#TourismeDurable

Fédérer les voyagistes du CETO, le syndicat des voyagistes français

| 26 juillet 2010 • Mis à jour le 03.08.2010 à 8h43
         

6- Le tourisme comme levier de développement durable ?

Jean-François Rial : Pour moi, c’est plutôt le tourisme comme levier de développement tout court, dans lequel le durable est un des éléments. Alors ça oui. Mais il y a beaucoup de choses qui ont déjà été étudiées là-dessus. On dit que le dollar du touriste est le dollar le plus efficace sur le plan local. Mais, on sait aussi que le tourisme a son revers de médaille…

– Les choses bougent-elles un petit peu ?

Jean-François Rial : Cela commence doucement, mais nous voulons aller plus loin, avoir un rôle moteur et d’influence de nos confrères. C’est un projet dont s’occupe mon associé Alain Capestan. Aujourd’hui, nous sommes membre d’ATR et au sein d’ATR, nous sommes le plus grand voyagiste car Agir pour un Tourisme Responsable (ATR), en gros, c’est des voyagistes thématiques spécialisés dans le voyage d’aventure, pointus,  sensibles à ces sujets là, mais qui ont peu d’impact au final sur le marché, c’est à dire que cela représente 2% des gens qui voyagent. Il faut donc que les grands voyagistes, Nouvelles Frontières, Club Med, Fram, etc, s’approprient cette démarche.

Fédérer les voyagistes du CETOCETO, le syndicat des voyagistes français

Jean-François Rial : Alain Capestan est en train de fédérer les voyagistes du CETO, le syndicat des voyagistes français, les plus grands, pour créer un label type ATR, adapté à leurs métiers. Parce que l’enjeu est là. Il faut que Marmara qui envoie un million de clients par an au Maroc ou en Tunisie ait une démarche là-dessus, parce que cela aura au final beaucoup plus d’efficacité pour les gens sur le terrain que si nous, voyagistes pointus, raffinés, “élitistes”, sommes les seuls à le faire.

– Cela peut signifier quitter ATR pour rejoindre le CETO ?

Jean-François Rial : Non, je pense juste que le label qui existe à présent chez ATR est plus adapté aux voyagistes qui font du voyage mais complètement inadapté à ceux qui font du séjour et donc, qui font des vacances. Et de ce point de vue là, un voyagiste qui fait les deux métiers pourrait avoir les deux labels. Ces deux labels pourront donc cohabiter et coexister avec une partie commune.

– Ce qui est votre cas d’ailleurs, vous faîtes les deux métiers ?
vdm au bresilJean-François Rial : Oui, on fait les deux métiers mais on fait très peu de séjours et je dirais que notre partie séjour, vacances, peut presque s’intégrer dans la notion de voyage. Je pense que l’on ne fait pas partie de ceux qui affrètent entièrement un hôtel de 200 chambres avec des avions pour acheminer la clientèle… On ne fait pas ça.

Le séjour de vacances que l’on propose sur une île perdue du Brésil dans un petit hôtel de charme au bord de la plage est dans le même état d’esprit qu’un voyage itinérant en Chine ou en Inde. Mais sur certains de nos voyages en groupe, qui est une activité marginale de l’activité Voyageurs Du Monde (VDM), on serait peut être mieux dans l’autre label.

– Quelles sont les premières réactions des membres du CETO quant à ce label en gestation ?
Jean-François Rial : Elles sont bonnes, c’est-à-dire qu’on avance. On n’a pas encore créé le label mais les voyagistes, les grands voyagistes de “masse” sont autour de la table. Et ça c’est bien.

– Mais cela ne va-t-il pas être difficile de trouver des critères communs qui satisfassent tout le monde ?
Jean-François Rial : Il faut se mettre d’accord, c’est sûr. Mais il y a des critères qui sont assez simples, en particulier sur la gestion de l’environnement, les ressources locales et puis, en particulier, pour moi le point décisif, les conditions sociales que l’on applique aux équipes que l’on utilise.

– En France et à l’étranger…
Jean-François Rial : Surtout à l’étranger, en France il n’y a pas de problème. Disons que c’est un problème de répartition de valeur, mais au moins il y a des normes sociales minimums fixées par la loi. Au Brésil par exemple, on sait, parce qu’on est nous même hôtelier, qu’il y a énormément d’hôteliers qui ne déclarent pas correctement leur personnel, et donc, qui ne fournissent pas de protections sociales minimum à leurs salariés. Ca ce n’est pas possible.


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Par Rédaction Voyageons-Autrement

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