#TourismeDurable

ANTSANITIA RESORT : UN HÔTEL, DES VILLAGES ET DES HOMMES

| 12 juillet 2011 • Mis à jour le 13.07.2011 à 13h29
         
Courant 2011, près de 200 000 visiteurs devraient se presser aux frontières de Madagascar, de quoi réjouir les acteurs du tourisme local et notamment l’hôtel Anstanitia, un hôtel un peu à part qui s’est bâti sur l’idée d’intégrer le tourisme à une réalité locale et régionale. Un mariage réussi entre des hôtes venus d’ailleurs et des populations heureuses de trouver là un débouché économique.
Antsanitia Resort

IL ETAIT UNE FOIS UN HÔTEL…

Le projet de l’hôtel Antsanitia est un projet de longue haleine. En 2001, la côte au nord de Mahajanga, entre Ampazony et Antsanitia, est classée réserve foncière touristique. Un projet hôtelier voit le jour qui réunit les terrains  d’un espace domanial (20 ha) et  ceux d’un périmètre de reboisement affecté aux Eaux et Forêt et Chasse (2 ha). Les choses ne se font pas sans mal au vu des nombreux intérêts locaux mais très vite, les gérants de l’hôtel rassurent les villages et populations locales. L’idée n’est pas de les chasser pour faire une réserve touristique de plus mais bien de les intégrer au projet afin que le tourisme puisse jouer son rôle de levier de développement local.

De fait, aujourd’hui, la majorité des employés viennent du village d’Antsanitia, situé à 4 kilomètres de l’hôtel proprement dit. Et l’hôtel est très attentif à ce que son développement se fasse en lien avec celui des conditions de vie des villageois.

Pour cela, ces derniers déterminent des besoins et projets prioritaires, soumis ensuite aux gérants de l’hôtel. Ces actions de développement sont ensuite fédérées par une association villageoise, l’ADTIA (Association pour le Développement du Tourisme Intégré à Antsanitia et Ampijoroa), regroupant les trois principaux villages situés autour du site, soit 400 à 500 personnes :

L’ADTIA regroupe dans son « fokontani » :

• ANTSANITIA, hameau le plus important, environ 250 habitants

• BELAMOTI, hameau d’environ 50 habitants

• ANKABOKABE, hameau d’environ 80 à 100 habitants

 

Animation des villageois autour d'Antsanitia Resort

 

AU COEUR D’ACTIONS INTEGREES

Intégré au cœur de trois villages de pêcheurs, l’environnement de l’hôtel est donc particulièrement propice au développement d’activités écotouristiques. Dans le village d’Antsanitia, les traditions ancestrales restent très marquées. L’ethnie locale, les Sakalava, pratique la pêche mais aussi l’agriculture avec notamment l’élevage de bovins, utilisés pour le labourage, le transport et la nourriture.

Toutefois, outre la préservation de l’environnement, l’hôtel s’implique aussi, dans la santé, l’éducation, la formation, le développement des activités économiques. Issus des villages environnants, les employés ont été formés grâce à l’ADTIA aux métiers de base de l’hôtellerie et du tourisme : femmes de chambre, services salle et bar, cuisine etc. Aujourd’hui, 95% des salariés de l’hôtel habitent les villages alentours.

En outre, partenaire privilégié d’ADTIA depuis 2009, l’association de solidarité internationale AMADA mène de nombreuses actions environnementales, humanitaires et d’insertion dans la région.

Pour cela, une partie du chiffre d’affaire généré par l’hôtel est reversé à AMADA, auquel s’ajoute un don annuel.

Parmi les projets en cours : la protection et la réhabilitation du littoral d’Antsanitia, la sauvegarde de l’écosystème de la mangrove par des campagnes de plantations et d’informations, la consolidation des falaises afin de stopper l’érosion. Un projet est également en cours pour former les villageois et les impliquer dans la gestion de la forêt domaniale située sur le territoire des villages d’Antsanitia. D’autres projets concernent les scolaires, la gestion de l’eau potable et notamment l’adduction d’eau potable dans les villages, les énergies renouvelables,
etc. Enfin, la majorité des activités proposées aux clients de l’hôtel sont réalisées par les villageois.

 

 

Antsanitia Resort

 

QUI RESTAIT TOUTEFOIS UN HÔTEL

 

Mais Antsanitia Resort reste avant tout un hôtel comprenant 33 hébergements (chambres doubles, bungalows, suites, villas), un immense jardin donnant sur la mer mais aussi un restaurant, une piscine, un salon de massage et une distillerie d’huiles essentielles qui utilisent une plante
endémique, la mandravasorotra,
parée de nombreuses vertus puisqu’elle se traduit par la « plante qui permet de tenir le mal éloigné ».

Un hôtel qui n’en garde donc pas moins une philosophie un peu particulière :

 

– A Antsanitia Resort, pas de climatisation, pas de télévision, un confort simple mais un véritable havre de paix dans un cadre sublime au milieu de palmiers, de cocotiers, manguiers, papayers, citronniers, philaos, flamboyants et ravenalas (l’arbre du voyageur – emblème de Madagascar).

– A Antsanitia Resort, des prix raisonnables qui se distinguent des hôtels
de même catégorie.

Enfin, fidèle à sa volonté de valoriser avant tout un territoire, l’hôtel propose un restaurant qui mise sur la biodiversité avec des plats concoctés à base de produits bios et locaux, fort d’un réseau tissé auprès des éleveurs, pêcheurs et agriculteurs de la région. Le Chef Franklin indique même par un symbole précis sur sa carte les plats valorisant la biodiversité, permettant ainsi à chacun de composer son propre menu.

 

Lémurien en pleine réflexion

 

DANS LA REGION DE MAHAJANGA OU IL FAIT BON VIVRE…

 

Séparé de l’Afrique par le canal du Mozambique, Mahajanga, « la cité des fleurs » et ses 135 000 habitants se situe à 25 km au sud d’Antsanitia. Elle abrite le deuxième port malgache derrière Tamatave. Destination familiale, la ville s’anime autour de son port et de ses nombreux marchés sillonnés de nombreux poussepousses. Outre une cathédrale fatiguée et la mosquée Chadhouli, marquant l’importance locale de la communauté musulmane, le promeneur peut se perdre sur la corniche, plantée d’une poignée de maisons coloniales et de petits restaurants de plein air. La ville possède même sa maison Eiffel, dont l’ossature et les incontournables piliers sont l’œuvre du maitre. Autant d’atouts certes un peu vieillis mais qui permettent de prendre le pouls de vie locale.

En revanche, on ne se baigne pas à Mahajanga, les eaux lourdes de latérite de la Betsiboka font rougir la mer qui préfère donner rendez-vous aux baigneurs sur des plages plus en amont, où l’équation sable blanc, mer émeraude et parasol de lataniers achève la carte postale…

Et la région ne manque pas de charme, avec son Cirque rouge, amphithéâtre naturel couleur cuivre et feu, tellement taquiné par l’érosion que l’Unesco a fini par s’en inquiéter et le prendre sous son aile. Ou son lac sacré, le lac de Mangatsa, où les ancêtres de la famille royale se sont réincarnés sous la forme de gros poissons, les tilapias.

Afin de mettre en valeur ce patrimoine régional, l’Antsanitia Resort organise régulièrement des activités avec les offices de tourisme locaux, dont des animations à thème tous les mois.

En guise de conclusion

 

Le secteur du tourisme a permit à Madagascar la génération de 22 760 emplois en 2010 contre 21 998 en 2009. Gageons que des initiatives comme celle de l’Antsanitia Resort permettent de continuer à associer le plaisir du dépaysement et de la détente à  la découverte d’un territoire préservé avec des populations villageoises parties prenantes des décisions et des enjeux.

_____________________________________________________

 EN SAVOIR PLUS : www.antsanitia.com

 

 


ANTSANITIA RESORT : UN HÔTEL, DES VILLAGES ET DES HOMMES | ©VOYAGEONS AUTREMENT
Par Geneviève Clastres
Journaliste indépendante, auteur, spécialiste de la Chine, de l'Asie, sinologue. Publications sur le tourisme équitable. Livres documentaire jeunesse sur l'Asie. Reportages divers.
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