… montre qu’il s’agit plus d’un discours sur la durabilité que le résultat d’actions concrètes. Néanmoins, on peut trouver beaucoup de bons exemples du tourisme durable dans des destinations autrichiennes. Par exemple, l’engouement général pour les vacances à la ferme, les régions modèles promouvant la mobilité douce ou la mise en valeur de produits régionaux authentiques. Il semble que l’approche locale et régionale à la durabilité dans le tourisme est plus efficace et mise en valeur. »

VA / Une initiative innovante, un projet emblématique du TR?
« Nous avons plusieurs projets sur le tourisme durable, mais permettez-moi d’en mentionner un qui se concentre sur la responsabilité des voyageurs, réalisée en 2002. Nous avons réalisé une campagne  “Fair Traveling” ou “Voyager équitable” dirigée vers les consommateurs qui a obtenu le soutien de plusieurs personnalités : des personnes reconnues dans le monde du sport, de la culture, de la télévision, etc… Nous avons créé des slogans pour ces personnalités qui combinent un «Je pense que… » avec un message « Donc je fais … » avec lesquels nous avons produit une série d’affiches, d’annonces dans les bulletins d’information, des cartes postales gratuites, etc.. »

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DanubeHike – Hiking Tourism along the (whole) Danube; Picture: Schlögener Schlinge / Austria (c) ARGE Donau Österreich

VA / Comment vous sentez-vous en pensant à l’avenir du tourisme responsable ? Quelle est votre vision du futur ?
« Bien que la prise de conscience des consommateurs en matière de durabilité dans le tourisme augmente, nous ne pouvons pas attendre qu’un voyageur responsable résolve tous les problèmes causés par le tourisme. Nous devons appeler à la fois la responsabilité de l’industrie du tourisme et des autorités touristiques – par exemple pour promouvoir plus les moyens de transport des voyageurs plus respectueux de l’environnement… La volonté des décideurs est plus visible mais surtout dans les zones où cela ne coûte pas beaucoup. Par exemple, nous avons une coopération très fructueuse avec l’industrie du tourisme dans les questions portant sur les droits de l’homme et tourisme. Une grande partie de l’industrie est active souvent pour des raisons de marketing mais est prête à augmenter la performance de leurs produits touristiques. Mais d’un autre côté, aucun voyagiste n’ose inclure les coûts de la compensation carbone dans les prix des forfaits. Ils attendent tous que le consommateur leurs demande de le faire! Mais qui exigera un produit plus cher ? De par ce fait, l’industrie du tourisme n’accomplit pas sa part de responsabilité à cet égard. »

(1) « Johann Strauss Danube Waltz », compositeur de « The Blue Danube »

Lien utiles: Amis de la Nature: http://www.nfi.at/index.php?lang=fr


La région du Danube, des pas de géant vers le tourisme durable | ©VOYAGEONS AUTREMENT
Par Marie Secrétant
Je travaille actuellement comme coordinatrice du réseau européen European Alliance for Responsible Tourism and Hospitality à Bruxelles. Je suis engagée pour un tourisme respectueux des communautés d'accueil et des territoires qui incluent l'enrichissement culturel, économique, environnemental et social autant pour la population réceptrice que pour le visiteur. La durabilité, la responsabilité et la solidarité sont pour moi trois valeurs clés qui doivent être intégrées dans le tourisme. Je suis une voyageuse sans fin et le mouvement, la vie, la différence sont des moteurs de motivation. J'ai habité dans plusieurs pays tels que l'Espagne, l'Italie, l'Angleterre, le Mexique, le Vietnam et maintenant la Belgique et j'en ai partiellement découvert tant d'autres en tant que voyageuse, qui je l'espère fut le plus responsable possible.
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