#TourismeDurable
La feuille de chou du tourisme durable

De l’eau qui vaut de l’or

| 18 décembre 2012 • Mis à jour le 18.12.2012 à 11h32
         

Le secteur touristique est un gros consommateur d’eau. Hôtels, golfs, campings, bases de loisir, l’eau est partout et semble inépuisable. Et pourtant, alors que les besoins augmentent, la ressource n’a jamais été autant menacée. Il existe pourtant des moyens simples pour consommer moins, autant de petits gestes où tout le monde finit par être gagnant.

Journée CCI Lorient

Une denrée menacée

L’eau est renouvelable mais pas inépuisable. Les chiffres sont alarmants. Sur l’ensemble de la planète, la quantité d’eau est estimée à 1 400 millions de km3 (environ 400 fois le volume de la Méditerranée), une quantité qui n’a pas augmenté depuis son apparition sur terre (il y a environ 3,4 milliards d’années). Or, la population augmente. Nous serons 8 milliards en 2025. Les besoins sont croissants. La ressource de plus en plus rare. La quantité d’eau douce renouvelable et disponible par habitant a été divisée par trois depuis les années 1950. Et ce climat qui se dérègle de plus en plus…

En Bretagne, il tombe annuellement une moyenne d’un mètre cube d’eau au mètre carré. Certes, cette manne pourrait être mieux répartie dans le temps (il pleut surtout en hiver) et dans l’espace (il pleut surtout à l’ouest et au centre alors que l’essentiel de la population réside dans le bassin rennais et sur le littoral) mais la Bretagne n’est pas en manque d’eau. Et pourtant, récemment, des périodes de sécheresse ont été constatées jusqu’au mois de novembre. Sur le territoire, le bassin breton (comprenant La Rochelle et la Loire Atlantique) consomme 220 millions de mètres cubes par an. La part de l’hôtellerie de plein air est de 52 millions de mètres cube. Il est temps de passer à l’action.

Mieux gérer la ressource eau

Chargé d’interventions spécialisé pour l’agence de l’eau Loire-Bretagne, Robert Le Gentil est intervenu à Lorient le mardi 11 décembre devant une salle de professionnels du tourisme. L’idée, expliquer de façon simple et pédagogique tout l’intérêt pour des hôtels, gites ou campings de mieux gérer leurs consommation d’eau. Rien de compliqué dans cette présentation basée sur le triptyque « compter/contrôler/réduire», du bon sens en fait. Et pourtant, Robert Le Gentil pourrait citer nombre d’exemples d’établissements qui ont vu leur consommation chuter par deux voire trois une fois les bons réflexes appliqués.

La première étape consiste donc à mieux connaitre ses consommations. Soit collecter et exploiter les données, analyser les évolutions et établir des ratios sur plusieurs années en détectant les pics de fréquence. Pour cela, il est fondamental de mieux compter, et donc, de multiplier les compteurs surtout pour les sites comprenant plusieurs sources (restauration, piscine…). Le problème des fuites à maitriser semble évident mais souvent, c’est l’absence de contrôle ou de suivi qui pêche. Un geste simple comme vérifier un relevé avant et après fermeture de l’établissement permet de savoir à quoi s’en tenir. Enfin, il existe à présent nombre de façons de réduire sa consommation comme doter les points d’eau d’équipements économes (réducteurs de débit…), limiter les pratiques abusives (arrosage en plein soleil, lavage de voiture à plein jet), contrôler la temporisation du matériel… car le plus technologique est souvent synonyme de dérive, à l’instar de ces robinets automatiques qui continuent à couler bien après que l’utilisateur soit parti…

Eau ?

Seul le ciel peut attendre. Yue Minjun @G.Clastres

Innovation et sensibilisation

Quand c’est possible, il est aussi envisageable de réutiliser les eaux de pluie voire les eaux usagées. Le Grenelle a été très incitatif mais  l’encadrement réglementaire reste très contraignant. Il faut donc faire particulièrement attention au moment d’investir d’autant que la pluie est une bénédiction aléatoire. On peut faire une  énorme cuve de stockage et manquer d’eau suite aux caprices du ciel. En outre, un habitat de plus de 30 ans n’est pas conçu pour récupérer les eaux de pluie en un seul jour. Il faut donc  bien réfléchir. Pour les eaux usées, c’est le poids sanitaire et l’encadrement réglementaire qui peuvent également être contraignants. Il existe toutefois des possibilités et notamment, un important potentiel via les eaux recyclées. On peut ainsi utiliser une partie des eaux de rinçage, ou stocker une eau chlorée pendant 48 heures (celle d’une piscine par exemple) qui peut alors servir à l’arrosage de jardin ou de plantes.

Enfin, la sensibilisation des usagers reste fondamentale. Les clients n’aiment pas les contraintes et il faut savoir trouver des messages adaptés, toucher la curiosité plutôt que culpabiliser, utiliser l’humour, les messages simples, l’illustration ou le dessin, etc.

Les subventions possible avec l’agence de l’eau

L’agence de l’eau peut aider les professionnels du tourisme à définir un plan d’action et un calendrier prévisionnel opérationnel. En outre, elle peut apporter des aides financières, soit une subvention de 50 % pour des études de diagnostics ou des études de potentialités d’économie mais aussi pour tous travaux visant à maitriser ses consommations par des équipements économes ou des dispositifs de réutilisation de la ressource. Chaque région possède ainsi son référent, qui, à l’image de Robert Le Gentil pour la Loire et la Bretagne, pourra vous donner tous les éléments complémentaires pour vous aider à agir. Et quand il s’agit d’eau, les Bretons sont sensibles, eux qui vivent entourés par la mer et qui ont longtemps payé chers les programmes de reconquête de la qualité de l’eau.

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Rien au monde n’est plus souple et plus faible que l’eau                          Mais pour entamer dur et fort                                                               Rien ne serait prendre sa place                                                              Que faiblesse prime force                                                                      Que le vrai aie le son du faux                                                                  Le souple vainc le fort, le faible vainc le dur

DAODEJING – Laotzi.


De l’eau qui vaut de l’or | ©VOYAGEONS AUTREMENT
Par Geneviève Clastres
Journaliste indépendante, auteur, spécialiste de la Chine, de l'Asie, sinologue. Publications sur le tourisme équitable. Livres documentaire jeunesse sur l'Asie. Reportages divers.
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