#TourismeDurable

Quatre questions à Cathy Bou

| 6 mai 2013 • Mis à jour le 06.05.2013 à 8h35
         

Le jour où nous avons rencontré Cathy Bou, la presse ne donnait malheureusement pas de très bonnes nouvelles quant à la santé de Thomas Cook France, nous avons eu envie d’en savoir un peu plus quant à l’engagement  responsable dans un contexte de crise.

Thomas Cook

Cathy Bou @C.B

VA/ Thomas Cook France n’est pas au meilleur de sa forme et on a pu lire récemment dans Le Monde que le groupe s’apprêtait à mettre en œuvre un plan social visant à supprimer 10 % de ses effectifs, soit 150 postes. Dans ce contexte, les projets et budgets liés au développement durable ne risquent-ils pas d’être mis à mal ?

 

Contrairement ce que l’on peut croire, les budgets pour mettre en œuvre une politique de tourisme responsable ne sont pas si importants que cela, tout est souvent question de bon sens et jusqu’à aujourd’hui je n’ai pas énormément dépensé. Un exemple concret. Dans le passé, le stockage de nos brochures avant pilonnage nous coûtait 25 000 €. Depuis, j’ai fait le choix de travailler avec Tri Ethic, une entreprise qui recycle le papier, cela me coûte 5000 € et j’économise ainsi 20 000 €. De même, suite  la dématérialisation des carnets de voyages, des brochures et leur rationalisation mis en place depuis 2009, nous avons permis au groupe d’économiser 869 tonnes de papier, soit 345 fois le tour de la terre.

Il faut aussi savoir s’appuyer sur l’existant. Lorsque j’étais à la recherche d’une certification pour les hôtels en France, j’ai contacté le siège et réalisé qu’au final, tout un travail avait déjà été fait avec Travelife et que nous avions déjà 30 hôtels certifiés sans en être même conscients. De fait, le siège nous attendait sur ce terrain. Il ne me restait plus qu’à valoriser ces hôtels dans nos brochures, ce qui a été fait dès avril 2012. Depuis, j’ai continué cette démarche avec « Travelife hôtels » qui a l’avantage d’être extrêmement économique pour être soutenue et reconnue par l’Europe. C’est aussi pour cela que nous avons eu envie d’aller plus loin en initiant le programme « Travelife T.O » avec Guillaume Cromer.

VA/ Dans le Dossier de Presse Thomas Cook 2013, il est fait mention du « Meilleur Prix Garanti », soit l’engagement de Thomas Cook à s’aligner sur le prix le plus bas au cas où les clients trouveraient moins chers ailleurs. Comment ce type d’engagement peut-il être compatible avec le tourisme responsable ?

J’espère que cela va changer, éveiller les consciences prend du temps. Je suis d’accord que ce n’est pas compatible. On est responsable de la chute de la Tunisie avec des salaires pratiqués bien trop bas. Justement, au sein de trois mails envoyés à l’ensemble du personnel de Thomas Cook France pendant la semaine du Développement Durable, je fais allusion à l’application du juste prix, un juste prix qui implique un retour à court terme sur un modèle financier pérenne et l’engagement et l’assurance de la santé financière de l’ensemble de nos parties prenantes.

Logo TC

VA/ Il existe de très nombreux labels reconnus, pourquoi avoir choisi Travelife spécifiquement ? En outre, avez-vous des éléments concrets sur les mesures prises au sein de Travelife dans le sens du tourisme responsable ?

Travelife a d’abord été choisi par le siège de Thomas Cook en Grande Bretagne car Travelife a choisi Thomas Cook pour être le fer de lance du tourisme durable au sein des T.O de masse. En outre, le prix est attractif et ne plombe pas les budgets. Enfin, à titre personnel, j’ai fait un comparatif entre Travelife et une vingtaine de certifications qui m’a conforté dans mon choix, que ce soit au niveau de la qualité des critères – 255 dont 149 obligatoires – (nous ferons les 255 !), de la durée de mise en place ou de la visibilité mondiale.

En outre, au cours du mois avril 2011, je suis allée tester Le Thomas Cook Sultan Village de Turquie qui est certifiée Travelife Or et j’ai été totalement convaincue. Sur l’humain, l’ensemble du personnel et des dirigeants sont turcs et des réunions hebdomadaires ont lieu en turque (l’anglais n’est pas obligatoire). Le sujet de Travelife est systématiquement abordé. 7% de personnes handicapées ont été intégré au personnel sur des postes adaptés. Classiquement, on trie les déchets, on économise l’eau (irrigation contrôlée pour le magnifique jardin) et l’énergie. Une ferme organique voisine permet d’approvisionner une partie des buffets. Un programme visant à respecté la biodiversité a permis de sauver un insecte égyptien qui mettait à mal les palmiers. Tous les employés ont des contrats de travail réglementaires. Enfin, le Village supporte une association locale.

VA/ Malgré la conjoncture difficile, on vous sent plus que jamais volontaire et décidée, pouvez-vous nous dévoiler quelques projets durables pour le futur ?

Ils sont nombreux. Actuellement par exemple, je suis en train de mettre en ligne sur nos carnets de voyage le Passeport Vert créé par le PNUE. Cela ne me coûte rien. Sur notre site internet, tous les hôtels labélisés vont être peu à peu visibles. En outre, un bouton « Zegive » permettra de récolter des dons pour des associations telles Care, SOS Village Enfant ou Bibliothèque Sans Frontières. Nous avons aussi un partenariat avec SurfRider, association basée à Biarritz et qui sensibilise aux nettoyages des plages. Enfin, nous nous sommes sur un gros projet avec l’association Equilibre dont je vous en parlerai plus longuement une autre fois car c’est encore en gestation…

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Quatre questions à Cathy Bou | ©VOYAGEONS AUTREMENT
Par Geneviève Clastres
Journaliste indépendante, auteur, spécialiste de la Chine, de l'Asie, sinologue. Publications sur le tourisme équitable. Livres documentaire jeunesse sur l'Asie. Reportages divers.
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