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Deux outils innovants pour penser et gérer le climat en montagne

| 8 juillet 2013 • Mis à jour le 08.07.2013 à 9h43
         

Lors du séminaire de clôture de Transversalis Action 3 mené par l’ISTHIA, la question s’est posée – au sein de cet institut dynamique qui forme entre autres les gardiens de refuge – d’aider un certain nombre de décideurs à intégrer le changement climatique dans leurs décisions stratégiques. Deux outils ont notamment été présentés, le projet VETTA, un système analytique de gestion environnementale des refuges par l’Université de Turin et un questionnaire en ligne d’aide à la décision pour les porteurs de projets touristiques, par l’ISTHIA.

logos transversalisUEPOC

Du Piémont à l’Ariège, pour une gestion verte des refuges

Lors de l’ouverture du séminaire Transversalis Action 3, Augustin Bonrepaux, président du Conseil Général de l’Ariège, s’est réjoui du dynamisme de son département. Outre l’ISTHIA et son magnifique centre de valorisation et de ressource, l’Ariège possède le Métatron, un instrument unique au monde situé à Moulis, à la station d’écologie expérimentale du CNRS. Il permet d’étudier l’évolution des espèces face aux changements climatiques. Enfin, le département entame une coopération avec le Piémont et plus précisément, des échanges croisés entre l’ISTHIA et l’université de Turin. Ainsi, au cours du séminaire,  Ricardo Beltramo, coordinateur du champ « Commodity Science » pour l’Université de Turin, a présenté un projet innovant qui sera sûrement repris par l’ISTHIA dans l’idée de co-construire des formations professionnelles et de mutualiser les expériences positives. Concrètement, il s’agit d’un modèle de gestion environnemental de refuges de montagne qui ont fait l’objet d’un projet (CHALET – de 1997 à 2002) et d’une expérimentation dans la vallée d’Aoste sur une cinquantaine de refuges avant d’être appliqué sur 105 refuges. Les caractéristiques de chaque refuge ainsi que la perception des touristes ont notamment été étudiés afin de mettre en place une télé-acquisition des données et une charte de qualité avec des labels engageants. Parmi les réalisations innovantes, le scatolloto, une petite boite (protégée par un « objet-déchet », façon de en rien gaspiller et de montrer qu’on a tous une deuxième vie !) bourrée de capteurs, reliée à une unité périphérique, qui permet de connaitre à distance les variables des refuges (température, consommation électrique, etc.) – ces données sont ensuite reportées sur un tableau de bord, que le gardien du refuge peut vérifier à distance. Un immense pas en avant pour des gardiens dont le rôle est central (importance aussi de leur formation !) et qui ne seront plus obligés, par exemple, de monter quotidiennement au refuge pour vérifier l’état d’enneigement et les conditions météo, ce qui permettra même à certains de prendre quelques vacances… Une charte de qualité et un label ont également été mis en place avec, d’ores et déjà, 97 refuges labélisés en Lombardie. L’ISTHIA, dont le diplôme de gardiens de refuge est reconnu au niveau européen, pourra donc proposer son savoir-faire en matière de formation et s’inspirer de cette expérience pour aider ses décideurs locaux à repenser le refuge de montagne.

Outil innovant climat

Ricardo Beltramo présente le scatolloto @GC

Du projet à  l’action : un outil d’aide à la décision intégrant le climat

Dans l’après-midi, Pierre Torrente, Directeur adjoint de l’ISTHIA, a également présenté un outil d’aide à la décision intégrant le changement climatique et la capacité des projets à générer du développement. Mis en place par Juliane Boistel, chargée d’études et d’animation au centre de valorisation de l’ISTHIA et chargée de mission Transversalis et son compère Philippe Godard, ingénieur d’études responsable de la formation continue à l’ISTHIA), il vise à aider les porteurs de projet touristique, qu’ils soient publics ou privés, à intégrer le changement climatique et le développement du territoire dans le montage de leur dossier. Le constat de départ est simple et sans appel : les schémas de massif oublient systématiquement d’intégrer la réalité du changement climatique à leurs plans prévisionnels. La question est pourtant centrale et l’ISTHIA a compétence pour réfléchir à l’intégration du tourisme au développement. En ce sens, il a déjà organisé (toujours dans le cadre de Transversalis Action 3) le colloque UNITER_RES dont les actes, rédigés par notre collègue Sandra Bordji, seront bientôt disponible sur la plateforme web de l’action 3 du site de l’ISTHIA. Ce dernier a aussi créé une plateforme de ressources de données accessible à tous avec des chiffres clés sur le changement climatique. Trois ans ont été nécessaires pour agréger une somme d’informations considérable, consultables dès à présent. Enfin, un outil d’aide à la décision a donc été mis en place, sous la forme d’un questionnaire en ligne, dont le résultat permettra d’orienter les porteurs de projets sur l’enjeu climatique et les risques encourus. Son utilisation est simple et pratique, quelques 70 questions à traiter en ligne, toutes sous-tendues par cinq principes identifiés : la condition climatique, la durée du séjour, la fidélisation, la présence de services sur place et la place de l’activité touristique.

Logo ISTHIA

Ces principes sont ensuite guidés par quatre déterminants qui visent à caractériser la relation entre projet touristique et risque climatique : la dépendance directe au climat, la capacité d’atténuation du phénomène (canons à neige, etc.), la capacité de réversibilité et d’adaptation (mutation du camping) et le niveau de conscience et de connaissance du projet. Toutes les questions posées essaient donc d’imaginer les questions que l’on se pose quand on monte un dossier. Une fois le questionnaire rempli, la réponse est donnée par une première photographie du projet à l’instant t, comprenant une synthèse graphique et différents indicateurs (tous matérialisés par un logo) mettant en exergue les marges de manœuvre possible. A l’arrivée, les porteurs de projet ont une feuille de route pour générer du développement durable sur leur territoire car l’idée n’est pas de dire si un projet est bon ou non, mais de calculer la prise en compte du risque climatique tout en les sensibilisant, ce, dans une démarche de progrès continue. Pour l’heure, l’outil est tout neuf et l’ISTHIA n’a pas encore eu le temps de le tester mais l’idée est de le mettre à disposition du plus grand nombre (collectivités territoriales, privés, élus, etc.) en s’inscrivant sur un site en ligne (pour garder une traçabilité des utilisateurs). Il est aussi envisagé de commencer à l’essayer avec les professionnels présents au séminaire, pour co-construire un outil de plus en plus fiable. A suivre donc…

En guise de conclusion

Chargé de conclure l’ensemble du séminaire, Vincent Vles a mis l’accent sur ces deux outils innovants qui visent à donner du sens aux bonnes intentions trop souvent mises en mots mais pas assez en actes, ou comment passer de la conscientisation à l’action. Il a également cité le syndrome humain de Simondon, qui indique que face à une modification radicale, l’homme attend d’être au pied du mur avant de réagir, une forme de propension à attendre le dernier moment alors qu’on sait qu’on n’a plus le choix. Evidemment, on aimerait que ce volontarisme trouve un écho auprès des élus, collectivités territoriales et autres décideurs, que ces outils soient pris en compte et que les opérateurs se les approprient. Les inondations dans les Hautes Pyrénées sont peut-être un premier signe que la rentabilité économique à court terme ne remplacera jamais le temps et la réflexion. Qui sait ? Il n’y a que les montagnes qui ne se rencontrent pas

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EN SAVOIR PLUS :

Le programme Transversalis consiste en une coopération de trois territoires : l’Espagne, la France et l’Andorre. Il vise à renforcer l’intégration transfrontalière en valorisant les complémentarités sur le plan des activités universitaires et économiques, de l’innovation et du capital humain. Il a permis différents travaux qui s’intéressent à la formation, la recherche et donc au tourisme. Il a été financé à 65% par l’Europe (FEDER) et à 35% par divers bailleurs comme le Conseil Généraux et Régionaux de l’Ariège, la mairie de Figueras, etc. Il concerne sept universités dont les trois gros porteurs sont : l’Université Toulouse II Le Mirail, l’Université de Girona et l’Université de Perpignan Via Domitia.

Le site Transversalis a également pour objectif de faciliter la préparation des projets de mobilité transfrontalière, que ce soit pour des études dans les domaines du tourisme, des énergies renouvelables et de l’environnement que pour votre recherche d’emploi ou de logement.

Chef de file de Transversalis : Elie Brugarolas, du Pôle régional de l’Enseignement Supérieur de Toulouse (PRES)

Plus d’information sur www.e-transversalis.eu

 

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Deux outils innovants pour penser et gérer le climat en montagne | ©VOYAGEONS AUTREMENT
Par Geneviève Clastres
Journaliste indépendante, auteur, spécialiste de la Chine, de l'Asie, sinologue. Publications sur le tourisme équitable. Livres documentaire jeunesse sur l'Asie. Reportages divers.
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