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Et si les colonies de vacances intégraient le parcours éducatif ?

| 3 décembre 2018 • Mis à jour le 04.12.2018 à 20h52
Thèmatique :  Acteur associatif   Acteur privé   Territoire 
         

Comment faire en sorte que l’école, le collège, l’ensemble du parcours éducatif devienne prescripteur des colonies de vacances et autres séjours de découverte, ces temps de vacances en collectivité qui sont également des lieux d’apprentissage et de vivre ensemble. Alors qu’il n’est plus besoin de démontrer l’immense bienfait des colonies sur les jeunes, il serait vraiment temps de mieux communiquer sur les nombreux dispositifs existants qui permettent de favoriser les départs du plus grand nombre, et notamment des familles à petit budget.

L’accès aux vacances reste un combat

Le 23 novembre dernier, lors du septième colloque de l’UNAT consacré aux colonies de vacances et séjours collectifs, la thématique majeure portait sur le rapprochement entre temps éducatif et séjours collectifs. « Il faut se poser les bonnes questions, s’interroger sur la baisse du nombre de départ, rappeler le droit de tout un chacun aux vacances à l’heure où dans les revendications des gilets jaunes, revient aussi cette impossibilité pour beaucoup à partir en vacances ! » Présidente de l’UNAT, Michelle Demessine a ouvert le colloque par un plaidoyer pour défendre encore et toujours le droit aux vacances pour tous. Car on connait le bienfait des temps de rupture,  l’importance des séjours récréatifs pour les jeunes. Patrick Drouet, président de l’UNAT Ile de France et directeur de Temps Jeune : « Les  colonies doivent mieux s’intégrer aux parcours éducatifs. On le sait mais on ne sait pas le faire savoir ! ». Plusieurs années déjà que ce constat est là, cet appel à plus de complémentarité entre temps scolaires et temps récréatifs, ce plaidoyer pour plus d’échanges entre les différents acteurs. Et pourtant, des solutions existent, des modèles fonctionnent. Certes, la société évolue, certaines associations et comités d’entreprise à l’image de Michelin revoient parfois leur modèle, des collectivités territoriales oscillent entre préservation et vente d’un patrimoine « colo » pas toujours facile à défendre, des séjours privés toujours plus diversifiés prennent aussi leur part du gâteau. Mais que veut-on ? Quelles sont les données objectives des départs ? Autant de sujets pas si simples sur la feuille de route….

Faut-il rendre les colonies obligatoires ?

Obligatoire ? Disons que parfois, l’argument peut toucher certaines familles qui n’ont pas cette « culture » et qui, si les colonies étaient intégrées au parcours éducatif, les verraient d’un autre œil. Evidemment, il y a colonie et colonie, mais l’exemple du CLAVIM (association d’Issy-les-Moulineaux) rapporté par Christophe Moullé (son directeur adjoint) lors de la première table ronde du colloque est assez éloquent. Sa force : ses animateurs sont investis dans les projets de séjours et connaissent bien les parents, qui leurs font confiance. Entre outre, à l’issue de la colonie, les jeunes reçoivent un livret colo qui valorise les compétences acquises ou révélées de chacun pendant son séjour. Ce livret est remis aux directeurs d’écoles ou aux principales de collège (attestation envoyée et mis dans le dossier du jeune !!) qui peuvent alors découvrir ces jeunes sous un autre jour, moins scolaire, mais tout aussi important. Tel jeune se sera montré plein d’initiatives, tel autre aura valorisé ses compétences manuelles, une oreille musicale, etc. Ce dispositif permet donc de décloisonner le champ éducatif et donne une vision beaucoup plus complète de la personnalité de l’élève, montrant également toute l’importance des séjours collectifs aux familles. Quand le tiers temps éducatif est complémentaire de l’enseignement !!!

Parcours éducatifs

Accroc-branches@GC

Des aides, des dispositifs nombreux…. 

A l’image du CLAVIM, d’autres dispositifs reliant parcours éducatif et récréatifs ont montré leurs efficacités. Directrice générale de la Jeunesse au Plein Air (JPA), Anne Carayon a exposé l’opération « Partir en colo avec Ecole ouverte » mise en place en 2016 qui cible les  élèves vivant dans des zones urbaines et rurales défavorisées ou dans des contextes  économiques et sociaux difficiles. Il permet de partir sur des séjours de 5 jours à une semaine à un tarif de 6 €/jour. En outre, le dispositif est innovant en ce qu’il est présenté directement dans les établissements scolaires et implique les CPE (Conseillers Principal d’Education), renforçant le lien entre l’école et les familles. Sans ce dernier, 80% des familles concernées n’auraient pas pu envoyer leurs enfants en vacances. Elles se montrent alors reconnaissantes à la fois envers le collège, partenaire du dispositif, mais aussi envers cette expérience donnée à leurs jeunes de partir en vacance en séjour collectif. A noter, nombre de ces programmes (on aurait pu aussi parler des Vacances Arc-en-Ciel qui aide le public parisien) ne pourraient exister sans l’aide des CAF, des collectivités, de l’état… Par exemple, en 2017, VACAF (branche « vacances » des CAF) a versé 26,5 millions d’euros facilitant le départ de 74 000 jeunes (91 millions  d’euros si on inclut l’aide au départ des familles). Des aides qu’il faut valoriser et qui ont également besoin d’être poursuivies avec des visions politiques claires et des coups de pouce d’autres acteurs à l’image de la SNCF qui n’est pas très proactive pour faciliter l’accès à des transports collectifs plus abordables…

Colo

Dans les herbes@GC

Reste à faire-savoir !

Les chantiers et défis à relever sont donc nombreux pour les séjours collectifs, sans perdre de vue l’importance de mieux valoriser ce qui existe déjà, relayer toutes les possibilités de départ en vacances et notamment pour les familles qui en ont le plus besoin. L’école, le collège, le lycée, l’ensemble du parcours éducatif ont alors une place à prendre pour faire passer l’information aux familles. Faire connaitre, expliquer, rassurer, valoriser les séjours collectifs, c’est tout l’enjeu des passerelles à créer entre les temps éducatifs et récréatifs. Et finalement, à l’instar des médecins qui prescrivent du sport pour protéger notre santé, l’école ne pourrait-elle pas prescrire des colonies pour donner un coup de pouce à nombre de jeunes qui n’ont pas la chance de partir en vacances ? Dans un cas comme dans l’autre, c’est la société qui est gagnante. Prévention contre médication, formation aux vivre-ensemble contre isolement et mise en ban. Là aussi se cultivent et se plantent les racines de la société que l’on essaie de construire pour demain.

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Et si les colonies de vacances intégraient le parcours éducatif ? | ©VOYAGEONS AUTREMENT
Par Geneviève Clastres
Journaliste indépendante, auteur, spécialiste de la Chine, de l'Asie, sinologue. Publications sur le tourisme équitable. Livres documentaire jeunesse sur l'Asie. Reportages divers.
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