#TourismeDurable
La feuille de chou du tourisme durable

Au coeur du Kissavos

| 22 octobre 2013 • Mis à jour le 14.11.2013 à 9h23
Thèmatique :  Routes du Monde   Territoire 
         

La région du Kissavos, dont le sommet culmine à 1978 mètres, alterne massifs montagneux et collines agricoles, des terres riches et riantes ponctuées de petits villages qui regardent la mer. Nous vous proposons une petite boucle à la rencontre de sites,  paysages et personnages attachants, un petit récit de voyage pour vous donner envie, à votre tour, d’aller à leur rencontre.

Carnet de Voyage

Le pope apiculteur

Thessalie

Pope apiculteur@GClastres

A Velika, chez Nikos, nous rencontrons Nectarios Drossos, un prénom prédestiné pour un pope apiculteur : « Avant, j’avais deux-trois ruches. A présent, je produis plus. Je donne beaucoup et le surplus me permet de couvrir mes dépenses personnelles. Chaque fois que j’ouvre une ruche, je me sens bien, c’est un microcosme en harmonie parfaite ». Avant, Nectarios était moine au mont Athos. En 1981, il débarque à Aghia par hasard, avec dix autres moines. L’endroit lui plait. Il décide de rester. « Ici, on se concentre sur l’esprit, il y a peu de pauvres, une soixantaine. » Nectarios est originaire d’Amorgos, le « Grand bleu » : « D’abord, c’est la nature qui m’a retenu ici, je suis de la mer. Mais les gens d’ici sont trop riches, ils mettent trop d’engrais, ils détruisent ce que j’aime. Par exemple, mes ruches, je ne peux pas les transporter du côté des champs de coton, elles seraient polluées par les pesticides. Ici, le cancer a fait des ravages. » La crise ? « Depuis la crise, beaucoup de gens viennent à l’église, où nous organisons des distributions alimentaires. L’église, c’est à la fois la nourriture et l’espoir. Il faut que l’on solidarise, que l’on combatte la dépression ambiante et les nombreux suicides camouflés par les médias ».

Les sources « rouges » de Kokino Nero

Depuis toujours, les gens de la région viennent se baigner ici, dans ces sources ferrugineuses dont les bienfaits pour la peau et l’estomac sont avérés. Certains viennent même remplir bouteilles et bonbonnes car, dit-on, boire l’eau de Kokino Nero est l’assurance d’avoir un complément en fer. L’eau d’ici soigne tout, précise une villageoise : « J’avais des champignons et ils ont disparu. C’est aussi excellent pour les hémorroïdes, la circulation du sang, pour combattre le stress, et pour soulager les douleurs musculaires ». Attention toutefois, la température de l’eau oscille entre 10 et 15°, la santé se mérite mais, peut être, rencontrerez-vous, les déesses Dafni, Artémis et Aphrodite… la mythologie nous laisse entendre qu’elles venaient se baigner ici.

Thessalie

Kokino Nero @G.Clastres

 

Depuis peu, de nouveaux bains en pierre ont été construits en contrebas des sources, au niveau du village. Pour l’heure, le site est libre d’accès, principalement fréquenté par des touristes grecs et polonais. Mais déjà, quelques cafés en surplomb et l’aménagement de cabines pour se changer donne à penser que d’ici peu, le lieu pourrait devenir plus touristique. Le maire, comptable mais aussi réaliste, a déjà prévu son site : www.kokinonero.blogspot.gr

Grèce

BainsdePIerre@G.Clastres

Le château de Meliboia

Les ruines et fondations du château de Meliboia (prononcer Melivia) ont été retrouvées dans le massif du Kissavos, dans la région d’Aghia. Homère en parlait déjà dans ses écrits. Meliboia fut détruite en 108 par le général romain Octave. Cette ville antique aurait participé à la guerre de Troie et fut définitivement abandonnée au 8e siècle. Elle fait aujourd’hui l’objet d’un intense programme de restauration avec force bénévoles et passionnés, les universitaires ayant pris le relais de l’état, exsangue. Ils ont notamment mis à jour une véritable colline fortifiée avec tout le nécessaire pour faire une acropole, une église byzantine, une ancienne tour de garde, des murs construits sous Justinien, deux tombeaux collectifs, des jarres à vin ou à huile datant du 5e/6e siècle.

Thessallie

Ruines de Meliboia@Y.Dhombres

En 480 av. JC, lorsque les Perses, 250 000 hommes dirigés par Xerxès 1er, passèrent par ce site pour aller conquérir la Grèce, plus de 4 000 bateaux, soit 30 kilomètres d’embarcations stationnées en file indienne, furent arrêtées sur la mer située en contrebas dans l’attente de l’attaque finale. A l’aube du jour suivant, une terrible tempête fit couler un millier de bateaux. La Grèce profita de ce laps de temps pour se réorganiser. Elle gagna finalement cette guerre, la 2e guerre médique, et fut sauve.

Un déjeuner à  la grecque

Thessalie

Délices des mers@G.Clastres

Il est 16h, les grecs mangent, un déjeuner qui peut souvent durer jusqu’à 18h voire se prolonger en soirée. A 22h, on remangera un en-cas, enfin, souvent un nouveau festin. A Damouhari, on se régale de poissons grillés, poivrons marinés, d’aubergines frites, de tarama et tsatsiki, le tout arrosé de tsipouro, l’alcool local. La veille, on avait gouté au chou farci, au caseri (un des 25 fromages de la région d’Elasonna) puis au nivato (brousse de chèvre), à l’incontournable féta mais aussi, à la trachana, la soupe de blé au beurre et à l’agneau de lait (provio) des paturage du mont Olympe. Est-ce pour cela qu’Isabelle nous a un jour confié : « On dit que pour les grecs il faut trois chaises, une pour le coude, une pour les pieds, une pour les fesses ».

Carnet de voyage

Entre pommiers et châtaigniers

CDT Lozère

En visite chez des producteurs de châtaignes @G.Clastres

Nous visitons un maraicher dans les environs de Melivoia, un gros village de la région. Ici, pommes, châtaignes mais aussi cerises sont des cultures qui enrichissent tout le Kissavos, 95% de la population active en dépendent. Les pommes et les châtaignes se récoltant fin septembre, nous avons la chance de voir des arbres croulant sous les fruits. Dans ce village, on produit 3000 tonnes de châtaignes par an, tout est ensuite vendu sans transformation. Le village compte un « bazar de la châtaigne » où les commerçants viennent s’approvisionner. Cette année, la production a chuté de 30% à cause du climat et le kilo de châtaigne se vendra autour de 2,50 €. Pierre Spirito, responsable de la coopération entre la Lozère et la Thessalie s’interroge : « En Lozère, grâce au programme LEADER, on a financé près de Villefort une petite unité de transformation de châtaignes en farine (Fariborne). Et ici ? » Ici, ce n’est pas encore le cas. Mais les Grecs sont très intéressés d’entendre ce responsable de Lozère leur expliquer tout ce qu’ils font avec les châtaignes (bocaux, vin, purée, etc.). La coopération part toujours du terrain.

Thessalie

Pommes d’Aghia@G.Clastres

 

Un peu plus bas, on nous présente une usine de pommes qui a été mis sur pied depuis trois ans grâce à des fonds européens (FEOGA – 45% du budget). L’unité commercialise cinq espèces de pommes de la région. Le premier tri se fait à la main, puis les pommes sont mis en cagettes et stockées dans des frigos. Chaque année, 7 000 tonnes de pommes partent de l’unité de production, qui compte 30 permanents et une cinquantaine de saisonniers. 30% des pommes produites en Grèce viennent de la région d’Aghia, qui en commercialise 60%.

Thessalie

Unité de production de pommes @GClastres

 

Suite de notre escapade dans le Kissavos à venir très prochainement …

 

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En savoir plus : Merci à Isabelle Bouchy pour sa patience, ses connaissances et son rôle pivot, elle qui fut le pont entre l’AENOL (société de développement de Larissa) et le Comité départemental de la Lozère – dans le cadre du programme LEADER.                                                           Son site : www.medcenv.org

Merci à Pierre Spirito, directeur du CDT Lozère et Yves Dhombres, directeur financier et administratif.

http://www.lozere-tourisme.com/

Merci à Antonia Neyrins, pour ses magnifiques illustrations.

Nouveau Blog http://antonia-neyrins.blogspot.fr/

Facebook http://www.facebook.com/antonianeyrins

Sites utiles en Grèce :

http://www.aenol.gr/aenol-in-english

www.thessaliatourism.gr/

http://www.olympusadventure.com/

 

 


Au coeur du Kissavos | ©VOYAGEONS AUTREMENT
Par Geneviève Clastres
Journaliste indépendante, auteur, spécialiste de la Chine, de l'Asie, sinologue. Publications sur le tourisme équitable. Livres documentaire jeunesse sur l'Asie. Reportages divers.
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