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séjours et de loisirs dans le domaine du tourisme responsable et durable

A Majorque, la région de Soller s’ouvre à un tourisme plus proche du territoire et de ses habitants

| 28 novembre 2016 • Mis à jour le 28.11.2016 à 9h04
Thèmatique :  Monde   Projet solidaire   Territoire 
         

Loin des plages et des bars saturés de la côte ouest de Palma, Majorque abrite un riche patrimoine naturel et humain qu’elle souhaite dorénavant valoriser afin d’attirer des voyageurs en quête d’expériences plus authentiques et participatives. Objectif : faire du tourisme un levier de développement local pour des acteurs du territoire fortement touchés par la crise qui sévit en Espagne. Au nord de l’ile, Soller et sa région commencent d’ores et déjà à réfléchir à des propositions de séjours alternatifs…

Majorque

Au coeur de la Tramuntana@www.satnama.com

Valoriser le territoire et donner à voir un autre visage de Majorque

Situé au nord-est de l’île de Majorque, Soller sis dans une vallée fertile entre mer et montagne, la fameuse « sierra de Tramuntana », dont les flancs couverts d’oliviers abritent également des torrents d’agrumes au cœur de la vallée. Si la petite ville (près de 14 000 habitants) accueille déjà de nombreux touristes venus s’extraire des plages de Palma, elle n’en reste pas moins un point de départ idoine vers de nombreuses excursions. Soller et sa région ont donc été choisis par Eurolocal Mallorca (organisme public du Conseil de Majorque) comme tête de pont pour mettre en œuvre dans le cadre d’un programme européen (Eurorural Tourism) un circuit test de sept jours axé sur le tourisme solidaire et participatif, confié aux bons soins d’une association locale, Més Cultura…

A l’origine de Més Cultura, Aina et Irene témoignent de toute la difficulté de vivre et de travailler à Majorque aujourd’hui. Issue du monde du tourisme, alors salariée de plusieurs compagnies aériennes internationales, Aina s’est retrouvée du jour au lendemain au chômage avec une famille et trois filles à charge. Historienne de haute volée, Irene quant à elle ne trouve pas de poste à sa mesure. Déterminées, les deux jeunes femmes ont alors décidé de fonder une association qui leur permettent de conjuguer leurs savoir faire et leur connaissance du territoire où elles ont grandi. Elles proposent aujourd’hui un autre regard sur Majorque via la mise sur pied d’un séjour varié conjuguant savoir-faire locaux, randonnée, journée en mer et visite de quelques hauts lieux du patrimoine culturel et archéologique.

Port de Soller

Tramway en bois à Port de Soller@GClastres

Le bonheur est simple comme une olive

En juin 2011, le paysage culturel de la  Serra (montagne) de Tramuntana est   inscrit sur la liste du patrimoine universel de l’Unesco. Ses exploitations d’oliviers en terrasse, ses structures hydrauliques interconnectées (notamment ses moulins à eau) ainsi que ses chemins et constructions en pierres sèches en font un terrain de jeu idéal pour voyageurs en quête d’une immersion majorquine. Aina et Irene ont grandi au cœur de ces paysages et ont logiquement décidé d’axer une journée de leur programme sur l’olive dans tous ses états, de la récolte à la préparation. Côté récolte, elles proposent la visite de l’exploitation – La possessio – de Can Bardi, où Joaquin, le propriétaire, a toujours nombre d’histoires à raconter aux visiteurs de passage. On s’y rend à pied sur un sentier où l’odeur entêtante des caroubiers annonce le temps de la récolte. Joaquim est là, fumant nonchalamment sa pipe, jaugeant d’un œil exercé ses nouveaux visiteurs qui n’auront pas le temps de cueillir des olives, de toute façon, 2016 n’est pas une bonne année, et il préfère nous faire découvrir sa « finca » (ferme), le moulin à huile à  l’ancienne, les salons scandés de tableaux religieux et l’immense cuisine où l’on partage jamon, pan con tomate le tout arrosé d’huile d’olive locale, bien sûr.

Majroque

Joaquim préparant son pan con tomate@GClastres

Aina : « En fonction des saisons, le programme s’adapte bien sûr, mais l’idée est vraiment que le visiteur participe aux activités traditionnelles du moment ». Et lorsque Joaquin achève une énième histoire parce qu’il parle un excellent français « dû aux étroites relations qui ont toujours existé entre Soller et la France, où « tout le monde a une jambe française », du temps où les bateaux s’arrêtaient de ce côté de l’île et repartaient directement vers Sète ou Marseille, quand des générations de Majorquins sont ensuite venus vendre oranges et citrons aux familles françaises,…, et mon petit fils de 8 ans comprend très bien le français lui aussi, d’ailleurs dans le temps, on étudiait le français à Soller ,…, !! » Et donc, lorsque Aina réussit enfin à extirper son groupe de l’irrésistible bavard, qui nous reconduit via ses champs d’olives et d’agrumes au coin de la route, nous prenons la direction de la coopérative Cap Vespre pour passer à la partie pratique de la journée, soit confectionner un bocal d’olives « trencades » en suivant les gestes et conseils avisés de deux passionnés doublement complices…

GR221

Sur la “Route des pierres sèches”@GClastres

Entre terre et mer

Il fut un temps où Soller comptait plus de 400 moulins à huile traditionnels, un temps où d’impressionnantes meules en pierre broyaient les olives expurgeant une pate verdâtre sous les yeux du meunier à huile. Aujourd’hui, la centrifugeuse broie quelques 1 800 kilos en un tour de cadran et en moins de 24h depuis la cueillette, l’huile est mise en bouteille sous l’appellation « huile de Majorque ». Nous randonnons au milieu des oliviers le long des chemins de pierres sèches... Aina et Irene mènent la marche. Elles ont choisi de faire un morceau du GR221, la « route des pierres sèches », afin de permettre aux voyageurs de prendre la  mesure de ces sentiers crées par les margers, ces « maçons » à main nue qui construisent routes, murets, terrasses jusqu’aux fincas (fermes) sans enduit ni ciment en agrégeant tel un Tétris géant les pierres que leur offre la montagne. En ce jour il sera toutefois difficile d’aller jusqu’au monastère de Lluc, point culminant à près de mille mètres, car il faut aussi songer au retour et surtout à la nuit qui vient, qui sera interrompue à 3h30 du matin pour rejoindre le bateau de Gori dans le port d’Andratx. Journée phare (sans jeu de mots) de la semaine concoctée par Aina et Irene, ou l’excursion en mer sur un chalut pour accompagner des pêcheurs de fond reste une expérience exceptionnelle.

Pêche en mer

Tri du poisson sur le bateau@GClastres

Cette immersion totale avec des marins partis pêcher des gambas en mer prêts à échanger et à témoigner de leur métier ne pourra être intégralement contée ici, mais impossible après une telle journée de ne pas regarder différemment le poisson sur les marchés… Aina est confiante : « Evidemment, nous gardons une certaine souplesse pour proposer cette excursion en option en choisissant également le jour le plus adapté pour une mer calme et une expérience agréable. » Tout l’avantage aussi d’avoir pu faire tester le circuit à quelques journalistes et observateurs un peu têtus, ayant goûté à une mer plus capricieuse, et qui en garderont un souvenir allant du passage par l’essoreuse aux émotions intenses de vivre en direct la remontée des filets de poissons…

Si Majorque m’était contée…

Le circuit prévoit aussi la découverte du musée archéologique de Son Fornés qui présente quelques inestimables talayots (constructions circulaires en pierre datant de 1200 av. J.-C servant de tours de guet, de maisons et autres abris), la visite de la bodega et des vignes de JL Ferrer, qui appartient à l’Appellation d’origine de Binissalem, puis enfin un tour de Palma pour ne pas passer à côté d’un Majorque plus classique. D’ici le printemps 2017, Aina et Irene espèrent accueillir en direct ou via des voyagistes partenaires des touristes friands de cultures et de partages, l’occasion de montrer au monde que Majorque est aussi une terre de montagnes, de vignes, d’oranges, de citrons, d’olives, d’artisans, avec certes quelques belles plages et un peu de soleil pour assaisonner le tout…

Merci à Stéphanie, Joséphine, Aina et Irene pour l’organisation et le suivi de l’Educ Tour Majorque.

———– ALLER PLUS LOIN —————-

 

Association Mès Cultura – Aina et Irene

info@mescultura.com  667 688 998

www.mescultura.com

 


A Majorque, la région de Soller s’ouvre à un tourisme plus proche du territoire et de ses habitants | ©VOYAGEONS AUTREMENT
Par Geneviève Clastres

Journaliste indépendante, auteur, spécialiste de la Chine, de l’Asie, sinologue. Publications sur le tourisme équitable. Livres documentaire jeunesse sur l’Asie. Reportages divers.


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