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Interview de Mr Henri Dalbiès, Président d’ICD Afrique

| 27 juin 2011 • Mis à jour le 27.06.2011 à 16h24
         

ICD AFRIQUE

ICD-Afrique est une ONG créée par des scientifiques, des enseignants et des professionnels du développement rural intégré pour soutenir, dans une démarche solidaire et citoyenne, la mise en œuvre de projets de coopération et de développement en Afrique.

ICD est actuellement présent au Sénégal, au Bénin et en Algérie dans plusieurs domaines d’activités :

  • Coopération, aide au développement et aménagement du territoire.
  • Voyages solidaires
  • Chantiers de jeunes et volontariat

Ses objectifs principaux sont :

  • favoriser le développement économique local et la création d’emplois : agriculture, maraîchage, pastoralisme, écotourisme solidaire, artisanat, micro-finance,  …
  • améliorer des services à la population et l’accès aux nécessités de base : éducation et formation, santé, accès à l’eau, gestion des déchets, etc.

1/ Combien de circuits organisez vous chaque année ?

Trois à quatre circuits distincts sont proposés aux voyageurs. Chaque année nous faisons partir une soixantaine de personnes (jeunes ou adultes) sur six ou sept voyages.

2/ Pouvez vous donner quelques précisions sur l’organisation de ces circuits et notamment l’activité des voyageurs sur place ?

Différents programmes sont proposés, sachant que chaque voyage est ensuite conçu sur mesure adapté au projet des voyageurs. Les programmes sont généralement composés de visites des projets de développement, de rencontres diverses avec des responsables associatifs, acteurs et élus locaux, artisans, etc., de balades en brousse et bien évidemment de visites de sites tels que des Parcs Naturels, des villes et des lieux historiques, etc.

Il est également proposé aux voyageurs quelques stages auprès de différents acteurs locaux (musique, sculpture, cuisine, pharmacopée, etc.). Les voyageurs visitent aussi les projets financés par leurs prédécesseurs.

3/ Chaque circuit génère t-il systématiquement un projet solidaire. Pouvez-vous citer quelques exemples ?

La règle de tous les membres de  l’ATES est de mettre en place un fonds de solidarité financé par les voyageurs. A ICD, ce fonds est abondé par un taxe solidaire de 12% sur toutes les dépenses (transport, hébergement restauration et loisirs) engagées dans le territoire du Sud. Cela représente en moyenne 80 euros par voyageur.

Ce fonds permet de financer des projets d’intérêt collectif. Pour exemple : participation à la construction ou au fonctionnement d’écoles maternelles, bibliothèques, poste de santé, orphelinat, groupe culturel local, groupement maraîcher communautaire, village artisanal, journées de l’environnement, etc.

4/ Dans les pays visités et donc notamment au Sénégal, la mise en place d’équipes locales est elle une tâche facile et comment s’organise t-elle ?

Il est pour nous absolument nécessaire de nous appuyer sur une équipe locale pour l’animation, l’analyse des besoins,  la mise en œuvre des programmes de développement et le contact directe et permanent avec les acteurs locaux et l’administration.  C’est également notre équipe qui accompagne les groupes de voyageurs et s’occupe de toute l’organisation des circuits et de la coordination des guides.

Les antennes locales sont placées sous la direction d’un ingénieur chef d’antenne et composées de 5 à 6 personnes (agronome, conseiller technique, guide touristique, secrétaire, gardien et chauffeur) sont dotées de moyens adaptés (bureaux, logistique). Tous ces personnels sont sénégalais. A leurs côtés sont présents en permanence des volontaires en Service Civique ou Européen et des étudiants stagiaires.

5/ Quels vos supports de vente et de communication afin que votre activité et vos propositions soient plus visibles ?

Plaquettes, Internet, forums, mailings, sites divers de différents réseaux solidaires.

Jardin de femmes au Sénégal

6/ Vous avez choisi d’être membre de l’ATES, que vous apporte cette labellisation ?

Bien entendu…depuis 2007. L’ATES nous permet de bénéficier d’une immatriculation tourisme collective. En effet, toute association membre de l’ATES bénéficie d’une immatriculation tourisme qui lui permet ainsi d’organiser des voyages en toute légalité et d’offrir toutes les garanties d’assurances à ses voyageurs. Au delà de cet aspect légal, la labellisation ATES offre également au voyageur la garantie que l’association avec laquelle il a choisi de voyager répond à des critères éthiques extrêmement rigoureux (fonds de solidarité…).

7/ Outre le Sénégal, avez-vous des projets concernant d’autres pays ?

Nous avons une antenne en Algérie qui est logée auprès d’une ONG de développement local (Taneflith) dont le siège est à Béni Yenni (Tizi Ouzou) qui pour l’heure, génère peu d’activité. Toutefois, un projet de coopération décentralisée se profile entre la Wilaya de Bouira et des collectivités locales des Alpes de Haute Provence. Ce programme sera orienté vers le renforcement des compétences des cadres et techniciens locaux mais aussi l’aide à la gestion des espaces naturels et agropastoraux. Un autre projet concerne la création de circuits à destination de la population émigrée en Europe.

Nous avons également un deuxième antenne au Bénin auprès de l’association Méwi Yovo (Ouidah, près de Cotonou) avec une proposition de circuits touristiques dès l’automne 2011. Nous avons déjà mis en place des missions médicales.

Voyage au Sénégal avec ICD

8/Qu’en est il des chantiers solidaires, est-ce une part importante de votre activité ?

Nous organisons en moyenne deux séjours pour des jeunes chaque année. Les séjours sont centrés sur un chantier solidaire. Il s’agit le plus souvent de constructions (école, poste de santé, terrain de sport, etc.). Mais, cela peut aussi être la création d’un site Internet ou le travail avec les acteurs locaux sur divers projets de promotion de leurs activités (élevage de poulets de chair, artisanat, orphelinat, maraîchage, etc.)

9/ Si vous faisiez un bilan de votre activité, pouvez vous dire qu’elle a réussi à créer des emplois dans les territoires visités et que le tourisme a joué son rôle de levier de développement ?

Tout à fait. Nous avons pu participer à la création ou au maintien d’une trentaine d’emplois directs depuis 6 ou 7 ans. Emplois de cadres, de techniciens ou d’employés et ouvriers de base. Nous intervenons aussi dans les services à la population où il est difficile de quantifier les retombées locales.

10/ Un bilan plus large et de nouveaux projets pour l’avenir ?

Nous intervenons depuis plus de 15 ans dans ces territoires et un peu dans tous les domaines.

Nos actions ont permis la diminution des inégalités, la réduction des souffrances et des dépendances, la lutte contre l’exode, la promotion de la femme, la valorisation des savoir-faire locaux, la protection de l’environnement, …

Les programmes développés répondent aux attentes et aux besoins des partenaires des territoires de projet. Ils sont construits selon les principes démocratiques et participatifs voulus par les populations. Tous les programmes sont validés par les autorités locales et régionales et s’intègrent aux Plans Locaux de Développement (PLD) mis en oeuvre sur le territoire. Les projets sont mis en oeuvre avec l’appui des Agences Régionales de Développement (ARD).

Ces dernières années nous avons particulièrement développé la création de campements touristiques au Sénégal Oriental, la mise en réseaux des acteurs du tourisme au niveau régional, la formation de ces acteurs, la construction d’écoles ou salle de classes, la construction ou l’équipement de bibliothèques, la création d’une pépinière fruitière, le soutien aux activités maraichères et vivrières, l’organisation de missions médicales en brousse, la promotion des droits de l’enfant (en Kabylie)

Les futurs programmes nous permettrons de nous consacrer à l’aménagement du territoire par, le financement des diagnostics territoriaux et la création des Plans Locaux de Développement (PLD), la rénovation ou la création de réseaux hydrauliques dans des villages de brousse, la gestion des déchets solides, la promotion de l’artisanat local, le financement de projets de développement économiques en zone rurale, la protection des Aires Marines Protégées en Casamance, le développement de nos activités touristiques vers d’autres régions et pays.


Interview de Mr Henri Dalbiès, Président d’ICD Afrique | ©VOYAGEONS AUTREMENT
Par Geneviève Clastres

Journaliste indépendante, auteur, spécialiste de la Chine, de l’Asie, sinologue. Publications sur le tourisme équitable. Livres documentaire jeunesse sur l’Asie. Reportages divers.


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