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Grand Bivouac ou l’envol du quetzal ?

| 10 octobre 2016 • Mis à jour le 10.10.2016 à 7h46
Thèmatique :  Acteur associatif   Routes du Monde 
         

Du 13 au 16 octobre prochain, la 15e édition du Grand Bivouac d’Albertville sera l’occasion de découvrir de nombreux films, des acteurs engagés, mais aussi de nouveaux réseaux au cœur des enjeux de notre planète. L’occasion aussi de rencontrer le collectif de photojournalistes Vies de Quetzal qui animera plusieurs conférences, tables rondes et expositions. Echange avec Clément Burelle, rédacteur en chef de la revue « Vies de Quetzal ».

Collectif ViesDeQuetzal

Toit du ciel@ViesDeQuetzal

Pouvez-vous présenter  Vies de Quetzal ?

Vies de Quetzal est un collectif de photojournalistes français qui donne la parole aux voix minoritaires (peuples autochtones, migrants, sans-abris,…) en créant et/ou soutenant des projets artistiques et culturels autour de la photographie. En plus de réaliser des ateliers de photographie et de proposer nos reportages via les réseaux de diffusion dits “classiques”, nous compilons l’ensemble de nos travaux dans une revue annuelle, proposant ainsi un support supplémentaire à ces témoignages. Cette initiative permet de créer des conditions de travail saines et indépendantes, de diffuser du journalisme de terrain tout en proposant un support libre et indépendant à ces “sans-voix”.

Comment et autour de qui est né ce collectif ?

Ce collectif est avant tout le fruit d’un constat commun. Créé en octobre 2014, il est composé de cinq photographes : Julien Masson, Céline Ravier, Jérémie Lusseau, Jean-Félix Fayolle, et moi-même (Clément Burelle), qui suis à l’initiative du projet. Durant plusieurs années, nous avons travaillé chacun de manière individuelle sur divers thèmes auprès des “voix minoritaires” : peuples Guambianos de Colombie, communautés urbaines en marge du Mexique, moines du Ladakh, artistes engagés d’Afrique, etc. Nous souhaitons à présent rassembler ces volontés de témoigner par ce collectif, nous unir dans l’idée de proposer du journalisme à hauteur de cœur afin d’humaniser une information qui se masque, à nos yeux, bien trop souvent derrière des chiffres et des statistiques.

Collectif ViesDeQuetzal

Génération@ViesDeQuetzal

Quels projets artistiques avez-vous d’ores et déjà développé ?      

Nous avons eu la chance et le plaisir de travailler sur des projets divers et variés : auprès d’enfants trisomiques en Espagne, dans les quartiers populaires du Mexique, aux côtés d’enfants des rues de Kinshasa en République Démocratique du Congo, ou encore dernièrement auprès de quartiers populaires d’Albertville (73) avec le projet intitulé Au Fil de L’Autre que nous présenterons en partie durant le Grand Bivouac 2016.

Bien que les problématique soient totalement différentes, à chaque fois, l’idée est la même : proposer à ces personnes la mise en place d’ateliers de photographie entièrement gratuits, l’objectif principal étant de leur donner la parole via le langage universel de l’image. Les réalisations peuvent alors prendre différentes formes : reportages publiés sous forme de Street art, revues photographiques, expositions en plein air, etc.

Le photographe Réza dit à juste titre :“La démocratie, c’est avant tout donner la possibilité à tous de s’exprimer. » On tente simplement de proposer à ces peuples et communautés des outils pour s’exprimer librement et offrir ainsi un espace à ces témoignages.

Collectif ViesDeQuetzal

Ateliers photographiques@ViesDeQuetzal

Depuis octobre 2015, vous publiez une revue annuelle, pouvez vous en dire plus sur ce projet ?

En effet, chaque année nous publions une revue qui finance l’ensemble de nos travaux tout en se proposant comme un nouveau lieu d’expression libre pour ces peuples et communautés. Notre collectif est parfois amené à effectuer ses réalisations aux côtés de communautés et organisations autochtones. C’est pourquoi nous ne souhaitons pas accepter de subventions gouvernementales ni de fonds émanant d’entreprises susceptibles de violer les droits de ces peuples. La création d’une revue annuelle nous a semblé être la manière la plus saine pour parvenir à réaliser nos travaux aux côtés de ces rencontres.

Sa vente et les bénéfices engendrés nous permettent de financer pour l’année suivante une partie de nos réalisations (ateliers de photographie, présentations,…) ainsi que l’édition d’un nouveau numéro. Nous nous sommes lancés dans l’édition du premier numéro un peu à l’improviste, au culot, et au final grâce au précieux soutien de nos lecteurs et à la complicité d’une trentaine de libraires en France, ce fut un succès et nous avons pu financer la création d’ateliers de photographie ainsi que l’édition d’un second numéro (qui sera présenté en avant première durant le Grand bivouac).

Collectif ViesDeQuetzal

Ces voix que l’on entend peu@ViesDeQuetzal

Un pays, un peuple, un angle dont vous êtes plus particulièrement spécialiste ?

Il n’y a pas de pays en particulier. Chacun de nous a bien sûr une attirance particulière. Julien Masson travaille beaucoup en Afrique auprès des anciennes colonies françaises. Il a notamment travaillé deux années sur les traces des tirailleurs sénégalais avec un projet intitulé Mémoire en Marche (documentaire, exposition, livre). Jean-Félix Fayolle quant à lui s’intéresse particulièrement à l’Amérique Latine, notamment le Mexique où il a des attaches depuis plus de dix années (plusieurs expositions).

Le thème qui nous unit tous, c’est ce que certains appellent « les voix minoritaires ». Des peuples, communautés qui n’ont pas/peu la parole dans les médias et qui font souvent face à des problématiques complexes. Cela peut concerner les luttes autochtones face à des groupements pétroliers en Amazonie, comme un quartier voisin en France trop souvent stigmatisé.

Que souhaiteriez-vous ajouter pour ne rien oublier sur votre projet ?

Vies de Quetzal reste une démarche «  artisanale ». On fait au mieux avec nos petits moyens pour proposer quelque chose de qualité et nous sommes ravis de voir le projet grandir et fonctionner. Nous souhaitions réellement parvenir à proposer une information indépendante permettant au grand public de s’interroger sur des questions de sociétés peu développées, tout en donnant la parole à certaines personnes et communautés ayant peu d’espace pour s’exprimer.  Il était pour nous primordial de créer un support libre, sans publicité, de croire encore au charme du papier, d’une revue qui se prête et se partage. Croire encore en une information qui infuse de longs mois aux côtés de ces rencontres. Pour ce second numéro, nous traitons une vingtaine de sujets dans une quinzaine de pays différents : 220 pages en papier recyclé et sans publicité, pour un média 100% libre et indépendant.

Vous pourrez retrouver l’équipe de Vie de Quetzal au Grand Bivouac d’Albertville où voyageons-autrement.com sera également présent.

——– ALLER PLUS LOIN ———–

http://www.vd-quetzal.net/revue2

Voyageons autrement, partenaire média du Grand Bivouac, sera présent dans le salon du voyage avec ses partenaires : Puraventura, Viventura, Naturabox, Un Monde Autrement, Viatao … une bonne occasion de discuter de vive voix avec l’équipe…

Collectif ViesDeQuetzal

Femmes du monde@ViesDeQuetzal

 


Grand Bivouac ou l’envol du quetzal ? | ©VOYAGEONS AUTREMENT
Par Geneviève Clastres
Journaliste indépendante, auteur, spécialiste de la Chine, de l'Asie, sinologue. Publications sur le tourisme équitable. Livres documentaire jeunesse sur l'Asie. Reportages divers.
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