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Anne Goubert, ânière en Lozère

| 16 septembre 2014 • Mis à jour le 03.06.2015 à 9h42
Thèmatique :  Initiative régionale   Monde 
         

Ce n’est pas parce qu’on s’appelle Anne qu’on devient forcément ânière mais pour Anne Goubert, il semble que le destin ait joué depuis l’enfance, elle qui dès cinq ans était passionnée d’équitation et rêvait sa vie au milieu des chevaux. Après des études de tourisme, un passage dans les bureaux, juste le temps de réaliser que ce n’était pas pour elle, et nombre de diplômes et brevets pour assurer polyvalence et basse saison, Anne vit aujourd’hui en Haute-Lozère et possède une dizaine d’ânes qu’elle loue l’été au bord du lac de Naussac.

Lozère

Anne au milieu de ses protégés@GC

VA/ Comment devient-on ânière ?

Après le bac, j’ai rejoint un BTS AGTL (Animation et Gestion du Touristique Local) tourné vers le tourisme en France, le territoire, les traditions régionales. J’ai ensuite travaillé comme saisonnière dans un office de tourisme (Aubenas), puis passé un an à la Croix de Bauzon (station de sport d’hiver située dans le massif Central en Ardèche), responsable de l’animation et de la communication de la station. Suite à cette expérience, je me suis occupée durant trois-quatre ans des relations extérieures de l’office de tourisme intercommunal Aubenas-Vals. Ces différentes expériences m’ont toutefois fait comprendre que la vie de bureau n’était pas faite pour moi, et animée depuis mon enfance par la passion des chevaux, j’ai décidé en 2007 de demander un FONGESIF pour faire une formation de tourisme équestre et passer mon brevet d’état. En 2009, j’ai ainsi commencé à me mettre à mon compte. Au départ, j’ai alterné les stages d’équitation et les remplacements dans les centres équestres tout en assistant pendant deux saisons, un ami qui avait des ânes. Cela a du être le déclic car suite à cela, j’ai décidé d’acheter à mon tour des ânes et en 2010, je me suis lancée. Cette année, c’était ma quatrième saison.

VA/ L’investissement de départ est-il conséquent et peux-tu vivre à l’année de ton activité d’ânière ?

J’ai eu la chance de connaitre la personne qui vendait les ânes et d’avoir un tarif intéressant. En gros, il m’a fallu débourser 400 € par âne, 5 000 € pour le véhicule, 5 000 € pour la remorque et 3 000 € pour le matériel. Soit quelques 20 000 €. En outre, mon diplôme équestre n’étant pas reconnu diplôme agricole pour m’occuper des ânes, j’ai du passer le BPREA, soit le Brevet Professionnel de Responsable d’une Exploitation Agricole. Enfin, pour diversifier mon activité car depuis trois ans, je ne fais qu’amortir mon investissement de départ, j’ai passé un brevet d’Education Physique pour Tous (APT) ainsi qu’une spécialisation « public handicapé » qui me permet d’animer des activités sportives tout public. Pour l’heure, l’investissement est tel qu’il ne me paie que l’amortissement du matériel et mes charges et par conséquent, l’hiver, je donne des cours de sport à des personnes handicapées et je travaille dans la station de ski du coin. 2014 a toutefois été une bonne saison et j’espère pouvoir commencer à vivre de mon activité d’ânière à partir de 2015.

Lozère

Anne et Baptiste@GC

VA/Combien d’ânes possèdes-tu ?

Je possède dix ânes que j’ai eu la chance de pouvoir choisir. Ils ne sont pas pur races mais sont bien dans leur tête. J’ai vraiment pris les plus calmes, gentils et dociles. Certes, s’occuper de dix ânes nécessite beaucoup de travail et d’expérience mais dès le départ, ils étaient équilibrés. Seule ma tout première ânesse, Coquille, avait été battue. Elle était vraiment squelettique et craignait les hommes. Toutefois, après trois semaines de soin et de gâteries, elle est devenue toute docile et aujourd’hui, elle est adorable autant avec les enfants qu’avec le public handicapé. Je possède aussi Tara, une grande ânesse grise croisée avec un âne du Poitou qui va bientôt me donner un poulain. Et puis, il y a Calin, Mona, Max, Sel, Poivre, Cléopâtre, Bambi et bien sûr Fripouille.

VA/ Que font les ânes l’hiver ?

Cette année, ils iront passer l’hiver à la Croix de Bauzon (Ardèche), à l’air libre mais avec un abri. Les ânes sont des bêtes extrêmement faciles et adaptables qui vivent dehors tout au long de l’année. J’ai d’ores et déjà stocké de l’herbe et donc, jusqu’à fin novembre, ils auront de quoi manger. Après je donnerai du foin. Il leur faut aussi de l’eau. Je passe les voir tous les 2 jours. Il faut vérifier que tout va bien, que l’eau n’a pas gelé pour qu’ils puissent boire, qu’il n’y a pas de blessures.

VA : Ton plus fort souvenir avec un âne ?

Lozère

Anne sur le chemin de Stevenson@GC

Il y en a tellement. Je le fais tellement par passion. Et les difficultés sont toujours positives puisqu’elles me font progresser. Mais une fois, j’ai fait traverser l’Allier à des jeunes, et là, j’ai été très touchée que mes ânes me fassent confiance et aient accepté de me suivre et de traverser avec nous. Je pense aussi à un groupe de personnes handicapées au sein duquel un enfant refusait de toucher l’âne. Au retour, il a caressé l’âne et accepté de le monter dans la remorque puis l’a pris dans ses bras pour lui dire « je t’aime ». Son éducatrice était sidérée et n’aurait jamais pensé que cet enfant puisse se comporter de la sorte. En fait, les ânes peuvent être très utiles sur bien des plans, et sont extrêmement attentifs à l’autre, respectueux des personnalités de chacun.

VA : Et l’avenir, tu l’envisages comment ?

A terme, j’aimerais vivre uniquement de mon activité d’ânière et étendre la saison sur avril-mai et septembre-octobre. C’est un métier à temps plein que l’on ne fait que si on est passionné car il faut se mettre au rythme des animaux, accepter le caractère de chaque animal. Il est aussi possible que dans le futur, on me confie des ânes pour les éduquer. A l’avenir, je ne cherche toutefois pas à développer mon activité vers le Chemin de Stevenson mais plutôt développer des boucles sur mon territoire (lac de Naussac – Haute Lozère) et accueillir les familles. Ici, il y a déjà beaucoup à faire, nous sommes à la confluence de trois régions et trois départements et cela me permettra de faire vivre le territoire, travailler avec les locaux, et valoriser la grande variété des paysages de proximité. Je suis déjà en train de monter des petits circuits de 2/3 jours, parfois un peu plus, des petits parcours qui tiennent compte des aléas de la météo et des besoins des familles. Je réfléchis même à un parcours avec GPS, car tout le monde ne sait pas lire les cartes IGN, qui rassurerait les plus inquiets. Mon objectif, que les gens se fassent plaisir. Mais j’ai du travail !

———- ALLER PLUS LOIN —–

 

210

Contact d’Anne pour louer un âne :

  • Anne Goubert –
  • 06 89 56 94 70 – www.avecunane-randonnee.com
  • Location des ânes à la journée : 40 € /jour
  • Sinon, ballade d’une heure avec un âne : 14 €

 

 

A lire

Ânes. Les connaître. Les choisir. En prendre soin. Marisa Hafner. Delachaux et niestlé. 2014. Un magnifique ouvrage rédigée par une éleveuse d’ânes, extrêmement précis et documenté, un guide unique et complet pour connaître tous les besoins des ânes et s’en occuper au mieux.

Le livre de l’âne. Jacky Davesé et Alain Raveneau. Rustica. 1996. Pour tout savoir sur comment bien bien choisir un âne, le nourrir et le soigner au quotidien, lui construire un abri adapté à ses besoins, le mener et le conduire sans heurts, l’amener à se reproduire, éduquer un ânon….

Plus d’informations :


Anne Goubert, ânière en Lozère | ©VOYAGEONS AUTREMENT
Par Geneviève Clastres

Journaliste indépendante, auteur, spécialiste de la Chine, de l’Asie, sinologue. Publications sur le tourisme équitable. Livres documentaire jeunesse sur l’Asie. Reportages divers.


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